Septembre 2008
Août 2008
Juin 2008
Avril2008
Mars 2008

Décembre 2007
Novembre 2007
Septembre 2007
Août 2007
Juillet 2007
Juin 2007
Mai 2007
Avril 2007
Mars 2007
Février 2007
Janvier 2007

Décembre 2006
Novembre 2006
Octobre 2006
Septembre 2006
Août 2006
Juillet 2006
Juin 2006
Mai 2006
Avril 2006
Mars 2006
Février 2006
Janvier 2006

Décembre 2005
Novembre 2005
Octobre 2005
Septembre 2005
Août 2005
Juillet 2005
Juin 2005

Hébergé par 20six.fr

Pureté

Etrange tous ces tests de pureté qui traînent sur le net. Que faut-il voir dans ce phénomène ? Les gens font-ils ces tests pour le côté ludique où cherchent-ils réellement à évaluer leur degré de pureté ? La pureté est quelque chose qui m’a toujours intéressé, et pour cause c’est probablement ce qui m’attire le plus chez une fille. Pour être plus précis je devrais dire que ce qui m’attire c’est l’apparence de pureté : les cheveux blond, les yeux clairs, le teint diaphane, le corps à la Kate Moss, la jeunesse, ça empêche pas d’être une pute, mais ça empêche d’en avoir l’air. Tout est clair, donc assimilable au blanc, donc pur. Ces raccourcis sont grossiers, je le concède mais je ne peux rien faire contre le fait que ce sont eux qui régissent ma vision de la femme ; comprendre un problème n‘est pas le résoudre (le cas échéant, j’aurais plus beaucoup de problème).



Angela. Je veux l'épouser



Si on regarde un peu les tests de pureté, on retrouve les mêmes critères d'évaluations et c'est là que ça devient intéressant. D'un côté drogue et alcool, et de l'autre le sexe. Autant pour le premier les implications sont évidentes drogue et alcool participant de la dégradation du corps et de la psyché et impliquant des comportements tendancieux, autant pour l'autre on a affaire à une diabolisation tout ce qu'il y a de plus judéo-(islamo)-chrétien du plaisir sexuel. Ce qui, à proprement parler, me casse les couilles là-dedans, c’est que je suis incapable de m’affranchir de cette représentation tout aussi débile qu’elle soit. Malgré moi je considère que le sexe corrode la pureté. D’où ce qui s’ensuit : en tant qu’impur je suis indigne de la jeune fille diaphane, et ce n’est qu’à travers elle que je pourrais trouver ma rédemption. Lorsque je dis que je n’ai pas su accepter le sexe, je veux dire que j’ai inconsciemment préféré me considérer impur plutôt que de renoncer à cette vision arriérée, archaïque du sexe dont j’aimerais me défaire.



Katie. Je veux coucher avec elle.



J’avance lentement, mais j’avance ; je le sens. La preuve : y a pas si longtemps que ça, Katie je l'aurais pas trouvé belle parce que pas l'air assez pure.


A part ça ma voisine ne me dit plus bonjour depuis qu’elle a changé de coupe de cheveux. Je me demande si les deux choses ont un rapport. Elle croit peut-être qu’on la reconnaît pas
1.9.05 01:30


Champêtre

Quatre heures du mat' en vélo boulevard Hausmann. Une clio blanche immatriculée dans le 78 avec deux jeunes à son bord s'arrête à ma hauteur pour me demander un renseignement. Ils cherchaient le bois de Boulogne. 
2.9.05 07:30


Hommage à un pur génie : Henry Miller

Le génie d'Henry Miller n'est paradoxalement pas littéraire. Il n'a été un grand écrivain que parce qu'il a été un homme exceptionnel, c'est-à-dire un être ayant su s'affranchir du maximum de contraintes. Ce qui suit est extrait de Printemps Noir et en compose les deux dernières pages.


 


C’est cette Chanson d’amour qui sort maintenant des millions de boîtes noires , au même instant précis, pour que même nos petits frères bruns des Philippines puissent l’entendre. C’est cette belle chanson d’amour qui nous donne la force de construire les plus hauts buildings, de lancer les plus grands navires de guerres, de construire des ponts sur les fleuves les plus larges. C’est cette Chanson qui nous donne le courage de tuer des millions d’homme à la fois rien qu’en pressant sur un bouton. Cette Chanson qui nous donne l’énergie de piller la terre et de tout ravager.


