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Lundi 1er mai 2006
Qu'elle était verte ma vallée de merde Ce fut quelques mois après que je fis la rencontre de Juliie et que prirent place tous les événements que j’ai déjà relatés. Forcés de prendre la fuite, Anne-Sophie et moi atterrîmes dans une station thermale paisible, petite ville d’eaux où des curistes originaires de tous les pays voisins se retrouvaient l’été venu, apportant à ce village tapi au fond d’une vallée verdoyante une agitation toute aristocratique, faite de légères rumeurs, de bals rythmés par des orchestres guindés et d’amours adolescentes entre vieilles filles et veufs précoces. |
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1.5.06 19:30 |
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Mardi 2 mai 2006
Le Lohengrin Retranché au fond d’une impasse débouchant sur l’artère principale de la ville, le Lohengrin avait une clientèle composée majoritairement d’habitués. Au-dessus de la porte ogivale par laquelle les clients entraient, on pouvait lire, juste sous l’enseigne peinte en lettres gothiques, l’inscription sibylline : De chaque mal naît un bien. Herr Kaltenbrenner, le tenancier, était un homme lunatique, tantôt chaleureux à l’extrême, tantôt inexplicablement froid, voire revêche. Il ne quittait jamais ce costume trois pièces bleu marine qui lui donnait une certaine prestance en même temps qu’un air légèrement désuet. D’un naturel sérieux, il ne buvait quasiment jamais, mais lorsqu’il avait fait exception à la règle pour une occasion quelconque, il se mettait à jouer les jolis cœurs avec toutes les serveuses tout en offrant des tournées aux clients. |
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2.5.06 17:41 |
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Question
Je descendais la rue de rome vers 17h30 et suivant le fil de mes pensées, j'en vins à la conclusion que j'avais une tendance significative à l'érotomanie. Seulement au moment même où cette pensée acheva de se former dans mon esprit, une fille sur le siège passager d'une Clio me héla, et lorsque j'approchai de la voiture et m'enquérit de ce qui l'avait ainsi poussé à attirer mon attention, elle me répondit qu'elle me trouvait très charmant. Dois-je y voir un signe du destin visant à éloigner de moi de fausses conjectures ? |
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3.5.06 18:36 |
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Mercredi 3 mai 2006
Harald Saint-Harald Harald Saint-Harald était un personnage auquel la discrétion ne seyait pas. Il eût pu tout tenter pour passer inaperçu, il émanait de lui quelque chose de proprement captivant qui le faisait instantanément remarquer lorsqu’il pénétrait dans une pièce. On lui accordait naturellement un ascendant sur le reste de la bande, le considérant en quelque sorte comme le chef, et ce bien qu’il n’y eût aucune hiérarchie apparente au sein du groupe. Une mise toujours impeccable, des cheveux bruns grisonnants parfaitement coiffés, une mâchoire carrée et saillante qui donnait du caractère à son visage sans y mettre d'excessive dureté, les serveuses s’accordaient à dire de lui qu’il était très bel homme. Il devait en être de même pour les autres femmes, toutefois je ne peux que le présumer, les hôtesses étant les seules représentantes du sexe féminin tolérées au Lohengrin. A la gent masculine, et par conséquent à moi, il inspirait dans l’ensemble une sympathie respectueuse teintée d’admiration. Anne-Sophie et moi nous étions installés dans un petit meublé que Kaltenbrenner nous avait aidé à trouver trois semaines après avoir commencé au Lohengrin. Un jour, y rentrant, je constatai que toutes les affaires d'Anne-Sophie avaient disparu et trouvai un mot de trois lignes sur la liseuse qui m'enjoignait à ne pas la rechercher. Je reconnus son laconisme caractéristique et m'engageai à me plier à sa volonté, moitié par respect pour, moitié par paresse. J'eus à cette époque des échos de ce qui se passait au Ministère de l'intérieur et, après m'être assuré auprès d'un ancien collaborateur haut placé en lequel j'avais toute confiance, qu'il n'y avait aucun danger pour moi à rentrer, je remerciai Kaltenbrenner, fis mes valises et pris le chemin du retour. Je repris la vie tranquille d'un citoyen lambda et, tout ce temps, je restai sans nouvelles d'Anne- Sophie, à laquelle je pensais souvent. Au fond de moi, je restai persuadé que nous finirions par nous retrouver, mais jamais je n'aurais imaginé que cela se passerait au fond d'un cachot humide, moi dans le rôle du prisonnier et elle dans celui de la geôlière?
