Septembre 2008
Août 2008
Juin 2008
Avril2008
Mars 2008

Décembre 2007
Novembre 2007
Septembre 2007
Août 2007
Juillet 2007
Juin 2007
Mai 2007
Avril 2007
Mars 2007
Février 2007
Janvier 2007

Décembre 2006
Novembre 2006
Octobre 2006
Septembre 2006
Août 2006
Juillet 2006
Juin 2006
Mai 2006
Avril 2006
Mars 2006
Février 2006
Janvier 2006

Décembre 2005
Novembre 2005
Octobre 2005
Septembre 2005
Août 2005
Juillet 2005
Juin 2005

Hébergé par 20six.fr

Vendredi, le troisième jour du mois de juillet deux-mille-neuf

Pour celui qui plus que jamais est l'homme et l'animal, la question est :

L'inconfort, la douleur et le désarroi causés par l'absence et le doute sont-il proportionnels au bien-être et à la plénitude causés par la présence et, surtout, la possession ?

3.7.09 00:00


Jeudi, le seizième jour du mois d'octobre deux-mille-huit

Héautontimorouménos

"Ce qu'un homme fait pour gagner sa vie présente peu d'intérêt. C'est en tant qu'instrument réagissant à la beauté du monde qu'il existe. Je ne demande jamais à un homme ce qu'il fait. Ce qui m'intéresse, ce sont ses pensées et ses rêves."

Howard Philips Lovecraft aka The lurker at the threshold

16.10.08 00:00


Mardi, le quatorzième jour du mois d'octobre deux-mille-huit

"And of ye Seede of Olde shal One be borne who shal looke Backe, tho' know'g not what he seeke."

"Et de la Semence d'Autrefois naîtra Celui qui regardera en Arrière sans savoir ce qu'il cherche."

YOGG SOTHOTH

15.10.08 00:00


Lundi, le huitième jour du mois de septembre deux-mille-huit

Chloé

Au loin, ces princes que tu devines, ce sont eux le cœur de la nuit. C’est leur sillage que j’ai suivi pour venir jusqu’à toi. Tu avais cette peau comme un lent résidu de lumière.

Alors, aimée, je t’ai bue. Je me suis nourri de toutes ses sécrétions ; suis devenu malléable comme une pâte pour t’envelopper ; suis devenu liquide pour être entier en toi.

Il eut fallu pour te garder que je cessasse d’ignorer que le plus important, c’était ton corps d’adolescente ; l’étroitesse de tes hanches, la timidité de tes seins, l’absence de densité de ton corps.

Les bêtes sans nom s’en vont en renâclant. Sur les chemins que nos pieds foulèrent, repousse l’herbe. L’aurore emplit ma bouche de son goût d’amande.

Il n’y aura pas de dernière demeure, car même pour demeurer, il faut être vivant.

8.9.08 00:00


6.9.08 17:22


Jeudi, le troisième jour du mois de septembre deux-mille-huit

Conclusions 

L'enquête fut longue et minutieuse. Des heures à éplucher romans, nouvelles, poèmes et le contenu même de ce blog. A la fois enquêteur et sujet des recherches, j'ai noté à la fois un motif récurrent et ce que provoquait en moi l'exposition à ce motif.  J'en suis arrivé à une conclusion sans équivoque et ne souffrant aucune contestation : mon fantasme absolu est de vivre un amour platonique avec une fille à la beauté plastique parfaite. En clair, mon rêve est de sortir avec la plus belle femme du monde, sans réussir à la baiser.

Fin de la transmission

3.9.08 00:00


Vendredi, le vingt-septième jour du mois d'aout deux-mille-huit

Ursa Minor

Je suis l’homme et l’animal. A la cime des arbres, j’entends frouer ce vent que j’aimais. Les robes couvrent le soir. Des relents de pourriture s’échappent. Bactriane, ton nom me semble un chant et quand l’air vibrant m’en apporte les notes, des tremblements secouent mon corps et ma main. C’est à l’autre extrémité de tes cuisses que s’attache ma bouche quand l’or vespéral fait ployer les brins d’herbe.

Notre amour est voilé, le prisme de la douleur seul le révèle.

