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Mercredi 1 mars 2006

Vrais semblants

Ennui et désaroi.

1.3.06 19:00


Jeudi 2 mars 2006

Water and Air


Quand je suis sorti de la rivière, quelque chose qui avait fait partie de moi était parti.
C'est un vieil homme, un homme à la voix douce et cristalline qui m'a tiré de ces eaux rouillées et sombres, que toi aussi tu descendais, entre les branches mortes, flirtant avec le diable.
Hier, dans la rue, quelqu'un a crié ton nom. Quelqu'un m'a pris pour toi. J'ai tressailli lorsque ton nom a résonné, mais je ne me suis pas retourné. J'ai continué à marcher entre les hêtres et les lampadaires, au milieu de la route. Tu sais qu'il n'y a pas de voitures qui passent ici la nuit. J'ai continué à marcher mais je ne suis pas allé à cette fête : je n'ai pas pu. J'ai marché encore et j'y ai pensé toute la nuit.
Tu sais, quand la rivière t'as emportée, je me suis dit qu'elle n'avait qu'à me prendre aussi. Et aujourd'hui il y a ce journal qui parle de nous, du jour où nous nous sommes mariés, celui-là même où nous sommes morts : Ils sont morts amoureux le jour où ils se sont aimés. Je ne voulais pas que tu meures amoureuse.

Quand le vieil homme de la rive, le pauvre, le familier, m'a retiré des eaux, la vie était partie de moi.

 

2.3.06 16:57


Vendredi 3 mars 2006

Denys Sword

Bradshaw Sillycat pouvait bien ne dormir que d’un œil, il savait que les sbires de Calloway finiraient par le rattraper et que le dernier son qu’il entendrait serait celui de la détonation d’un 9mm étouffée par son propre oreiller.
Il aurait bien aimé dormir de ses deux oreilles et rêver de Marilyn Monroe toutes les nuits comme avant, se replonger dans la chaleur de sa peau et le moelleux de sa poitrine. Il aurait aimé pouvoir de temps en temps s’assommer à coups de bourbon ou de gin, sombrer dans le sommeil lourd de l’alcool, mais chaque nuit, c’était plus fort que lui, il la passait à attendre le bruit de la poignée de la porte tournant doucement ou de la fenêtre se déplaçant lentement sur ses glissières.
Quand j’ai rencontré Bradshaw Sillycat, ça faisait treize ans qu’il attendait. Treize ans qu’il n'avait pas passé plus de trois mois dans la même ville, qu’il n'avait pas dormi plus de cinq heures par nuit. Des années qu’il avait vu passer comme un éclair, ponctuées par la mort de Marilyn mais pas par celle de Calloway.
Sillycat était un type bien. Un type qui avait été trop gourmand un jour, mais pas le méchant garçon. Il traînait sa constante barbe de trois jours et son air flippé dans les endroits les plus improbables, un beretta toujours planqué sous sa veste, décidé à ne pas offrir sa peau sans résistance. Il avait épuisé tous les palaces en même temps que la quasi totalité de l’argent qu’il avait volé à Calloway. Dans toutes les capitales du monde, il avait vécu la grande vie sans y prendre aucun plaisir. Mais non sans humour puisqu’où qu'il aille, il faisait ses réservations dans les hôtels sous le nom de Damoclès.
Le jour où je lui ai dit que Calloway l’avait sûrement oublié, il a éclaté d’un rire frénétique qui s’est rapidement transformé en sanglot. Je garderai toujours en mémoire l’image de ce type désemparé, chialant comme un gosse écroulé sur le lino de sa piaule miteuse où le soleil couchant filtré par les stores vénitiens faisait des rais orangés.
Bradshaw Sillycat avait raison sur un point : le dernier bruit qu’il entendrait serait celui d’un pistolet qui fait feu. Mais il avait tort sur deux : la détonation ne serait pas étouffé par son oreiller et la balle logée dans son crâne pas du 9mm parabellum mais du .45 ACP.
J’ai sorti mon colt, pressé la détente et suis sorti appeler Mr Calloway.

3.3.06 18:40


Samedi 4 mars 2006

Vers nous. Encore...

A la télévision, un psychiatre a récemment fait de moi un portrait assez précis et exhaustif. Le thème de son intervention était le pervers narcissique.

