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Jeudi 1 Juin 2006

Nuit Magique : tout est relatif 

Au pays des songes mouillés dans la famille des rebouteux donnez moi l'infirmière bonnasse salace au scalpel dégueulasse, plic-ploc les gouttes de sang vermeilles comme la carte du vioque de base s'abattent sur mes tempes tant pis pour cette fois mademoiselle la soigneuse, j'ai tombé dans l'escalier et mon genoux est tout endolori Dolorès c'est comme ça votre blase sur le badge je vois pas bien à cause de la buée dans mes yeux, chaud ici, vous devriez tomber la blouse non ? Au scalpel pâle elle taillade mes avant-bras en carpaccio suant par tous les pores le vice strict, infirmière infiltrée exfiltre de mes artères le suc qu'elle suce du bout de sa langue usuelle, halte au feu miss ou de sang je manquerais pour inonder ma queue précieuse et me fera défaut la bandaison maniaque qui fait se déchaîner les eaux vaginales. A marée basse semble-t-il nous sommes condamné à suçoter le plancton d'un sable presque sec, aux sombres bestiaux de l'amer pelage punaisé où as-tu douce enfant au caducée caduc chopé ces morbaques voraces et Swite Jizeuss d'où vient cette odeur de crevettes avariées : Roger Cavaillès que ton nom soit sanctifié, que ton hygiène vienne sur la terre comme au ciel, mais surtout dans la schneck... Amen. Séparation délicate de paupières soudés par un étrange mucus séché, oeil ouvert sur Vicky-vick en mode catalepsie : trop d'équerre pour savoir si je dois être content de me réveiller ou pleurer la fin du règne onirique, après tout fuck y a que les gonz' qui chialent et, crème chantilly sur la bite, le rêve n'a même pas le mérite d'être un putain de fragment de cette pute qu'est le monde des possibles. Rien de  nouveau sous le règne de l'amour chrétien si ce n'est que l'haleine de Vick est à désormais celle du vomi rance : les chiens ne se font pas des chattes... et qui se tapent ces chiennes ?

1.6.06 23:53


Vendredi 2 Juin 2006

Le fake-Palace de Vitelli : attermoiements free zone

Vitelli : le Don sait rester simple et funky, même si pas plus rital que moi ou toi ou le plombier polonais du quartier, plutôt un genre d’obscur pied-noir, sous un visage de cire fripée comme du magma solidifiée le maître du lieu interlope surtout croit à la toute puissance du Verbe, rêve éveillé de performativité de la langue palabre comme un cerf décérébré sous acide et sert des gin tonic sans tonic, des whisky coca sans coca et des vodka-7 sans sept. Tout le biz sait que la table 8 près de la photo alpaguée au mur de feu le parrain est réservée à Moscardo alias Tonton, commissaire de son état, un piercé du slibard qui connaît pas la couleur du pare-balle et snif-snif tellement dans le pif que ses BPM intra-ventriculaires foutrait en dépression nerveuse le lapin Duracell : plus maque que le plus vicelard des souteneurs, plus voleur qu’un camp entier de manouches, plus cogneur que Sonny Liston en avance rapide. Cent dix-sept heures et quarante trois minutes plus tôt je matais Tonton ruinant la face de Wang-le-man à coups de coudes et genoux, prémolaires en vol charter direction le caniveau, pour une histoire de faux Vuitton made in China : nous ne connaissons pas la violence, les coups seuls existent, sont chez nous un sacerdoce, touchent à un certain hiératisme… si le plaisir survient, n’y voir rien d’autre qu’une dérive, passer son chemin jusqu’aux prochains coups de lattes, la prochaine stomb… la violence n’existe pas, même si Wang-le-man ne ressemblera plus à Wang-le-man et si on me demande pourquoi, à la manière de Vitelli : parce que je le dis – et dans mon jargon en propre : un coup de schlap. Les gonz’ qui râpent leurs strings sur les banquettes de Vitelli sont des défraîchies de la schneck, exceptée Lou peut-être, très Cassiopée sur talons hauts, improbable complexion marmoréenne, la supernova à déflagration débilitante taillée pour l’escorte plus que pour la passe et usitée par les pontifiants désireux d’esbroufer le kid de passage pour un deal : Lou à la répute d’être de celles qui taillent sans les mains, trayeuse experte, patron un minute maid séminal pour la 12. La louve justement hijack subtilement la trajectoire de mon regard avec son décolleté et remonte mes yeux dans les siens pour décocher un smile à 174°C : admirable flair de pute, sentirais-je déjà le succès à la thune alors que la gamine n’est pas encore lyophilisée dans le double fond ma valise ? Pseudo cène de crime : moi et Big Boy Balthazar et Frankie Quatre-dents et Tête de Schlass et TNT le Grec… juste une mise au point : messieurs nous n’avons pas le droit d’échouer… enfin, surtout vous.