27.8.08 00:00


Vendredi, le cinquième jour du mois d'aout deux-mille-huit

Noces

 

Haute maison des ors, corollaire du feu. La vérité qui est de verre nous appelle, modulant sa plainte sous la rousseur de la lune.

C’est l’heure aride, hommes et femmes liés par leur masse. L’arbre puise le feu dans le ciel. Les robes brillant dans la danse. Des cous coupés jaillissent des geysers de sang. Mais l’abri endort l’arbre.

Mondes issus de la somme des hommes, ouvrez vos entrailles qui sont rouges comme de la chair, douces comme de la chair, chaudes comme de la chair. Et que l’arbre nous soit présenté et le feu du ciel, qu’il cautérise nos plaies. Nous lesterons nos corps en emplissant nos poches de l’or du palais.

L’habit mouillé, le fleuve profond, le jour trop court… le jour à nouveau.

5.8.08 00:00


Vendredi, le vingt-septième jour du mois de juin deux-mille-huit

De la Soif

Nos cheminements sont révolus. Face à ces visages anciens, nos bouches ont abdiqué. La lueur nous couvre.

Ces pans du réel que la raison dérobe à notre regard, ils nous contiennent tout entier.

Comme j'avais ressenti ce besoin d'être abreuvé de lendemains, mes ombres furent bues par toute l'absence.

27.6.08 00:00


Jeudi, le vingt-sixième jour du mois de juin deux-mille-huit

Orbe de puissance

Si nous avions pris soin de tenir nos erreurs éloignées de nous, cela ne serait pas arrivé. Il eût fallu faire un vœu et qu’il se réalise. N’importe lequel.

J’aimerais prendre ses mains dans les miennes, la regarder droit dans les yeux et lui dire que tout ira bien. Que sais-je de tout ? Je laisse ses mains où elles sont. Tous les quatre nous laissons nappés par le silence, sporadiquement rompu par le plic/ploc du goutte-à-goutte du plafond. « Tu vieilliras comme moi, Aldo, et tu comprendras. Il n’arrive pas de choses singulières. Il n’arrive rien. » Les mots me reviennent, incessant reflux. Chacun son rivage. Le mien – le nôtre – n’est pas celui des Syrthes mais la règle s’y applique tout de même : il n’arrive rien.
Je ne sais pas si tout ira bien. Je sais que tout suivra son cours. On ne prend les mains des gens, on ne les regarde pas droit dans les yeux pour dire ce genre de choses.Ce n’était de toute façon pas le moment, le méminol la ferait bientôt délirer.

Gisèle sait au fond d’elle que la vie ne sera jamais à la hauteur. John-Michel et Freddy, s’ils n’en ont pas pleinement conscience, ne tarderont pas à s’en douter.

26.6.08 00:00


Lundi, le neuvième jour du mois de juin deux-mille-huit

Entre prendre 

Quand on se targue de créer, il est des choses que l’on aurait aimé inventer mais que l’on ne fait qu’observer et retranscrire. Certainement nous n’inventons rien et il n’y a, de toute façon, que deux histoires à raconter. Cette manière que Gisèle a de se parfumer avec du patchouli, j’eus aimé l’inventer. Parce que ce parfum entre tous est celui qui évoque le plus le pourrissement. Pourrissement boisée, terrestre, forcément humide. Corruption, ver dans le fruit. Passons rapidement sur les évidences. Gisèle sent… j’allais dire « la décadence », prêtant au mot la polysémie de l’anglais decay. Ça ne s’invente pas, dit l’expression consacrée. Ni beauté vénéneuse du cliché, ni jeune fille en fleur du grand titre, Gisèle est une chair douceâtre, capiteuse, lentement pourrissante, si du moins nous prêtons foi aux effluves. C’est que, voyez vous, la mémoire du nez est la plus tenace et les odeurs, ce que nous oublions le plus difficilement. Gisèle est devenue le patchouli, mystérieusement. La drogue la ronge, laissant en elle, j’imagine, mille cavités que vient remplir une lymphe contaminée. Mais qu’est l’invention de cette lymphe face à la vérité de ce parfum ?