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3.5.06 19:22 |
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Jeudi 4 mai 2006
"Le monde se divise en deux catégories..." "Tu creuses ?" furent donc les premiers mots qu’elle trouva à me dire après une si longue absence. Ce qui était à mon sens tout à fait naturel, considérant que j’étais effectivement en train de creuser. Je lui répondis que oui, je le faisais, mais que ce n’était aucunement pour m’échapper, simplement pour niveler le sol, et dans le même temps, je passai négligemment la main sur mon visage, cherchant à savoir si l’on ne m’avait pas trop amoché durant le trajet. Je fus content de ne trouver que quelques éraflures et me félicitai d’avoir un sex-appeal à peu près intact pour nos retrouvailles. Anne-Sophie était, elle, lumineuse, comme à son habitude. Toutefois je lui trouvai quelque chose de changé, il y a avait en elle comme un je-ne-sais-quoi de post-punk. C’était quasi imperceptible, ça ne tenait à presque rien, une lueur dans le regard, une nuance de désinvolture dans l’attitude, une goutte translucide qui perlait au coin des lèvres. Elle me rappelait, dans une certaine mesure, Yukiko Ichikawa, la muse du révéré performer Galore, que j’avais eu la chance de rencontrer avant qu’elle ne décède d’une overdose d’héroïne.
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4.5.06 20:32 |
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Vendredi 5 mai 2006
Nosferatu Ils est des instants rares de beauté pure, moments où l'on atteint l'extase, où l'on s'abandonent à d'incibles transports. Ceux-là sont précieux, surviennent lorsque advient l'improbable conjonction d'une série d'éléments. J'ai ce soir visté cet ailleurs face, au prodigieux spectacle offert par le ballet de l'Opéra de Paris. J'ai vécu la magie. |
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6.5.06 01:17 |
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Samedi 6 mai 2006
La chatte de Sophie et mon chapeau Si on venait à se croiser dans la rue, il y a peu chances pour que vous me trouviez sans un chapeau noir souple à bord court, posé de travers sur mon crâne, masquant légèrement mon oeil droit. Ce chapeau, sur lequel Bonnie s'est un jour malencontreusement assise, ne lui donnant à mes yeux que plus de valeur, a été porté par beaucoup de personnes, la plupart m'étant totalement inconnues, croisées au hasard de la nuit dans Paris. Il y a même eu, sur le boulevard Saint-Germain, une fille qui a essayé de me l'endormir et, voyant que ça ne marchait pas, m'a prié de le lui offrir. Hier encore, mon chapeau a fait le tour de plusieurs têtes. Je marchais sur la passerelle Solferino, prêt à faire la teuf sur un bâteau, quand je fus helé (encore) par une minette qui passait la soirée sur le pont avec des amis. Je me suis joint d'autant plus facilement au groupe qu'il était composé de quatre filles d'à peine dix-huit ans, dont une Polonaise aux long cheveux blond, aux yeux bleus et à la bouche fine dont le string dépassait lorsqu'elle était assise (détail dont je n'ai pas manqué de me souvenir chez moi, quelques heures plus tard ma queue à la main). Après l'essayage rituel du chapeau, nous avons chanté des vieux tubes de variété française, en dansant n'importe comment et en prenant des poses débiles. J'ai appris qu'ils (je dis ils car il y avait aussi un garçon) étaient des lycéens de Neuilly et je compris alors d'où leur venait leurs positions pro-CPE. Deux amis, un garçon qui était le boyfriend de miss Poland et une dénommée Sophie, les ont rejoints après une expédition couronnée de succès en quête d'alcool. Antonin s'est avéré être le plus attachant de tous et j'ai un peu culpabilisé d'avoir dragué sa copine polonaise. Sophie, elle était une blonde de dix-sept ans, guindée, pas très avenante, son cul moulé dans un 34 et aux pieds une paire de Salvatore Ferragamo à quatre cents euros : un genre de fantasme absolu. Je ne peux qu'imaginer sous le fin duvet blond foncé de son pubis, deux grandes lèvres fermes et farouches, d'un rose pâle, plus pâle que celui sanguin de son clitoris frais et juvénile. Je ne peux qu'imaginer cette chatte si étroite que même mon majeur s'y sentirait à l'étroit, prisonnier comme d'un chinese finger cuffs. J'ai passé une très bonne fin de soirée. |