Lundi je me levai à 15h43, aujourd'hui à 15h42. Routine, quand tu nous tiens.

4.3.06 17:24


Dimanche 5 mars 2006

Seek your feet

Chaque mois une femme sur cinq est trahie par sa serviette. Je sais pas vous, mais moi je trouve ça énorme.

Quinze ans et deux mois : l'âge où la femme peut flotter dans un 36 sans être anorexique tout en ayant atteint sa majorité sexuelle.

Etrangement, et, serais-je même tenter de dire, à l'encontre de toute forme connue de logique, ces deux faits numériques sont juxtaposés ici alors qu'ils ne sont pas liés.

Fin de la transmission

6.3.06 01:35


Lundi 6 mars 2006

Miller et moi

Je devais avoir vingt ans, peut-être vingt-et-un, quand j’ai ouvert pour la première fois Sexus de Henry Miller. Fraîchement affranchi des chaînes tyranniques de la vie de couple, j’étais ivre d’une liberté neuve et totale, j’avais face à moi à un éventail infini de choix de vie et je me vis assener une vérité que je n’avais jusque là pas soupçonnée : "la vie n’a d’autres buts que d’être vécue". Dés lors je faisais mienne cette maxime aux allures de tautologie qui semblait prôner l’abandon de la quête illusoire du sens au profit de la multiplicité des rencontres et des expériences. Cette phrase contenait pour moi tout un programme basé sur une sorte d’épicurisme instinctif et un mépris des richesses matérielles auxquelles étaient préférées les richesses spirituelles et humaines. Je me familiarisai alors avec Miller qui m’apparut peu à peu comme un idéal d’homme.

Quelques années plus tard, si mon admiration pour l’écrivain est intacte, ma conviction de lui ressembler est, elle, bien entamée. Je suis bien loin en effet de Miller le jouisseur, le charnel, de sa passion des corps. Je ne sais pas, comme lui, trouver dans le plaisir immédiat une essence ou même ne serait-ce qu’un moteur. Au corps, je préfère l’image et je ne vis que pour la construction, la trace, le sens ; le reste m’apparaît invariablement vain.
Je n’ai rien de commun avec le Miller tourné vers l'autre, ouvert, qui créait l’échange et y puisait sa substance, cette altérité qui l’élevait. Je ne suis capable que d’instaurer un rapport de force pour achever de me convaincre que je vaux mieux que mon interlocuteur, incapable de supporter que l’on ne s’accorde pas avec moi mais trouvant terriblement ennuyeux qu’on ne me contredise pas. Je suis seul car on finit invariablement par fuir mon sentiment affiché de supériorité et que celui-ci m’empêche d’aller chercher ceux qui m’ont fui.
Je suis, de même, différent de Miller le vivant, l’habitant du réel, celui qui est en véritable interaction avec les choses et les gens, qui met en jeu de vrais affects. Je ne suis, moi, que dans la dimension de la représentation, capable seulement de me sentir exister quand je suis en mesure de tisser autour de moi une grille empruntée à la fiction. Je suis sorti de la période où je ne vivais que dans ce que je lisais pour entrer dans celle où je ne vis que dans ce que j’écris.

Aujourd’hui je suis toujours persuadé que la vie n’est faite que pour être vécue, mais je ne sais pas exactement ce que signifie vivre.

6.3.06 19:46


Mardi 7 mars 2006

 J’ai désappris de rêver
Dans l’alcool de ton sillage
Tu es ces tremblements
Qui me parcourent
Et font de moi
Ce que je suis
Quand je ne suis pas
Fixe

La nuit devient cendre
Libre et désorienté
M’anime comme
L’assonance de ton
Nom

J’ai marché mille lumières
Avant d’éclater mon
Souffle de vivant
Ma source de maux
Reviens demain
Cesser de m’appartenir

Je prendrai forme humaine
Pour m’émanciper
En revenant vers
Notre lit, en devenant
définitif, je cesserai
De t’aimer

Vers nous
Vers notre front
Ceint de cendres
Croissons comme l’ambre mort.
7.3.06 00:00


Mercredi 8 mars 2006

Stalingrad, ou comment l'horreur mêlée à l'héroïsme peut donner son nom à une station de métro

Rêvé qu'une grognasse me mettait un rateau ; sale pute. Levé à 15h48 ; routine. Joué un rôle gratificateur grâce à ma maîtrise de la langue ; du vent. Regardé la Ligue des Champions ; rituel.