9.6.08 00:00


12.4.08 00:00


Lundi, le trente-et-unième jour du mois de mars deux-mille-huit

Stick it up, kid

C'est en montant les escaliers jusqu'à chez moi que j'ai découvert que j'avais la mononucléose de Roger Federer. Il faut dire que j'habite au sixième étage et que je n'ai jamais aimé, au tennis, que les cuisses de Steffi Graf et les chevilles de Maria Sharapova. Je me méfiais des médecins depuis qu'ils m'avaient diagnostique une génialité congénitale, dés lors j'ai opté pour l'auto médication. Jim Beam, Xanax et Crystal meth. Après trois mois de traitement, je n'avais pas éradiqué la mononucléose mais le génie, lui, avait bien été expurgé. L'idéal pour moi eût été de déménager mais le fait que je dépense tout l'argent des assedic en alcool et produits stupéfiants, ne me laissait pas la latitude financière pour le faire. L'argent était d'ailleurs un problème constant. Un problème qui paru devenir insoluble le jour où je fus radié pour avoir manquer de présenter à mon contrôleur ANPE des preuves de ma recherche d'emploi. L'idée m'est venu alors de fabriquer mon crystal meth plutôt que de l'acheter et de revendre le surplus pour avoir au moins de quoi me payer tous les deux jours une bouteille de vodka Rachmaninoff et une douzaine de bières 50 cl Graffenwalder chez Lidl. C'est comme ça, en dealant (appelons les choses par leur nom), que j'ai rencontré Héloïse-Grace.

31.3.08 00:00


Dimanche, le trentième jour du mois de mars deux-mille-huit

Le jour des sauterelles

1939, Los Angeles, un certain John Fante accouche d'un certain chef- d'oeuvre : Demande à la poussière. La bombe ne fait d'abord pas de bruit : c'est une bombe à retardement. 1939 encore, Los Angeles toujours, un certain Nathanaël West frappe un coup dont la magnitude s'approche dangereusement de celle de Ask the dust. Le livre, L'incendie de Los Angeles, n'a pas le retentissement qu'il mérite, ne l'aura jamais.

De prime abord, le bouquin est loin d'impressionner. La légère ironie, l'humour distancié ne font pas mouche et les signaux semble annoncer qu'on se dirige vers une classique histoire d'amour un peu niaise. Fausse route. Pas de romance entre le héros Tod Hackett et sa voisine, Faye Greener. Tod désire cette Faye qui le fascine, certes, mais il n'est pas question d'amour. Cette petite-là n'apparaît d'ailleurs pas foncièrement "aimable". Aucun des personnages, en fait, n'inspire de réelle sympathie, pas même Tod, héros bancal, sans tripes, ni cran, faisant plusieurs fois plus que frôler le pathétique. Tous ces personnages, qui ont convergé vers Hollywood, sont des paumés, des névrosés, des ratés, des désaxés. Ils forment une galerie grotesque, dont la folie douce monte en puissance au fil de ces pages sans intrigue pour aboutir à une apogée de n'importe quoi, n'importe comment d'une violence d'autant plus époustouflante qu'elle est surtout symbolique. L'incendie commence doucement pour monter progressivement en régime, noircir, avant un final en apothéose qui prend à la gorge. L'ironie est balayée pour laisser la place à une profonde amertume, résultante du triomphe de la machinerie de l'absurde.

L'incendie n'est pas dénué de défauts et n'atteint pas au sublime d'un Demande à la poussière qui possède ce supplément d'âme qui vient souffler le lecteur. Sa ligne est peut-être un peu trop flottante, la psychologie de ses personnages un peu sommaire, ses descriptions longuettes, mais quelle justesse, quelle puissance, quelle violence, quelle humanité ! On se prend la claque d'autant plus en pleine tronche que rien ne l'annonce. Un bouquin qui frappe fort et juste et qui rappelle à ceux qui l'avait oublié que dans le fond, rien n'a vraiment changé depuis l'entre deux guerres.

"It was a mistake to think them harmless curiosity seekers. They were savage and bitter, especially the middle-aged and the old, and had been made so by boredom and disappointment."

"C'était une de les prendres pour d'inoffensif curieux. Ils étaient violents et amers, surtout les vieux et les presque-vieux ; ils l'étaient à force d'ennui et de désillusions."