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6.5.06 16:57 |
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Dimanche 7 mai 2006
Trois Katarina, la suédoise ; Georgie, l'Australienne ; Anna l'Américaine. Trois nouvelles têtes sur lesquelles s'est trouvé mon chapeau. C'est fou le nombre de rencontre qu'on peut faire avec un simple accessoire. Avant ça j'avais revu trois personnes disparus depuis des lustres : Thibault, Julie et Thomas. Revoir les deux permiers m'a fait plaisir, et revoir Thomas m'aurait sûrement fait plaisir s'il ne sortait pas avec Julie, une des rares filles capables de dire des choses pas totalement dénuées d'intérêts, voire, de loin en loin, drôles. Trois, c'est le nombre de mecs que nous étions autour de Katarina, à la sortie d'un quelconque pub vers quatre du mat'. J'ai à ce sujet beaucoup aimé la remarque de Sharaf qui a dit que nous lui avions offert un orgasme social. Je ne sais qui de nous deux avait raison quand je prétendais que la foule compacte dehors n'était qu'un troupeau d'animaux cherchant à s'emboîter les uns dans les autres alors que lui, optimiste, ne voyait que des êtres humains en quête d'attention et d'affection, sans distinction de couleur ou de nationalité. |
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7.5.06 23:31 |
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Lundi 8 mai 2006
Extraits "Ma rage est vitale "Ceci n'est pas pour les mineurs "L'Etat fait tout pour nous oublier "T'as trop trainé ton cul sur les bancs de la fac Booba, Ouest Side |
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8.5.06 17:52 |
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Mardi 9 mai 2006
Parti pour durer Avec le printemps, ma cote qui grimpe en flèche chez les minettes et des lacunes inhabituelles dans ma discipline masturbatoire, j'avais commencé à considérer de serrer une random-gonzesse à trou-biter avec son random-appart à squatter. Mais face à la vague d'enthousiasme qu'a soulevé cette décision chez ceux qui en ont eu vent, j'ai été contraint de faire machine arrière et j'ai renoncé à utiliser ma puissance de (bang-bang) feuer frei. Je me suis toujours méfié du consensus et jusque là, je l'ai jamais regretté. Il y a quelque chose de trop prosaïque dans le fait d'avoir une régulière, même si je dois avouer que depuis le temps j'ai oublié ce que ça fait d'avoir une bouche autour de sa queue, et ça c'est bien regrettable. Il faudra tenir bon la barre, cet été se méfier des inspirations d'alcoolique, des minettes prêtes à tout et des interractions hormonales. C'est jouable. |
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9.5.06 21:14 |
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Mercredi 10 mai 2006
The post-doom generation Grâce à l'explosion du multimédia, les enfants et adolescents d'aujourd'hui sont exposés à des contenus pornographiques de plus en plus hardcore de plus en plus tôt. J'ai hâte voir comment ils vont tourner. Je sens qu'on va bien se marrer avec cette génération. |
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10.5.06 22:01 |
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Jeudi 11 mai 2006