Remontant vers les sommets je contemple la silhouette rigide de vos édifices qui demain se ratatineront et s’écrouleront dans la fumée. Je médite sur vos programmes pacifistes qui finiront en grêle de balles. Je contemple vos devantures éblouissantes bourrées d’invention qui demain ne serviront plus à rien. Je contemple vos visage las marqués par le labeur, vos pieds plats, vos estomacs descendus. Je vous contemplent tous individuellement et en masse – et comme vous puez, vous puez tous ! Vous puez comme Dieu et son amour miséricordieux et sa sagesse. Dieu le mangeur d’hommes ! Dieu le requin nageant avec ses parasites !


C’est Dieu, ne l’oublions pas qui met la radio en marche tous les soirs. C’est Dieu qui inonde nos yeux de lumière éclatante, débordante. Bientôt nous serons avec Lui, blottis contre son cœur, unis dans la félicité et l’éternité, unis au Verbe égaux devant la Loi. Tout cela arrivera par l’amour, un amour si grand que la plus puissante dynamo n’est à côté qu’un bourdonnement de moustique.


Et maintenant je prends congé de vous, et de votre citadelle sainte. Je vais m’asseoir au sommet de la montagne, je vais attendre quelque dix mille ans de plus pendant que vous vous débattrez pour monter vers la lumière. Je voudrais rein que pour un soir que vous baissiez les lumières, que vous assourdissez les haut-parleurs. Ce soir je voudrais méditer un peu en paix et en silence. Je voudrais oublier que vous grouillez autour de moi dans votre rayon de miel à deux sous.


Demain, vous pourrez accomplir la destruction de votre monde. Demain, vous pourrez chanter au Paradis par-dessus les ruines fumantes de vos cités terrestres. Mais ce soir je voudrais penser à un homme, un individu solitaire, un homme sans nom ni patrie, un homme que je respecte parce qu’il n’a absolument rien de commun avec vous – MOI MÊME.


Ce soir je méditerai sur ce que je suis.

2.9.05 22:58


Le repos du guerrier



Les rapports humains sont des rapports de force. Le but ici n'est pas de se plaindre, je n'aime pas le faire et je n'aime pas les gens qui le font. Les rapports humains sont des rapports de force et je ne sais pas renoncer à être le plus fort. Le but n'est pas de se plaindre simplement de constater que c'est épuisant de vouloir toujours avoir le dessus. Je suis quelqu'un d'agressif : ne me croisez pas quand j'ai dormi deux heures, ne me faites pas chier dans me métro. Si on est pas d'accord, n'essayez pas de me prouver que j'ai tort, je ne lâcherai jamais l'affaire. Si vous êtes une grande gueule, j'ouvrirai la mienne plus grand que la votre encore. Qui que tu sois, si tu montres une certaine force de caractère, j'agirai avec toi de telle sorte qu'en te quittant je pourrai me dire que si l'un doit bouffer l'autre, c'est toi qui sera bouffé. Ce n'est même pas une question de principe, c'est une question d'instinct : il n'y a pas de calcul.


Mais tout ça c'est crevant alors, parfois, j'ai besoin d'arrêter de me battre. J'ai besoin de me réveiller à côté d'une femme-enfant pour poser ma tête au creux de son épaule.

3.9.05 18:08


Tu peux oublier que tu vas mourir, mais oublie pas que tu vas gerber

Il m'a pas fallu une demi-heure pour me rendre compte que les gens de cette soirée étaient pour les uns très ennuyeux, pour les autres anormalement agressif. Alors je l'ai joué top whisky, top sociabilty et top vomi. A quatre heures je me suis écroulé sur un pieu à côté d'une petite conne qu'avait voulu me parler d'animalité à moi alors que c'est elle qui portait pas de soutien-gorge. Résultat j'ai du lui avouer que les taches sur mon t-shirt étaient probablement des taches de sperme. Ce qui m'énerve avec les petites connes, c'est que je vais toujours un peu loin pour leur prouver qu'il y a plus con qu'elle. Tu me diras c'est l'occasion où jamais de discuter taille de bite.


De cette soirée je retiens trois choses :

1. le guépard fait 3sec55 au cent mètres

2. l'espadon nage le cent mètre en 3sec60

3. MacDonald ne sert pas de big mac à 8h30 du mat'

Bon bah moi je vais me coucher...

4.9.05 18:05


Bonnie

Je viens de me rendre compte que c'est la semaine prochaine que je dirai adieu à Bonnie. La fascination est morte, je ne comprends déjà plus ce qui est arrivé. C'était à prévoir, je me suis toujours lassé de tout. Chaque fois que ça m'arrive, chaque fois que quelque chose qui a été a un moment primordial pour moi perd toute signification, je suis envahi par un sentiment étrange : celui de l'irréalité profonde des liens que j'entretiens avec les choses et les êtres qui m'entourent et m'ont entouré.