 

30.3.08 00:00


Lundi, le dixième jour du mois de mars deux-mille-huit

Danilo Quiche

C’est l’heure d’ouvrir grand l’outre des vents, je le dis, quitte à finir la nuit dans un hôtel de passes avec une diaphane pute de l’est qui ne doit pas avoir beaucoup plus de la moitié de mon âge, à parler de l'augmentation de la taxe foncière et du fléau des déjections canines en essayant tant bien que mal de ne pas prononcer le mot merdasse. Et à l’heure où se lève la lame de fond qui écrasera mon vaisseau métaphorique sur de non moins métaphoriques récifs, c’est forte de milliers de soldats que se lève aussi, sur le perron de l’univers, l’armée des junkies en marche et leurs fiancées célestes aux culs d’albâtre et aux chicots de charbon : une pluie qui semble de larmes de joie s’abat sur l’esplanade de la Défense et givre instantanément, créant une mosaïque pailletée dont le scintillement évoque la plus grande boule à facette de l’histoire de la nuit. O glabres fiancées qui héroïquement vous abstenez de sucer vos propres chattes, c’est bien parmi vous que fut élu l’enfant : peau souple et cœur fébrile - et vos culs d’albâtre sur des tapis de seringues. Les cieux éternuent, et l’enfant ouvrant ses bras : « Mère, où sont les toilettes ? Où sont nos années perdues ? Et quand est-ce que tu passes au Super U ? j’ai besoin de tampons… »

10.3.08 00:00


Dimanche, le neuvième jour du mois de mars deux-mille-huit

Patiens quia aeternus

Ce serait trop simple de dire que c'est fini.

Ce serait trop présomptueux de croire que tout a été dit

9.3.08 00:00


Dimanche, le deuxième jour du mois de décembre deux-mille-sept

La Slovaquie ou la mort

J’écris depuis un présent fracturé. S’agit-il de se repaître de ces miettes nonchalamment semées ? Doit-on accorder foi à cette vision fragmentaire ? Et lorsque je dis on je ne le dis pas à l’exclusion de moi. Je ne sais pas plus que vous si je dois croire à ce que j’écris.

Pourtant John-Michel, je ne l’ai pas inventé quand même. Son pull marin au col jamais boutonné, ses mains calleuses, son sourire crispé, sa façon horripilante de dire fondamentalement ; ça je n’ai pas pu l’inventer.

Il voit Gisèle revenir des toilettes et malgré tout, il la trouve belle. Freddy aussi la trouve belle, mais il ne la désire pas. Il ne peut pas. C’est peut-être sa sœur.

Es rauscht die Klage das herbstliche Rohr,
Der blaue Teich,
Hinsterbend unter grünenden Bäumen
Und folgend dem Schatten der Schwester;

dem Schatten der Schwester, ce n’est pas la chatte de la sœur. Ça ne se traduit en tout cas pas comme ça, même si au fond ça l’est peut-être, même si je ne peux m’empêcher de penser que quelque part ça l’a été. Le roseau automnal, l’étang bleu/ Bruissent la plainte/ Mourante sous des arbres reverdis/ Et suivant l’ombre de la sœur. L’ombre de la sœur. Personne ne songe à suivre l’ombre de Gisèle. C’est la plainte qui est mourante, mais Freddy lors d’une lecture inattentive, à un jour craint que ce ne soit la sœur. Gisèle n’est pas mourante. Au moins pas dans l’acception générale du terme. Mais John-Michel nous dirait que tout ce qui vit est mourant. Pour le poète, ce qui ne vit pas l’est aussi, comme une plainte. Ou comme la vague de cristal contre le mur en ruine

Die kristallne Woge
Hinsterbend an verfallner Mauer

Je ne sais pas si Gisèle est belle. Avec ses pupilles dilatées, ses lèvres pâles, son nez dont l’extrémité bouge quand elle parle avec animation.

 

2.12.07 00:00


Samedi, le premier jour du mois de décembre deux-mille-sept

En rêve

In feuchter Luft schwankt blühendes Apfelgezweig

On tient souvent pour une seule vérité ce qui n’est que deux fois à moitié vrai. Derrière son comptoir, je sais que Freddy garde sous la caisse un exemplaire de Sebastian im Traum. Je sais qu’il l’ouvre chaque fois que la solitude le surprend. Dix-sept ans ont passé depuis qu’i la trouvé ce vieux livre dans les affaires de son père. Dix-sept ans qu’il l’écoute et
Immer tönt der Schewster mondene Stimme
Durch die geistliche Nacht

toujours résonne la voix de lune de la sœur à travers la nuit spirituelle.