2.6.06 00:00


Samedi 3 Juin 2006

Venelle, venelle : même pas mort

Les types qui ont toujours gagné sont les seuls qui n’ont pas de revanches à prendre. Affluence zéro dans le paysage apocalyptique offert par la ruelle qui donne sur l’arrière de chez le Don, silence où quand je tire une latte se déploie le bruit crépitant de ma cigarette, beaucoup de crânes ont explosé sur ce pavé ou claquent mes talons ducaux, empreintes ADN à base de micros bouts de matière grise, cervelles blastées à coups de 9mm… parfois des kisdés même… des pourris principalement : les ouailles de Big boy Slim, on aime blanchir nos cols derrière chez Vitelli, sous le regard bienveillant de Tonton qui sait siffloter juste la sérénade camarde à ses congénères souillés de pisse ; un peu plus tôt le nez sous six pieds de fumier, un peu plus tard, pile à l’heure, je crois pas que grand-chose en soit changé, je crois pas non plus que les ramasseurs de balles intéressent l’arbitre de chaise. Sur ma nuque l’acier glacé d’un canon de revolver, tous les poils de mon corps font la ola, clic fait le clébard et je me dis que des lambeaux de mon cortex vont bientôt tapisser le pavé, faire ami ami avec les résidus d’autres boîtes crâniennes accumulés ici au fil des âges farouches. Lorsque j’entends en lieu et place de la déflagration la voix de Pizzicato, sbire de Mammouth porté sur la bouteille et l’emphase, je me dis que Swatch est peut-être pas le seul grand horloger dans la place et vogue l’homélie qui ricoche sur mes tympans et me fait réprimer un rire de pitié : mon schlass éclair nuitée sectionne la veine hépatique de celui qu’on surnomme Dominos du côté de chez Mammouth et Margerita du côté de chez Slim, une full metal jacketed érafle mon trapèze, douille en silence ; je me prends à me demander s’il n’a pas eu quelque part les jetons de me descendre, acte manqué lopette staïle, Pizzicato n’avait sûrement pas les couilles, ou alors pas envie de salir sa veste, ce qui pour le coup est raté : en bas à droite cochée la case écarlate. Faire franchir le Styx à son protégé équivaudrait pour Mammouth à l’assassinat de l’Archiduc de l’archiduchesse et de ses chaussettes, mettre les mains dans le cambouis les y remettre et les ressortir bien crades c’est risquer de me mettre Slim à dos, et il me semble bien que Pizzicato a une gosse : je ramasse son Smith & Wesson et fidèle à la tradition qui veut que celui a vécu par le revolver périsse par le revolver, je laisse mon glock dans son étui et loge deux trois-huit dans l’occiput qui éclate comme un melon en me disant : 1. Un père comme ça, certainement pas une grande perte 2. Le confort de tir de mon gun est quand même autrement plus classieux que celui de cette daube américaine... et je balance le calibre. Rayer Mammouth de la carte du métro de Paname c’est aussi l’occasion de rentrer dans le crâne de tous les players de la place que je suis pas là pour faire de la figuration : ma clavicule me fait mal et je débande en considérant toutes les pelletées de merdes que je vais avoir à remuer cette nuit, en commençant par la visite chez le Doc’ aka Charal, ouais comme la viande, t’as tout pigé, « à peine une excoriation » est son accueil invariable, même si on t’a vidé tout le chargeur d’un kalach dans les côtes après t’avoir balancé du quatrième étage. Dessin de la silhouette de Vitelli à contre-jour, le don vient compter les points après la mitraille : Skandal vainqueur par KO dans la deuxième reprise, qu’on appelle un soigneur pour lui et un fossoyeur pour son adversaire. Rien à carrer qu’il arrive après la bataille, je serais bien naïf de croire que la Vittel est la pour surveiller mes arrières : dans le biz il ne prend pas parti, la ruelle c’est pas chez lui même si on y arrive par sa porte.