Sur 95.000 soldats allemands faits prisonnier à Stalingrad, 5000 seulement on revu l'Allemagne.

Me demande souvent si je suis réellement méchant ou si c'est par choix pour me distinguer des autres. Si le déficit d'affectif est lui indubitablement présent, la surenchère dans le côté connard est, elle, sujette à diverses interprétations.

(Ai achevé Requiem des innocents, de Louis Calaferte)

8.3.06 22:00


Jeudi 9 mars 2006

Je ne sais plus où je voulais en venir

Je m'interroge sur ce qui m'a poussé un temps à essayer de trouver des extraits du rapport d'autopsie des victimes de Christian Van Geloven. Est-ce un ignominieux voyeurisme ou cette même curiosité sur les retranchements de la nature humaine qui m'a poussé à m'intéresser à certains dignitaires nazis ?

Van Geloven a violé et tué deux fillettes de dix ans avec une indescriptible sauvagerie. Il les a torturées et les a violées avec des objets contondants. Ce dernier détail a été porté à ma connaissance il y a plus de deux semaines, pourtant j'ai entièrement réalisé ce que cela signifie seulement il y a quelques dizaines de minutes. Pendant un peu moins d'une vingtaine de jours, ces mots ont existé dans ma conscience dépouillés de leur valeur réelle. Il m'a fallu tout ce temps pour faire le tri et leur trouver une place, agir comme de juste face à ces deux petites filles.

Tout cela bien sûr va au-delà du concevable. Que ce soit la monstruosité de Van Geloven - je ne trouve pas d'autres mots, je ne saurai l'accepter comme membre de mon espèce ; je ne peux l'envisager qu'ailleurs - la souffrance d'Ingrid et Muriel ou la douleur de leurs parents.

Tout cela est inimaginable. C'est peut-être pour ça que je voulais ce rapport d'autopsie.

9.3.06 21:30


Vendredi 10 mars 2006

Etat de grâce

L'état de grâce est atteint quand nous allons un tout petit peu plus vite que le temps. Cela requiert la conjonction tout à fait improbable d'un somme considérable de facteurs et la capacité à s'adapter à cet état de fait. Cette conjonction nous permet d'être dans un état permanent d'anticipation, d'avoir constamment un coup d'avance sur le monde. Nous percevons inconsciemment ce qui est sur le point d'advenir et possédons ainsi la possibilité de créer un réponse adéquate en temps voulu. La croyance qui veut qu'une fois en état de grâce il ne peut rien nous arriver est erronée ; la vérité est qu'il ne peut rien nous arriver que nous n'ayons prévu. Etre en état de grâce c'est parvenir à s'adapter à l'acquisition fortuite d'une préscience ; rien d'autre

10.3.06 20:37


Samedi 11 mars 2006

Constat

En quatorze mois, j'ai rencontré une seule fille qui m'ait un tant soit peu plus à la fois au niveau de sa plastique et de sa personnalité. J'ai renoncé à elle par loyauté envers un ami qui trois mois plus tard cessait d'en être un. Comme quoi, les principes, c'est pas nécessaire d'en avoir beaucoup pour qu'ils nous pourrissent la vie.

11.3.06 20:43


Dimanche 12 mars 2006

Yanis

Il y a dix-sept ans jour pour jour, mon oncle Fay me tirait du lit un matin alors que je m'attendais plutôt à voir ma mère, comme tous les jours. La seule chose dont je me souviens, c'est que ce jour là nous sommes allés au McDo du centre commercial de Gennevilliers et j'ai pris un milk-shake. Je me souviens aussi que j'ai mis du temps à comprendre que si ma mère n'était pas là aujourd'hui, pour là première fois depuis plusieurs mois, c'est parce qu'elle était en train d'accoucher de mon frère. J'étais loin de me douter à l'époque que la seule fonction de cet être serait de vider le placard à goûter et de me piquer mes fringues. Inconscience de la jeunesse...

12.3.06 23:26


Lundi 13 mars 2006

From a lousy movie

- Got a girlfriend ?

- No. I gave that up. I always see the potential of failure.