Abstinence j'écris ton nom, sale pute On est comme tout le monde, on fait des petits boulots pour manger et le soir on rentre se taper des queues. Et entre temps, on apprend des trucs... parfois... rarement... mais de temps en temps ça arrive... C'est comme ça que parmi un tas de coupures de presse, j'ai trouvé un papier sur les "asexuels", ces gens qui n'éprouvent pas de désir sexuel ou pas le besoin de l'assouvir avec un tiers. Ca a l'air pas mal comme concept. Plutôt stylé. C'est peut-être la prochaine tendance, je suis peut-être un précurseur, un gars qui anticipe la mode. Si c'est ça, j'aurais baisé tout le monde. Au sens figuré s'entend. Tu veux voir de quoi ça a l'air ? Vas-y Ces types sont des ringards. Ils ont besoin d'un vrai leader, un mec comme moi, qu'a de la gueule et la classe. Je ferai d'eux des stars, the next big thing. Avec moi devant, ces loosers seront plus hypes que les tatasses du Man Ray. |
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11.5.06 20:24 |
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Vendredi 12 mai 2006
Moi, Bo Carver, producteur et réalisateur de films pour adultes Quand celle qui s'est faite appeler Mary Ann est entrée dans mon bureau, j'ai pensé : "encore une petite prude anti-sodomie anti-deepthroat qui veut utiliser sa bobine de gamine fraîche et ses petits seins aux tétons clairs pour surfer sur la déferlante teen et rafler la mise du biz ; fuck, ces minettes me fatiguent". Mais, pour une fois, je me trompais. Mary Ann était le morceau de chupa chups le plus pervers de la croûte terrestre et elle avait plus soif de cul que tout un bataillon de la légion étrangère paumé dans la jungle depuis trois mois. Avec sa frimousse toujours souriante de blondasse California style et sa chute de rein à faire bander un paraplégique dans le coma, j'ai vite compris qu'elle allait me faire toucher le jackpot. Je lui ai écrit son premier film : Vers un situationisme abstinent, ce qu'il reste de la société du spectacle quand la trappe du peepshow se referme. Le film a eu le succès qu'on sait et du jour au lendemain Mary Ann était l'icône de sa génération. Et pour ma fille, qui m'avait toujours méprisé, j'étais devenu un héros. Mary Ann a alors voulu travailler avec moi sur l'écriture de son prochain film et c'est comme ça qu'est né De l'absence de convergences idéologiques en milieu humide, radioscopie d'un couple au bord de la rupture. Sans le savoir, nous venions de jeter les bases d'un nouveau cinéma X. Le tournage a été éprouvant mais Mary Ann s'est transcendée et le résultat fut époustouflant. La critique s'est mise a genoux, l'argent a plu et les projet sont devenus de plus en plus ambitieux, jusqu'à l'apothéose, le film testament de celle qui a éclairé le porno aussi intensément et brièvement qu'une étoile filante, je veux parler bien sûr de Réflexions informelles sur l'influence de l'érection sur la subjectivité et la détérioration du conscient : une ouverture sur la transcendance des genres par la négation du membre. Quelques heures après la première projection, celle qu'aux quatre coins du monde on appelait Mary Ann, s'est donnée la mort, consciente qu'à tout juste vingt-deux ans, elle avait atteint la perfection, l'absolu, qu'elle avait porté l'art à sommet, là où plus personne jamais ne pourrait l'amener, pas même elle. Cette oeuvre fascinante, foisonante, prophétique, jamais épuisée, saturée de vie et pourtant habitée par la mort, a été son cadeau au monde et sa seule légende. Elle a fait le choix de ne grader que le meilleur et peu l'ont compris. Le jour de son enterrement, j'ai tenu à ce que soit projeté une vidéo inédite que nous avions réalisée, intitulée Contre la coprophagie. Je n'ai plus depuis été capable de revoir un seul de nos films ; je suis un peu mort le jour où elle est partie.