(Ai achevé Le ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras)

5.9.05 02:40


Le Ravissement de Lol. V Stein, Marguerite Duras

Ce qui impressionne dans Le Ravissement, c’est que le livre est construit sur Lol V. Stein personne ravie, au sens premier du terme, et donc absente. C’est un récit autour d’une personne sans consistance, sans présence presque, une femme dont la matière disparaît quand le roman commence. On imagine mal la gageure que peux représenter le fait de construire un roman sur un personnage dont non seulement on ne sait, mais sur lequel il n’y apparemment rien à savoir.


Le narrateur du Ravissement n’est pas omniscient puisqu’il est personnage du roman. Ce fait est nécessaire à la construction du récit tel que l’a voulu Duras. Mais en prenant ce parti, Duras se privait d’énormes ressources narratives : comment dire ce qui ne s’est pas dérouler sous les yeux du narrateur-personnage, ce qui ne lui a pas été reporté ? Le coup de génie durassien intervient alors, ce que le narrateur ne voit pas il le raconte ainsi « J’imagine : […] »


Mais ce qui s’assume comme non-vérité, comme projection, ou une vérité qui n’est pas celle des faits, devient par le fait qu’il n’existe pas d’autres relations pour le lecteur : une vérité acceptable, la seule vérité. La parole du narrateur est alors performative, elle créé l’acte, un acte qui se déplace du livre vers le lecteur. C’est le lecteur qui est le support des actes et non le livre puisque celui-ci refuse de les assumer comme vérité.


Il y a aussi le style Duras, ce minimalisme parfois émaillé de fulgurance poétique : « Il aimait cette femme-là, Lola Valérie Stein, cette calme présence à ses côtés, cette dormeuse debout, cet effacement continuel qui le faisait aller et venir entre l’oubli et les retrouvailles de sa blondeur, de ce corps de soie que le réveil jamais ne changeait, de cette virtualité qu’il appelait sa douceur, la douceur de sa femme. »

Le bilan que je fais de cette lecture, c’est que Duras impressionne par sa maîtrise d’aspects complexes de la littérature, mais que cette artificialité, ce manque profond d’humanité m'a empêché de pénétrer réellement dans ce roman, de me l’approprier. Le ravissement de Lol V. Stein reste un plaisir purement intellectuel et littéraire, une démonstration de virtuosité qui ne peut pas retourner mes tripes.
5.9.05 17:35


Réflexions en vrac


Je n'ai pas su organiser ma pensée. Je n'ai pas encore assez de recul pour saisir tous les tenants et les aboutissants de l'histoire. Pour l'instant je ne peux que présenter des remarques éparses et désordonnées.



Ma quête du sublime est perpétuelle : elle n'a pas commencé avec Bonnie et ne s'arrêtera pas avec elle. Bonnie est peut-être à l'heure actuelle ce que j'ai vu de plus absolu, elle est une des formes possibles du sublime.


J'ai toujours préféré rester loin de celles pour lesquelles j'ai éprouvé une forme de fascination. Leur candeur – intéressant de remarquer que ce mot signifie à la base blancheur éclatante – leur candeur n’est souvent qu’apparente et je n’aime pas être déçu. Elles sont ma faille, ma fragilité, mon humanité.


Que restera-t-il du sublime quand j’oserai réellement m’en approcher ?


Ce que Bonnie a été pour moi, d’autres l’ont été, d’autres le seront. Elle doit à trois choses d’avoir été la plus importante. Son incroyable perfection plastique. Son absence de réelle profondeur qui m’a permis de projeter ce que je voulais sur elle. Mon vide au moment où je l’ai rencontrée (j’étais vide parce que Valentine qui m’avait pourri d’amour n’était pas en moi).


Bonnie n’a aucune chance d’être oublié. Elle ne fera que s’estomper, passera à un autre plan. Je lui ai écrit un livre. A ceux qui trouvent que c’est trop, je rappellerai que l’œuvre de Dante lui a été inspiré par une fille qu’il n’a croisé deux fois et qui ne lui a jamais adressé la parole.


Gustave dit : « Le premier qui a comparé une femme à une rose était un poète. Le second était un imbécile. » Je me souhaite la bienvenue chez les imbéciles : les femmes sont comme des fleurs de la halle de Rungis, catégorisables par leur beauté ; alors pourquoi tringler un second choix ou même draguer un premier quand l’extra est tout ce qu’on a en tête.



« Un jour, on viendra me demander de parler de toi et je mentirai parce que les gens ont envie de croire que je t’ai aimée. Je n’ai aimé rien tant que toi. »





A part ça je me suis donné une tendinite au mollet en sprintant après le 22.