Freddy ne sait pas qui était cette Schwester/sœur, ignore ce qui, en dehors du sang, la liait au poète. Georg Trakl est mort à 27 ans. Sa vie a été rongée par la toxicomanie et l’inceste. Nous devrions le qualifier de poète maudit. Aimons-nous assez les demies vérités pour emprunter ce raccourci ? Tu hésites à traverser ces étendues. Tu ne peux le faire en paix parce qu’
Zu deinen Füßen
Öffnen sich die Gräber der Toten,
Wenn du die Stirne in die silbernen Hände legst.

à tes pieds s’ouvrent les tombes des morts quand tu poses le front dans tes mains d’argent.

Nous faisons en sorte de rendre les choses le plus simples possibles. C’est d’ailleurs pour ne pas trop nous embarrasser que, toutes, nous les nommons choses. J’ignore si Freddy a une sœur, s’il en a eu une, si elle est encore vivante, si
Ein strahlender Jüngling
Erscheint die Schwester in Herbst und schwarzer Verwesung.

adolescent lumineux, la soeur paraît dans l’automne et la pourriture noire

Dans l’air humide oscille les rameaux en fleur du pommier

1.12.07 00:00


Jeudi, le vingt-neuvième jour du mois de novembre deux-mille-sept

Cuz' we all know you are useless

Convient-il de s’interroger maintenant sur les origines de l’histoire ? Peut-être devrait-on savoir de quoi sont morts ces gens dont on ramassait les corps sur la plage.

Gisèle a fait une brève carrière sous le pseudonyme de Olao Lala. C’est peut-être à cette occasion que je l’ai connue. C’est peut-être à cette occasion que j’ai connu John-Michel. Il le dit lui-même : « La genèse est la première des choses à ignorer. En réalité, il y a très peu de choses à savoir. On peut survivre avec un dérisoire minimum. »

L’important dans l’ignorance, c’est de commencer par le début.

Gisèle revenait donc des toilettes, où elle avait passé, comme souvent, beaucoup de temps a préparé soigneusement sa dose de méminol avant de se l’injecter dans l’artère fémorale. Les gestes sont toujours les mêmes et c’est justement ce qui les rend si merveilleux. Briser un bout de l’ampoule. Puis l’autre. Diluer les cristaux dans le liquide. Attendre quelques secondes que le mélange devienne sirupeux. Remplir la seringue. De tous les rituels qui persistent à la surface de la terre, celui-ci est le mieux ancré.

L’important n’est pas le sens caché. Les détails seuls importent.

 

29.11.07 00:00


Mercredi, le vingt-huitième jour du mois de novembre deux-mille-sept

The wonderful world of ta mère

Time to throw a little magic, motherfucker...

Eternels créanciers du destin. Des reptiles. Nourris d'espoirs pitoyables. Celui – s’il faut en choisir un pour l’exemple, choisissons le au hasard – celui d’être absous de leur insignifiance.

The ruler is back... and looks like he's been eating too much rice-a-roni, motherfucker...

Gisèle a, messieurs, la peau satinée d'une gazelle empaillée, douce comme la peau tannée de six mille enfants ; yeux opalins, oui, et bouche lippue. La glotte en place, le clitoris aussi.

And now you know... you know that I own you, bitches...

Freddy, tu sais, tout ça finalement, ça ne restera pas dans l'histoire. Ni la danse des cadavres sur la berge, ni le festin des crabes, ni le jour où on a réalisé que la fin se jouerait entre nous quatre. Et les justes suivent leur voie. Et les injustices guettent. Comme le temps est trop long.

You've seen me on TV, bitch... they call me The Pacifier... my shit is so hardcore no one dares to fight when I'm around, motherfucker...

Faméliques ombres de nos rêves, noyées dans le brouillard liquoreux d'une énième cuite. John-Michel, ce qu'il en reste, la loi, les générations spontanées de punaises des lits, le vin quand il épaissit à cause des mites, la solitude, le bruit, tout.

Yeah motherfucker, I'm back with my A-game... back like cooked crack, motherfucker !

28.11.07 00:00


 [page précédente]