14.3.06 00:30


Mardi 14 mars 2006

Bilan

Je suis finalement, un matin, vers cinq heures, sur l'avenue Etienne Marcel, arrivé à la conclusion qu'il n'existe pas de réponse adquate à la beauté. Avec un peu de chance, j'ai raison.

14.3.06 23:45


Mercredi 15 mars 2006

Cartman

J'ai longtemps refusé d'admettre que je suis un cérébral et un intellectuel. Cela tient peut-être au fait que pendant longtemps c'était chez moi, dans mon environnement, ce qu'il ne fallait pas être. Puis il a fallu me rendre à l'évidence et comprendre par exemple que si j'aime tant le travail manuel, ce n'est pas uniquement parce qu'il débouche souvent sur une réalisation palpable et durable, mais aussi, et peut-être surtout, parce qu'il laisse à mon esprit la liberté de vaquer dans les contrées qu'il a choisi - et non dans celles qu'une tâche qui nécessite une réflexion permanente lui aurait imposées.
Je crois aussi que ce que je n'aimais pas dans ces qualificatifs, c'était leur côté restrictif, leur volonté affichée de cataloguer la personne qu'il caractérise. C'est ce qui m'a souvent poussé à contrebalancer en me collant par jeu des qualités de Français moyen. On a ainsi pu m'entendre faire l'apologie de la concision du journal Métro ou regretter le peu de place accordé au sport dans Le Monde. J'ai d'ailleurs toujours été étonné par la rapidité avec laquelle les gens dans leur ensemble convenaient de mon intelligence alors même que je n'ai que très rarement l'occasion de faire montre de mon réel potentiel.

15.3.06 18:54


Jeudi 16 mars 2006

L'Offrande caca

Claire qui, en plus d'être un triple connasse sclérosée dans ses poses de comédienne ratée, ne connaît rien à la littérature et plus particulièrement à la poésie, vint un jour à me parler de Rabindranath Tagore. je lui fit alors part de mon opinion sur le poète indien, à savoir que c'est une excellente lecture de toilettes. Claire fut à demi outrée, sûrement parce qu'elle avait une plus haute opinion de Tagore et accessoirement de moi. Cette allégation n'avait pourtant rien de ces provocations stupides dont j'aime user régulièrement pour égayer l'atmosphère ou autre. Ce n'était que la pure vérité : je ne lis Tagore qu'aux toilettes. Un poète que je peux lire dans le train est un immense poète. un poète que je lis à la bibliothèque pendant mes révisions est un grand poète. Puis viennent ces autres poètes, ceux que je ne peux lire qu'aux toilettes.

J'aimerais proposer un exemple pour qu'on me comprenne. Voici un extrait du Gitanjali (L'Offrande Lyrique) :

65.

Quel divin breuvage espères-tu, mon Dieu, de cette débordante coupe de ma vie ?
Mon poète ! est-ce là ton délice de voir ta création à travers mes yeux et, au parvis de mon oreille, d'écouter silencieux, ta propre divine harmonie? A travers mon esprit, ton univers se tisse en paroles auxquelles ta joie communique la mélodie.
Tu te donnes à moi par amour, et c'est alors qu'en moi tu prends conscience de ta suavité parfaite.

N'y a-t-il pas là une fraîcheur et une sorte de bonté qui parfument ? N'y a-t-il pas là ce soupçon de grandiloquence qui facilite le transit intestinal ? Et que dire de ce format réduit parfaitement adapté au temps généralement aléatoire passé aux toilettes ? Nul doute qu'avec Omar Khayam, Tagore est bien le meilleur poète de WC de tous les temps.

16.3.06 23:57


Vendredi 17 mars 2006

Le "je-m'en-foutisme" est-il une doctrine viable ?