Bande-Son: The Dears - Lost in the Plot
Humeur du Moment: Mal au mollet
6.9.05 20:07


2005 - 2006

Ou on va aller et qu’est-ce qu’on va faire ? On va continuer à se prendre des cuites et insulter des pétasses qu’on aurait voulu se taper. On va continuer à jouer les mecs intelligents parce qu’on va à l’université mais moi j’encule la Sorbonne et tous les Sorbonnardes guindées, coincées, balai-dans-le-culisées. On va continuer à passer les soirées les uns chez les autres pour se distraire parce qu’on a pas de télé. On va continuer à parler des meufs, de celles qui sucent mal et des autres. On va passer nos après-midi dans les mêmes rades à boire des cafés. On va descendre des demis à la sortie des cours, mais c’est qu’une façon de parler parce qu’on ira pas, en cours. Où on va aller ? Dans les cinémas voir des films d’art et d’essai, se faire un peu chier mais trouver ça bien quand même. Qu’est-ce qu’on va faire ? On va essayer de retenir encore notre jeunesse parce que être adulte « ça me ferait chier un maximum » (Jean Eustache).


Ce programme m’excite, j’ai hâte que l’année commence vraiment.


 


A part ça ma désintox a échoué. Je ferai bientôt une autre tentative.

7.9.05 15:08


Fiat Lux

J'ai vu trop de strings dépasser pour que ça continue à me faire le moindre effet.


Il faisait beau au Luxembourg et Anaïs... toujours grande et belle. Parler littérature française. Encenser Jean-Jacques Schuhl, Henry Bauchau, Jean Genêt. Cracher sur Castillon, Gavalda, Zeller. Le danger dans ces cas-là, c'est de coller au stéréotype de la hype culturelle décalée, alors j'ai résilié mon abonnement au Monde et je lis 20minutes et j'évite de prôner la tolérance et l'ouverture d'esprit. Tout est une question d'attitude.


La rue Saint-Jacques se descend presque toute seule de la sortie de la Sorbonne à la librairie Vignes. C’est chez des bouquinistes que j’ai fait quelques une de mes plus belles rencontres : Céline, Miller, Bukowski, Faulkner. Aujourd’hui je suis honnête, je ne vole pas, je me contente d’y penser puis j’achète : Zweig, Bellow, Auster : cinq euros. Ailleurs j’en aurais eu pour trois, mais ailleurs j’aurais pas eu ceux-là, pas cet Auster riche de promesses. Comme beaucoup j’achète les livres plus vite que je les lis. Si je viens chez toi, je regarderai en premier ta bibliothèque.


Fin d’une journée et je me dis que le plus pète-couille dans la vie d’un étudiant, c’est encore les études.

8.9.05 21:05


Vivre

A dix-huit ans sur le formulaire de la vie, j'ai failli cocher la case daron. Ce qui aurait signifié faire la même connerie que mon père. Aucun amour terrestre ne mérite qu'on foute sa vie en l'air. C'est cool d'avoir compris ça à vingt ans.

C'est maintenant que se font les choix, maintenant que les illusions se sont brisées. J'aime à me définir comme pragmatique, mais je sais que ce n'est qu'en partie vrai.

Crise d'adolescence : quand je montais dans une bagnole, j'attachais jamais ma ceinture ; et je pouvais monter dans un avion qu'avait passé une heure sur le tarmac à se faire retaper sous mes yeux par une bande d'ouvrier turcs chelous sans piquer une suée. C'était pas que j'avais envie de mourir, c'était juste que ça m'était égal de survivre. Jeunesse : Je suis prudent toujours... parce que j'ai peur souvent... Peur de mon instabilité, peur de gâcher un truc dont j'ai compris la valeur, ma laïfe. C'est maintenant que se font les choix, bien que ma construction ne soit pas achevée.

J'ai peur de l'inertie, mais pas celle de l'immobilité, celle du mouvement. J'ai peur des durées indéterminées, des plans de carrière, de tout ce qui ne laisse pas de place à l'aléatoire. Je ne porte pas de jugement sur ceux qui s'enchaînent, simplement je ne veux pas prendre le risque d'une vie trop petite pour moi.


Avoir des rêves ne sert à rien. Ce qui sert, c'est avoir des ambitions.

9.9.05 17:52


PSG - Strasbourg : les pronostics sont ouverts

« Bienvenue dans la sphère du week-end pourri. Votre voyage prendra fin dans vingt-quatre heures. D’ici là vous passerez la majeure partie de votre temps à lire du Robert Ludlum en faisant caca. »



A cette heure le ciel est rose comme un blog de pucelle et on joue depuis un quart d’heure sur les terrains de ligue 1. Journée squattage passée dans les limbes d’une descente de rêve érotique et ô mon dieu quelle pipe si fabuleuse qu’il ne peut en exister d’aussi merveilleuse dans le monde réel et si je rêvais comme ça toutes les nuits pas sûr que je resterais longtemps insomniaque. Et le psychanalyste qui pourra me dire pourquoi je ne jouis plus dans mes rêves je veux bien lui filer ma collec de Chupa Chup’s même celle à la pastèque que j’ai galéré à trouver.