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12.5.06 22:16 |
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Samedi 13 mai 2006
Iskandar : un mec au fromage Démasquage en vue des gigots putassiers, toute cette ribambelle de biatch allumées qui s’injectent la hype en intraveineuse : arthroscopie d’une partouse qui a mal tourné. Nous revenons vers le bar, sanglés à nos verres de sky et jack et daniels et que je te mets une goutte de champagne dedans pour te faire gerber : vas-y fais comme chez toi, mon corps est le tien, et même ma précieuse bite. Les archi-trendy débarquent en conclave, auto-proclamés phénomènes de cette semaine parce qu’hier c’était la journée de la femme et aujourd’hui c’était la journée de la pute et demain c’était la journée de ta mère. On revient des chiottes avec Vicky-vick et son décolleté sous speed et alors qu’est décriée la gerbe musicale, toujours au bar, elle me demande où ces types ont appris à s’aimer : Mykonos Crète Eden-Tarlouze. Je slalome comme Tomba jusqu’à la bombasse qui se déchire la tête aux corticoïdes stéroïdiens et au gin-tonic dans le fond de la boite et je balance la somme d’anglicisme adéquate pour me faire recaler : pipe-sodo-faciale tape 1, entretien de la misère sexuelle tape 2, biatch. Vicky-vick is back et on arpente les arcanes du club en quête de dope, de fraîche et de cul : régulier comme le métronome du milieu de terrain, je me prends deux trois coups de pelles et elle, enfourne du bif et des amphé dans son décolleté, beurre et argent du beur à casquette-survêt, check la caricature : t’as sucé pour rentrer dans le club ou quoi ? Mannequin anorexique cherche dose coupe-faim pour pas se faire doser au prochain casting est assise avec un Onassis-like les yeux perdus dans le vague et je m’approche de la chasse gardée pour lui dire qu’elle aurait mieux fait de rester dans sa Russie avec son Youri, biatch : vidé par les gorilles d’Onassis ma mâchoire percute le trottoir en ne faisant pas clac parce que l’intérieur de ma joue est venu se caler entre mes dents, spit. Vicky-vick me ramasse en gueulant fuck aux tatasses qui se marrent en voyant ma gueule sanglante. On se souvient tous qu’hier les flics ont raflé les dealers de cracks à Stalingrad pour leur mettre une grosse race avec la bénédiction des riverains qui se branlaient à leur fenêtre : les spectacles violents gratuits sont toujours les meilleurs. Vicky-vick et moi nous infiltrons dans un taxi à l’accent viet’, surin à droite, sous la boîte de vitesses, on plonge vers le cœur nocturne de la ville pour cramer la fraîche fraîchement récoltée et ce qui nous reste de neurorécepteurs. Je cueille les bifs entre ses seins direction le distributeur de CC et les biatch ouvrent des yeux grands comme ceux des gosses devant le choco-lapin de Pâques : narines en action le narcodollar direct dans les sinus rend le vide supportable. Une sirène mi-femme mi-thon déploie ses tentacules sur mes basques et tiens bon la barre, lâche pas l’affaire, humide comme les racines d’un palétuvier : treizième commandement : en sexe toujours quelqu’un de plus misérable que toi tu trouveras. La sangsue-ceuse chassée d’un revers de la main, je bafoue les écueils vicieux jusqu’à Vicky-vick ventousée par une tantouse et explore son schisme mammaire en quête de substance : en vain. De dos la tantouse à une tête à ne pas décalotter, je lui mets une main au boul pour voir sa face de phimotique et il me saute au coup et agite sa langue sous mon nez : je décarre en panique Vicky-vick sous le bras traumatisé par la tronche de syphilitique de mon lover. Home street home, on hijack un tacos direction la piaule et après la somme d’escaliers himalayesque, on s’écroule atomisés sur son pieu, ma tête dans son décolleté : ça ira mieux demain.
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13.5.06 17:35 |
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Dimanche 14 mai 2006
Fulgent 16 : un mec de base Drôle que je rêve de Fulgent 16 cette nuit-là alors que n'a pas encore été fêté le premier anniversaire de la mort du légendairen sixteen dont on dit qu'il était tellement laid qu'il pouvait se taper les putes gratos. Over-d'équerre hier, je me réveille avec un demi-barreau et une gueule en contreplaqué et j'entends Vicky-vick décalquée version 2.0 en train de se rafraîcheur-de-vivre dans les toilettes : le compte à rebours a déjà commencé, le stand de mosaïque qu'elle tient au trente-et-unième salon internationale de la salle de bain doit ouvrir dans dix-sept minutes vingt-trois secondes. Elle mise cent jetons sur le taxi à dix contre un et j'en mise mille sur ma bécane à cent contre un : je verrai bien si y a moyen de freiner avec les pieds. Elle se pointe trente minutes en retard et boss-erynie la vire à coups de pied au cul en voyant les porte-bagages qu'elle a sous les yeux, et au même moment un peu plus tard©, je hurle à l'infirmière de M'ENLEVER CE PUTAIN DE COLLIER CERVIVAL BORDEL ET OU EST MA BECANE ? |