17.3.06 22:00


Samedi 18 mars 2006

Pu-pute le dragon magique, ou l'absence d'hommage à une chanson débile

J'étais sur le point de venir ici déverser le blabla auto-analytique quotidien, explorant ue nouvelle facette de ma personnalité pour percer les mystères de ma psychée, puis je me suis rendu compte qu'un des téléchargement en cours venait de se terminer. Je ne sais pas pourquoi - je le fais rarement - j'ai regardé en intégralité les premières minutes. Dans ces vidéos, elles sont souvent consacré à une parlotte inutile et insipide et j'ai habituellement vite fait de les sauter pour passer à l'action, ou plutôt, devrais-je dire, à la fellation. J'ai donc écouté ce que la sémillante Allison Wyte avait à dire et j'ai trouvé cela assez édifiant. A l'en croire, elle a perdu sa virginité à douze ans, a commencé à pratiquer la sodomie à quinze ans et s'est lancée dans le porno à dix-huit ans. Face à une telle réalité, je ne peux qu'être divisé. Une partie de moi, celle qui cottoie au quotidien des filles de douze, quinze et dix-huit ans, ne peut s'empêcher d'être effrayée. L'autre partie de moi, celle qui n'est pas en prise avec la réalité, ne crois en rien, aspire au chaos "juste pour voir ce que ça fait" et se dit que si les choses ne peuvent pas s'améliorer autant les voir empirer parce que, au moins, ça change - cette partie donc, est comme fascinée et se demande s'il n'y a pas dans un tel excès de liberté une sorte de cri révolutionnaire jeté à la face d'une société qui ne comprends pas, et même qui ne voit pas qu'accepter de recevoir dans le visage le sperme de son partenaire est une preuve d'amour. Une partie de moi pense que Melle Wyte a du avoir dans son enfance quelques expériences traumatisantes et l'autre partie se dit qu'elle a peut-être tout simplement compris que plus rien n'a vraiment d'importance.

Sur ce je vous laisse pour regarder la suite de la vidéo. Demain nous aborderons le thème de la vengeance.

18.3.06 00:00


Dimanche 19 mars 2006

Le printemps, c'est un peu comme ta mère

Hier soir, en plein coeur de l'inénarrable frénésie de coups Monshipour - Sitchatchawhal, alors que j'assitais au match de boxe le plus excitant de ma vie, je reçois un coup de fil. Je décroche pour entendre une voix féminine me traiter de connard, de tas de merde, et me demander ce que j'attends pour me suicider. Je raccroche et rappelle à la fin du match car, de toute évidence, il n'y pas là de quoi manquer le combat de l'année. La personne refuse de s'identifier, répondant invariablement quand je lui demande qui elle est, qu'elle est "ton pire cauchemar". Puis en procédant par élimination et en me concentrant sur la voix, j'en arrive à reconnaître Valentine. Valentine, rappelons le, que je n'ai pas vu depuis plus d'un an, depuis cette soirée qui a marqué la fin de notre relation où dans accès de rage elle m'a frappé avec ses clés alors que j'étais, plus ou moins, en train de lui rire au nez, en tout cas en train de tourner sa douleur en dérision.
De retour chez moi après la défaite de Monshipour, songeant au coup de fil de Valentine, je repensais à ce que disais le personnage d'Augustus Hill sur la vengeance dans un épisode de Oz : When you take revenge on somebody, you're actually paying him the highest compliment possible. It's like saying : "You affected my life to such an extent, that I must reciprocate. I must affect your life as deeply as you have mine." Il y a ici, à mon sens, une grande sagesse.
Le coup de fil de Valentine est une manière de dire que j'ai eu un tel impact sur sa vie que, qunize mois après, elle garde pour moi non seulement une animosité intacte mais,, qui plus est, le besoin de l'exprimer, de la verbaliser. En plus de perdre sur tous les plans, elle a une nouvelle fois flatté mon ego, même si c'était, cette fois-ci, tout à fait involontairement.

20.3.06 00:48


Lundi 20 mars 2006

"Je suis le loup à l'enfant"

...alors nous restait à déterminer de l'instinct de reproduction ou de celui de destruction lequel était prédominant chez l'être, lorsqu'elle fit irruption dans la pièce, à moitié nue et les mains maculées de sang implorant la merci d'un être qui ne semblait exister que dans son imagination. Nous nous levîmes comme un seul homme pour voler à son secours mais déjà elle faisait demi-tour pour sortir de la pièce en hurlant le nom de John Gaillaud. Nous ne parvînmes pas à la rattraper et nous n'avions toujours pas déterminé de l'instinct de reproduction ou de celui de destruction lequel était prédominant chez l'être...

(Ai achevé Pulp, de Charles Bukowski)

20.3.06 23:05


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