Si j’avais pas pété les couilles de tout le monde le week-end dernier avec mes élucubrations de mec bourré, j’aurais peut-être reçu un coup de fil. T’appelles ça des amis ? Nan, j’appelle ça des tas de merde. Joyeux anniversaire Anaïs, la prochaine fois pense à me proposer de passer à ta fête, parce que tu me feras pas croire qu’y en a pas une, j’ai quand même claqué un texto pour ta gueule que je sache.

10.9.05 20:26


Erwan et Marie (et moi)

Erwan n'a pas sauvé mon week-end mais il a au moins sauvé mon samedi. Ces derniers temps le coup de fil de 21h30 est un coup de fil que je n'attends pas. J'étais donc résigné quand mon téléphone a sonné. Trois quarts d'heures plus tard, attablé boulevard de Ménilmontant, terrasse, rhum pour lui, bière pour moi, serveuse souriante pour tous deux.


Demain il sera au Maroc, en attendant il me parle de Marie et il a l’air con tant il est amoureux. Marie est à New Delhi et il ne la reverra pas avant trois mois. Durant ce laps de temps il sera un semi-vivant, un être en latence.


Je n’ai pas assez d’affection pour Erwan pour être réellement heureux pour lui. Sa conviction semble être contagieuse mais je suis immunisé. Il me parle de passion et je ne peux pas m’empêcher de me dire que la vie est sur le point de l’enculer. Il me parle de partage et je dois me retenir pour ne pas le mettre en garde. N’importe qui le trouverait touchant, je le trouve juste con. En même temps il l’est un peu sur ce coup-là, extrait : « Si je m’écoutais, si j’arrivais à m’affranchir des inhibitions et des contraintes sociales, je vivrais avec Marie tout ce que j’ai à vivre et à trente je me jetterai d’une falaise comme Thelma et Louise. » Ça a beau être romantique, c’est tout de même incroyablement puéril.


Constat : j’arrive vraiment plus à croire à tout ce folklore bidon. Romans, films, chansons, opéra, vous mentez, tous. Tous des mythos. Personne meurt. On vit, on se marie et dans le meilleur des cas on divorce. Putain merde quand même, je devrais être jaloux devant un type comme ça ! Mais quand il me parle de sa meuf, je pense qu’à son décolleté.




Je vous salue, Marie pleine de grâce
Erwan est avec vous
Vous êtes bénie entre toutes les meufs


Et votre décolleté est béni.



 

11.9.05 02:17


Alexandra

Il s’était à peine écoulé un quart d’heure depuis mon premier contact visuel avec elle et elle était déjà en train d’essayer de m’asperger avec une bouteille de parfum qu’une gentille hôtesse utilisait pour sa démonstration en face de la Sorbonne : je venais de faire connaissance avec Alexandra. Ce que je ne savais pas, c’est que ce n’était qu’un échauffement. Au cours des quelques soirées passées avec elle suite à notre rencontre, elle m’a giflé à plusieurs reprises, m’a brûlé la jambe avec sa cigarette, m’a barbouillé de son sang, m’a roté dans l’oreille et y a même vomi (enfin c’était plus un vromi, un rot au vomi). Incrustée tous deux dans une soirée au cœur du 16ème à deux pas du Trocadéro, elle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour me foutre la zone. Et elle a parfaitement réussi. Un croche-patte et je m’étale dans le salon, elle me file un coup de pied qui me fend la lèvre et, feignant d’être désolée, elle se baisse pour regarder la plaie et là elle verse du jus d’orange dessus. Tout ça avec le sourire. Alex était une fille surprise mais le plus surprenant là-dedans c’est que je me marrais autant qu’elle.


Quand elle ne s’en prenait pas à moi, on s’associait. On a collé une serviette hygiénique sur une des portes du Grand amphi de la Sorbonne. Dans une soirée, on a tartiné la lunette des toilettes avec de la mousse au chocolat dans le style sphincters incontrôlables. On a explosé une des courges décoratives d’Halloween en jouant au foot avec et on l’a remise à sa place dans son salon bourgeois pour qu’elle pourrisse tranquillement. On a balancé quelques trucs depuis le balcon du dernier étage du bâtiment de latin.