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14.5.06 23:24 |
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Lundi 15 mai 2006
Slim : un mec de poigne J’entends une légion de vioques se répandre en hululements plaintifs dans les couloirs de l’hosto, l’infirmière chauve a été remplacée par un type en blouse blanche crado qui déploie son double mètre devant moi pour m’empêcher de fuir et je devine qu’une faction de condés armés jusqu’aux canines est prête à m’accueillir si jamais je parviens à mettre un orteil hors de ma chambre. Big boss Slim, pas le genre compréhensif, alors si je ne veux pas qu’il me donne en pâture à ses piranhas hybrides, je dois me faire la malle vite fait, cordon de sécurité orwellien ou non : mon compte à rebours vient de commencer, il me reste une heure dix-sept minutes vingt-trois secondes pour livrer le cash. J’émerge de ma chambre planqué derrière mon garde du corps médical, j’ai activé sa fonction docilité en lui collant un scalpel sous la carotide : vingt-cinq canons me tiennent en joue et je leur renvoie mon smile de joker, Iskandar 1 - les autorités locales 0. Sans bolide c’est en métro que je prends la fuite laissant derrière moi mon cerbère hospitalier en lui rappelant au passage que le principe de l’assistance publique c’est d’aider les gens, pas de leur maintenir les sinus dans la merde jusqu’à l’étouffement. Killer de suspens, j’arrive dans le bureau de Slim une demi-heure avant la fin du délai et trouve le big boss accompagné du dépravé Geldhoff, prénomé Bob, Bobby, Robert, rayer la mention inutile, la manche gauche de sa chemise blanche mouchetée de sang pas encore séché: on dit de lui qu’il n’a qu’une couille, mais on dit beaucoup de conneries sur les gens et chacun est libre d’écrire son mythe à coups de pompes. Je n’ai pas grand-chose à dire de plus à Slim que le clic-clic de la valise et bye-bye boss on s’appelle on se fait une bouffe vieille branche, mais lui me rappelle et alors des gouttes de sueurs froides viennent tenir un meeting sur mon front : ou il n’y a pas le compte, ou j’en sais plus que ce que je devrais savoir, et le clic-clic que j’ai moi à entendre est celui du barillet du 38 de Geldhoff. Maintenant deux solutions : 1. Je défouraille en zigzags en espérant éviter les six tueuses du calibre 2. Hajime mashite je me bats fièrement jusqu’à mon dernier râle. Je me vois déjà agonisant bastos criblant ma poitrine et revivant l’espace de l’ultime seconde la somme des jours alcyoniens de ma vie histoire de pas avoir de regrets, quand Big boss Slim m’annonce qu’il a un job pour moi, un truc sérieux, d’abord rencontrer Vladimir Vojvodine : je sens le sang affluer de nouveau dans mes veines, j’attendrai encore un peu pour me faire buter |
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15.5.06 16:58 |
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Mardi 16 mai 2006
Vojvodine : un mec à la colle Rencontrer Vojvodine le dernier des nababs du kseu voilà qui pourrait en faire bander plus d'un, me dis-je en captant la feuille de chou qui traînasse sur le zinc et qui n'a rien de mieux à me dire qu'une gosse de douze ans est sur le point de donner le jour à sa descendance, l'enfance accouche de l'enfance ; quel genre d'obstétricien pédophile va éjecter le chiard de la matrice infantile de la mini-daronne qui picole et crame son paquet clopes tous les jours depuis l'âge de neufs ans ? Le barman chauve décolle du comptoir la face ensommeillée d'un pilier éthylique décati et projette son corps sec sur l'asphalte dans un splat évocateur, manifestement temps que je m'arrache avant que ça dégénère : je balance les clinquantes sur le zinc, pile le compte pour casquer mon kawa-saké. Mon rencard avec le ponte se déroulera de l'autre côté du boulevard, cadre : resto über-chic avec voiturier et sommelier. On me présente ma table - enchanté mademoiselle - je glisse dans le fauteuil incongru dans l'attente du pointage du commanditaire : derrière moi un quidam fait sa déclaration aux chandelles et se mange un méchant coup de pelleteuse, une partie de moi compatit : parfois je suis trop bon. Vojvodine débarque, le nabab a des allures de clodo sur le retour : chaussures de maçon, vieux caban râpé, futal de velours beige taché de sperme, chemise de flanelle crasseuse, le