Au début, j’ai craqué pour Alex, halluciné par toute la vie qu’il y avait en elle. Elle était avec son mec depuis trois ans et j’étais désespéré. Puis les choses se sont tassés, je suis sorti avec sa meilleure amie, puis avec une sorte de faire-valoir et j’ai rapidement mis de côté mon désespoir et mes sentiments. Il est arrivé la même chose à deux de mes amis, qui ont été immédiatement conquis par elle, avant de se dire que non, décidément cette fille n’est pas vivable. Alexandra est peut-être jolie, bien foutue et brillante, elle n’en a pas moins pour autant 8 ans d’âge mental et une incapacité totale à être sérieuse plus de deux minutes.


Je parle d’Alex parce que jeudi je la revois après s’être perdus de vue pendant un an et demi et que je sens que ça va me faire un bien fou parce que jamais fille ne m’a fait autant rire.




Tant de luminescente platitude et beaucoup d'instants qui sont comme des photos vivantes quand je t'ai soulevée et que tu m'as dit non, que tu avais le vertige et comme tu étais toute légère et fluette et avec quelle facilité tu t'es élevée au-dessus du sol comme si tu me donnais encore plus de force.

12.9.05 20:12


Ma soeur et moi

- Décidément tu l'aimes bien ce couteau.


- Ouais, avec lui je me sens puissant.


- Et y a que là que tu te sens puissant ?


- Nan, y a aussi quand je frappe des enfants.

12.9.05 22:47


Mains / Fleurs / Enfants

Je donne les clés. Je sais pas quelles portes elles ouvrent. Je vais me laver les mains avant d’écrire cette note, dessus : chocolat, nutella, résidus de sperme et de plastique.



J’aime bien mes mains, leurs cicatrices. Sécateur, cutter, beurre fondu, boîte de conserve, lames de rasoir. Quand je vendais des fleurs, je revenais le dimanche avec les mains pleines de micros trous dus aux épines de roses. Y avait parfois cette jeune fille blonde qui venait acheter une fleur pour sa mère. Je l’ai pas vue cette année à la fête des mères. Elle a grandi maintenant, elle doit avoir dix-sept ou dix-huit ans. Peut-être plus, je sais pas, je me rends pas compte. Le but quand on attrape une botte de rose n’est pas de pas se piquer, c’est de se piquer le moins profondément possible. La plupart des gens ont des goûts de chiottes, achètent n’importe quoi. J’aime les fleurs, mais je peux pas passer plus d’une semaine avec le même bouquet. Arrive un moment où j’en ai marre, j’ai besoin de changer.



Hier coup de fil de mon ex-femme, les gosses vont bien… Nan je déconne. Du passé il ne reste que des cendres. Ça tombe bien j’ai rien à construire à part moi.


Je pense pas que j’aurais de gosses parce que je supporte pas les chaînes et parce que… plein d’autres raisons. C’est con parce que j’adore les gosses et c’est généralement réciproque (sauf quand je les tape).



"Tu vas nue, constellée d’échardes,


Secrète, tiède et disponible,


Attachée au sol indolent"

René Char
13.9.05 19:11


Daphné

Comme un symbole… Je ne sais pas quoi penser de cette coïncidence. Tout à l’heure, j’apprends que demain (mercredi) se tiendra une soirée où je suis convié, de même que… Daphné. C’est aussi pour demain qu’étaient prévus mes adieux à Bonnie. Le passé d’un côté et de l’autre peut-être l’avenir


Je ne sais pas si je l’ai dit mais je n’ai croisé Daphné qu’une fois, fin juin. Son sourire désarmant de femme-enfant est resté depuis gravé dans ma mémoire. Je m’y suis accroché. J’en avais besoin pour me sortir de Bonnie, de cette fascination désormais stérile. Je suis faible quand on vient là. Je suis comme ça, je m’accroche toujours à l’espoir de quelqu’une. J’en ai besoin pour rester fort, ou même juste pour fonctionner. Demain je la verrai. Normalement je ne les vois pas, mes espoirs, je les laisse exister loin de moi à l’état de chimères. Normalement mes espoirs sont inaccessibles :  tops jeunes, trop inconnues, trop maquées, trop strip-teaseuse ; il y a toujours une raison. Mais Daphné est une célibataire de mon âge et, à ma connaissance, elle ne travaille pas au Pink Paradise.


Tout ça n’est pas une histoire de sentiments, c’est bassement terre à terre, c’est une simple question de bien-être, d’équilibre. Je n’ai pas de sentiments pour Daphné, juste peut-être un peu de tendresse pour l’image que je me suis fait d’elle malgré moi. Je n’ai pas de sentiments, j’aimerais être amené à en avoir.


La vérité est que j’ai de sales penchants, de sales travers, une tendance à me fermer et à durcir. Une tendance à laisser trop de place à cette partie de moi qui distribue des coups d’épaules dans le métro, qui fait chier les couples, qui fait du mauvais esprit et de la provoc’ facile. Je me complais dans une subversion systématique qui pêche parfois par manque de réflexion et tourne à la stupidité. Le regard de l’autre m’aide à explorer d’autres facettes de moi mais il n’y a que dans un lit, hors de toute représentation sociale, quand la tendresse est tout ce qui reste, que ma garde tombe. Il n’y a que quand je me sens aimé que je cesse de vouloir être le plus fort. Et c’est pour ça que j’ai besoin de Daphné.


Alors demain il y aura un enjeu réel et, par conséquent, une vraie pression (que je ressens déjà). Demain j’aurai pas le droit de me louper, même si j’aurai une journée de neuf heures de boulot dans les oreilles, journée passée à tenter vainement de civiliser une trentaine de mioches de 4 à 6 ans.


Ce que j’appréhende le plus finalement dans la soirée de demain, c’est draguer. Je sais draguer, mais je déteste ça. La drague est à mon sens le plus artificiel des rapports humains et je ne supporte pas les faux-semblants. Dans le meilleurs des cas, la drague mourra d’elle-même, jeu stupide et ennuyeux, et laissera la place à une toute autre histoire, elle naturelle : la séduction.

Demain je dirai peut-être adieu à Bonnie. A moins que ces adieux aient été rendus inutiles par l’éclosion d’autre chose, quelque chose de nouveau qui videra de son sens tout ce qui a précédé.
14.9.05 01:46


Minable

Je suis minable. Je suis minable mais vous n’auriez pas le temps d’articuler "fils de pute" que je me serais déjà trouver mille excuses pour l’être. C’est ce qui me rend encore plus minable.


Bonjour Daphné, au revoir Daphné et entre les deux… rien.


Après avoir passé une journée de merde dans l’angoisse de la soirée à venir et de tous les enjeux réels qu’elle contenait, la revoir et la pression s’envole, plus rien ne pèse.



Salut Daphné.


Entre Gucci, Givenchy et Dolce et Gabbana, elle doit en avoir pour une barre de sapes sur elle. L’argent est quelque chose qui m’a toujours attiré chez une fille, parce qu’il induit une somme de codes comportementaux qui me sont étranger. Il y a ici une grande concentration de filles grandes, belles et riches, mais jusqu’à l’arrivée de Marguerite, Daphné reste dans ce domaine sans rivale à sa hauteur. Daphné est discrète, réservé, effacée : il lui arrive de se tenir éloignée de toute discussion, l’air un peu perdue, s’ennuyant probablement. Elle parle doucement et est gênée quand son téléphone sonne. Daphné est droite : ne fume pas, reste à l’eau quand le monde tourne au Martini blanc. Daphné fait de la philo, veut faire de la psycho. Daphné possède un Yorkshire qu’elle habille en Ralph Lauren et pour lequel elle a un temps envisagé une psychothérapie canine. Daphné trouve que le mariage, quand même, c’est très beau. Dans le fond, Daphné a l’air d’une fille très chiante.


Daphné n’est pas facile d’accès parce que, quand on la voit, on n’a spécialement envie de lui parler (excuse 1). Et si finalement ce fiasco tenait à la disposition spatiale des gens, au fait qu’elle était de toute façon trop de loin de moi et qu’il n’y avait pas de place à côté d’elle (excuse 2). A moins que ce soit la faute de Leslie, qui m’a tenu la jambe lors de l’unique occasion que j’ai eue de tenter le rapproché (excuse 3). Et qu’elle idée a eu Daphné de partir avec le convoi du dernier métro alors que la suite des festivités était prévue sur le dance-floor jusqu’au bout de la nuit (excuse 4) ?



T’as pas vu mon pull, Julie ? (excuse 1000)


Ç’eût été une toute autre histoire sans Julie, je pense. Etant donné que Julie – qui n’est pas la moins grande, pas la moins belle et pas la moins riche – a eu tendance à accaparer mon attention. Parmi les raisons les plus louables, je peux citer son sens de l’humour, son contact facile et de petites doses de subversion et de mauvais esprit instillées avec savoir-faire dans des sujets autrement atrocement ennuyeux. Parmi les raisons les moins louables, son incapacité à gérer sa jupe qui m’a fait entrevoir sa culotte une douzaine de fois. Si je n’avais promis à mon meilleur ami de laisser son ex tranquille, j’aurais tenté ma chance avec Julie une fois Daphné partie.



T’habites où Marguerite ?