bonhomme fait plus que dénoter et nul doute que s'il a pu franchir les portes, c'est qu'il laisse des fortunes à sa table. Nous dînons, des portions d'oiseaux dans des assiettes mirifiques, le type est courtois, n'évoque pas le business qui nous réunit et règle la maxi-note à trois zéro avec distinction en cash s'il vous plaît, les bifs c'est toujours plus sérieux que le plastic quand on est dans le cinéma. De la maille il doit pas en manquer celui qui est devenu le number one du biz grâce à Bo Carver et Mary Ann, elle doit sortir de ses robinets et même des jointures du parquet : careful baby, tu vas glisser sur un lingot. On part rincer le digestif chez lui histoire qu'il me mette au courant de ce qu'il attend de moi : mon palpitant défrise les 280 bpm quand je découvre la collec de photos de Mary Ann qui trône dans l'entrée de son hôtel particulier : burning angel SOS afflux excessif de sang dans les corps caverneux de ma queue. Je m'écroule sur le canapé et je me dis qu'elle a du poser ici ses fesses : les coutures de mon caleçon explosent. Vladimir s'est changé et refait surface dans un trois boutons Ermenegildo Zegna, un panama sur la tête, me raconte sa life, me montre la photo d'une gamine rouquine : "Ma fille. C’est plus ou moins la prunelle de mes yeux. Elle vit à Los Angeles avec mère. Ce qui fait de moi approximativement la moitié d’un aveugle." Je capte moyen où il essaye d'en venir, il me montre son galure : "Drôle d'histoire que celle de ce chapeau" et il repart dans son trip solo de racontage d'une vie dont j'ai rien à carrer : "J’étais dans ma vingt-deuxième année. Je buvais beaucoup et en compagnie de toutes sortes de femmes plus vénales les unes que les autres. Je n’étais pas encore riche mais j’étais assez habile pour faire croire à qui voulait m’entendre que je l’étais. Je vivais dans un réduit et me nourrissais de conserves, je soudoyais une jeune mécanicien pour qu’il me prête les voitures de sport des clients de son patron, je me faisais tailler des costumes sur mesures par d’expertes petites main que je ne réglais jamais et j’ouvrais des ardoises dans tous les bars où je passais. J’étais dehors toutes les nuits jusqu’à quatre heures du matin et, dés huit heures, je pointais au journal qui m’avait miraculeusement embauché et je passais une bonne partie de la journée à dormir en salle d’archive. A tel point que je n’ai jamais été capable de savoir en quoi consistait exactement mon travail. Lors d’une soirée extrêmement huppée où j’avais pu m’introduire grâce à la bienveillance d’un ami serveur, une vieille femme très digne est venue vers moi. Elle m’a proposé une jolie somme pour lui tenir compagnie le reste de la nuit. Je lui ai alors demandé ce qui pouvait bien lui faire croire que j’avais besoin de l’argent qu’elle m’offrait. Elle m’a alors répondu que c’était la deuxième fois qu’elle me voyait et que déjà la première fois elle avait remarqué que ma montre était arrêtée et qu’elle pouvait ce soir-là constater que je ne l’avais toujours pas faite réparer. C’était une belle montre bracelet qu’un parent m’avait légué mais l’horloger m’avait demandé une fortune pour la remettre en marche ; ce qui m’avait contraint à abandonner l’idée de lui confier. Elle n’était donc plus qu’un ornement et avait perdu toute utilité pratique. Je lui ai demandé en manière de plaisanterie si elle travaillait pour le KGB ou la CIA et elle m’a répondu très sérieusement que, bien qu’étant à la retraite, elle n’était pas censée révéler le nom de son employeur. Toujours est-il que peu de temps après, nous sommes allés à son appartement parce que j’avais réellement besoin de l’argent. Si je garde un excellent souvenir de la manière dont je l’ai dépensé, la façon dont je l’ai gagné m’a durement traumatisé. Un jeune homme de vingt et un ans ne devrait pas être exposé à autant de plis. La vieille femme avait l’esprit plutôt tordu et j’ai du passer plusieurs tenues durant la nuit. Le panama faisait partie d’une de ces panoplies, même si je n’ai pas tout à fait saisi quel personnage il me permettait d’incarner. Probablement un lointain souvenir de jeunesse qu’elle essayait de raviver. Les heures passant, elle gagnait en pathétique et en taux d’alcoolémie, avant de finir par fondre en larmes dans mes bras en m’appelant Bryan. Au matin, je l’ai quittée, la laissant ronflant à moitié nue dans ses draps de soie. Et comme le panama m’avait plu, je l’ai gardé. Je le porte parfois, quand la nostalgie me prend en songeant à mes jeunes années. Le vieux est soûlant et je manque de me mettre soudain à pioncer, et l'affaire c'est quoi bordel ? : TU VAS LA CHIER TA CHIASSE© ?
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16.5.06 23:22 |
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Je viens de finir de relire la première moitié de mon blog et j'en ai conclu que j'écris très bien. J'ai particulièrement apprécié la phrase : "L’obsession a ce goût sucré de souffrance qui nous arrache à notre vanité et nous donne tant à défaire et à penser."
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17.5.06 05:07 |
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Mercredi 17 mai 2006
Tiffany : une gonz qui ride with la force L'entreprise de lénification du somnifère Vojvodine a porté ses fruits, le dealer de sable arrive en vaisseau spatial, je sens que je vais rêver de Mary Ann : une tape mesquine sur ma joue m'empêche d'y compter, apparemment mon somme inopiné est mal vu. Anyway, le message est passé, il a capté : je suis là pour affaire pas pour le live de bonne nuit les petits, il me remontre la photo de la kid aux cheveux rouges alias Tiffany et annonce la couleur : je dois lui faire traverser l'Atlantique ni vu ni connu je t'embrouille au nez et à la barbe de sa daronne et je repars avec une valise fleurie de bifs : pas de parfum pour la monnaie, juste une bête de couleur mauve qui tire sur le rouge. Je considère la file potentielle des zéros et je pense à la gueule de Vicky-vick. Papy porno m'éjecte de mon dream pour un briefing sur la sécurité autour de l'enfant-king : un manoir dans la cité des anges, beau-papa avocat superstar protège sa galerie perso d'art caca contemporain ; la mini-miss va à l'école dans sa classe S avec chauffeur ; sa daronne est une amie de la femme du proc et dés que la gosse aura disparu j'aurai toute la volaille de Los Angeles aux trousses. Si je veux pouvoir gérer la cavalerie-caine, je dois bien m'entourer, monter le commando de killers qui va bien, google cérébral : Generation Time: 2.1627s This is how you OPTIMIZE! Frankie quatre dents, B-cube aka Big Boy Balthazar, Themistoklis aka Totem aka TNT le Grec et Santino aka Tête de Schlass aka La Douille. Si je me plante dans ce deal, sûr que big boss Slim va décorer - feuer frei Geldhoff - ses chiottes avec ma moelle épinière, alors la jouer serrée. Je taille loin du nabab avant qu’il se relance dans sa mythographie tranxène et sonne Diamant pace que B-Cube est injoignable, le gouape qu’on appelle aussi Zircon parce qu’il se cantonne à la caillasse m’informe que Big Boy est en cavale à l’hôtel F1 de Bezons : je check mon glock et m’engouffre dans un tacos à la rencontre de Balthos-bal. Je vais me là faire la Tiffany, je la ferai s'exfiltrer de chez ses remp’s dans une malle de Copperfield si y faut, mais je laisserai pas s’évaporer le cash. La merco glisse dans les rues, nocturne et famélique est le paysage urbain à coup de façades usés et usées aussi les tatasses qui arpentent le trottoir : fades et fardés biatch de base se rentrent pour leurs exercices quotidiens d'étirements de la moule. J'allume un cubain pour faire chier mon driver et dés qu'il ouvre sa bouche je lui fais entrevoir mon glock, au frais dans mon holster, rétroviseur tactique. |
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17.5.06 18:03 |
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Jeudi 18 mai 2006
"I ain't choose to rhyme Et je pense qu'on est d'accord pour dire que c'est plutôt un bon choix. |
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19.5.06 06:24 |
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