J’avais beau n’avoir jamais parlé à Marguerite avant ce soir, je pensais bien savoir où elle habitait. Simplement parce que je l’ai vu monter dans le RER C à la station Henri Martin, il y a un an. Ça peut sembler long un an mais on n’oublie pas le physique de Marguerite : 1 mètre 80, corps de rêve, blonde, un teint légèrement hâlé, les yeux bleus et une bouche qui veut tout dire, qui dévaste dans le sourire comme dans la moue boudeuse. Avec ça elle n’oublie pas d’être brillante, possède à vingt ans un CV que je n’aurai pas à trente et va peut-être intégrer HEC ou Sup de Co. Pourtant, comme Daphné, Marguerite est un peu nunuche : un air niais, une conversation convenue et sans relief et une éducation sévèrement bourgeoise. En la voyant danser, j’ai achevé de me convaincre qu’elle ferait une excellente strip-teaseuse. Plane tout de même un gros point d’interrogation sur cette fille : pourquoi a-t-elle laissé de disgracieuses marques de culotte gâcher l’effet de son pantalon moulant ?



Au revoir Daphné


Selon Julie, c’est mort avec Daphné. Mais je n’abandonne pas l’idée d’essayer de la séduire si jamais j’étais amené à la croiser de nouveau, même si je n’aime pas les chiens. Après tout j’ai rien à perdre et j’en ai rien à foutre de l’avis de Julie (de toute façon elle a une grosse chatte, c’est François qui me l’a dit).



Bilan


Toute la nuit et toute la matinée, je m’en suis voulu à mort et je me suis traité de con, de minable, de pauvre merde. J’ai eu la sensation de m’être auto-mutilé. Mais à l’heure où j’écris cette note, les regrets s’estompent. Tout simplement parce que je ne peux pas regretter de ne pas avoir eu quelque chose que je ne suis pas au fond sûr de vouloir, ou que je ne veux que par défaut. Car après tout ce n’est pas une question de personne. Donnez-moi Daphné, donnez-moi Marguerite, donnez-moi Machine ou truc, ça ne fait pas de différence tant que c’est une jolie fille un peu nunuche. Si vous trouvez ça con, je suis d’accord avec vous. Mais il faut comprendre que ce n’est pas un choix délibéré, que cet état de fait n’est pas le fruit d’une réflexion, que ce ne sont que des penchants naturels qui n’autorisent aucun contrôle.


Je sais que ça ne se voit pas, parce que la mièvrerie m’est étrangère, mais j’ai énormément de tendresse pour une fille comme Marguerite, le simple fait de savoir qu’elle existe me rassure, et savoir qu’elle va bien me ravi. J’espère qu’elle intègrera Sup de Co et que son copain, financier à la banque Rothschild, continuera à prendre soin d’elle. J’espère que François récupérera Julie et que je passerai d’autres soirée comme celle-là, entouré de grandes belles bourgeoises.


Avec tout ça, Bonnie n'a plus l'air que d'un vieux souvenir et je ne suis plus du tout sûr de la revoir un jour.


Je me suis toujours ennuyé dans mes relations amoureuses, pardonnez la tendance que j’ai à croire que ça ne peut pas changer.
15.9.05 20:30


Isis

Tout à l'heure, j'étais dans l'amphi Richelieu, qui est peut-être un des plus beaux amphithéâtres du monde, et j'écoutais un mec improviser au piano, assis au balcon, seul avec François. Là j'ai pris conscience de la beauté de l'instant et durant quelques minutes je me suis ouvert à elle, je l'ai laissée me pénétrer. C’est pas plus compliqué que ça le bonheur. Tant que le goût de la merde passe plus vite que celui de l’ambroisie, tu te plains pas, tu fermes ta gueule (et éventuellement, si t’es un peu ringard, t’écoutes tu Michel Delpech, voire du Mike Brandt). Je suis conscient que mes problèmes sont de la merde et je les préfère à ceux des autres. Je vais continuer à me débattre dans mes atermoiements pseudo-amoureux et savoir peut-être un jour ce que je veux vraiment. Après tout les problèmes, ça occupe. Et tant que t’écoutes pas du Léo Ferré, tu peux t’en sortir. P’têt que bientôt mon problème s’appellera Isis. Ah ouais, je t’ai pas dit, Isis c’est le nom du chien de Daphné. 
16.9.05 21:45


Obsession

Je suis pas con. Et aussi sûr que mon pass Navigo est toujours dans la poche droite de mon futal, je sais que Daphné n’est pas la solution à mon problème, si belle qu’elle soit. J’aimerais bien parler d’autre chose mais j’y arrive pas. Alors je vais fermer ma gueule.


 


(Ai achevé Mr Vertigo de Paul Auster)

17.9.05 17:29


 [page précédente]