3.6.06 00:00


Dimanche 4 Juin 2006

Charal : une barbaque avariée

Immobile au sein du mouvement... être immobile au sein du mouvement n'est-ce pas la grâce ultime ? Stoïque face au Doc' au fond des yeux duquel on peut lire tant de luminescente platitude, intersidéralement vide est la conscience du boucher de la crim', encore que propre il exhale par tous les orifices un vice putrescent, un désamour impudique de la vie et le cynisme le plus rassis est chevillé à toutes les articulations de sa carcasse décatie de quarteron ashkénaze décadent : il s’est tellement torché le cul avec son serment que depuis qu’il l’a prêté Hippocrate a pas du s’arrêter une seconde d’enchaîner les triples axels et les doubles boucles piquées entre ses quatre planches. Stoïque face à Charal j’ai du mal à rester, acier fouillant la chair, alcool la cramant comme un traînée de napalm sur un village viet : rien de tel que la douleur pour nous rappeler qu’on a un corps était la devise de mon daron. "A peine une excoriation", oui bien sûr sale fils de pute, je sais pas ce qui me retient de clic glock te faire la même et voir la gueule que tu trouverais à tirer, on achève bien dans le death row alors pourquoi pas goûter ta propre médecine chevaline charlatan. Doc’ fait un beau paquet cadeau en écharpe à mon gaucher et ses yeux de mérou dans le coma ne brillent même pas d’une vague lueur quand je lui jette deux trois verts à la gueule ; deux quarts de lexo plus un demi et un entier pour faire passer le tout noyé dans un verre de gin et Charal retourne taper une brasse dans la solitude de son pieu. J’aurais pu finir ma nuit dans un body bag, que Ta volonté soit faite je reste bien ancré dans mes pompes et rien de tel que de se mettre une grosse race pour décupler l’efficacité des antibiotiques pas automatiques : ça vibre au loin quelque part près de la fente de Vicky-vick l’unique qui décroche et prends note que la descente d’une ou deux bouteille en mémoire du baltringue Pizzicato s’impose au sein d’une tournée plus ou moins ducale à la fin de laquelle deux petites cuillères seront bien vues pour nous ramasser. Je lui promets qu’elle trouvera quelque part un type, un gosse stupide à coups de speed, pour distendre ses petites et grandes lèvres mais je lui garantis pas qu’elle sera demain en état de s’en souvenir : l’amour se cache parfois très sous des tonnes de peuples anéantis et prend par espièglerie la forme d’une petite goutte de sperme sur le bord d’une chatte dilatée par trop de fougue attendant d’être lapé par mégarde avant de passer d’une bouche à l’autre dans un ballet muqueux interminable… et le lendemain on recommence sans même savoir qu'on a aimé.

4.6.06 00:00


Lundi 5 Juin 2006

Z : mythographie d'un branque

Etrange avènement d’une lourdeur et d’une tristesse de mangrove sur la masse des corps échoués dans le club, tatasse se trémoussant au ralenti dans la flaque de vomi d’une tarlouze en manque de xanax : come on darling tu peux mieux faire, et là-bas au fond les messieurs te regardent toi leur dernier espoir de gicler au chaud à peu de frais, danse, bouge ton body, fais-le pour eux, pour ton public. Un banc de princesses fraîches en direct du neuf-deux huppé débarque et prend le dancefloor d’assaut, improbables béotiennes rapidement encerclées par un troupeau de queutards épilés en mal de juvénile cyprine : je casque le Feuillate pour une des miss qui me demande ce que j’ai au bras, poupouf rigole quand je lui dit qu’on m’a allumer au Smith, je jaunis son rire de teenage de base en faisant entrevoir mon glock. Vicky-vick et moi nous arrachons, fendons la foule statique avant l’inéluctable suicide collectif dans la plus pure tradition du temple solaire, j’ouvre le passage pour ma viking armée jusqu’au 90C, assez de speed pour lancer en orbite géostationnaire la moitié des noctamputes de Paris : le plan de vol est clair qui nous embarque vers la boîte de Z, Corse de pacotille qui mitonne en spécialiste, tisse sur ses connexes du Vésuve, la Camora, sur Ignasevitch le baron du pétrole de la mer Caspienne et ses cent-cinquante gardes du corps, alors que le plus miteux des gouapes sait qu’il baisserait son froc plein de diarrhée si une petite frappe du milieu lui montrait le bout de calibre déchargé. Z plus de bras qu’un dieu du Gange vif comme un électron, homme de paille pourtant, pousse en me voyant des cris d’orfraie sous kétamine, s’attendait à ce que je porte plutôt un costume en sapin, comme une bonne partie des raconteurs du biz : Mammouth radio on connaît la fréquence, allo Citizen Kane, un reporter est tombé au front, flash spécial ? T’inquiètes, la rumeur court plus vite qu’une biatch poursuivie par Guy Georges, toi même tu sais. Z, gueule de nuisance, tellement laid qu’il faudrait le flouter lorgne sur Vicky-vick, enroule sa langue autour de la mienne pour le calmer, son souffle acide de femelle millénaire court dans mes veines comme un shoot de blanche-neige et fout en l’air la coagulation de mon sang autour de ma déchirure de gangster, je sens les globules uriner contre le pansement bâclé de Charal : Z ! met m’en un autre avant que mon bras se fasse la malle. Une frappe qui a trop joué du surin avec les mauvais garçons promène sa balafre le long des artères jusqu’à la Vickaille dont on sait qu’elle a toujours mouillé pour les gouapes un peu minets, le gosse providentiel qui ne me fera pas mentir glisse sous la culotte un doigt dans la fente pendant que Vicky traîne sa langue sur la cicatrice : Scarface au bras et au boul elle file vers la clarté de tungstènes des chiots sous le regard abattu de Z qui enquille la pillave pour oublier. Une putain luxueuse vient le consoler et j’hérite de son binôme monté sur un mètre de talons et c’est bien là la seule chose, avec son tarif, qui la différencie à mes yeux de ma main droite : go play babydoll, aucun type de bourse à vider, et Z ! met m’en un autre avant que mon putain de bras se fasse la belle.

5.6.06 00:00


Dimanche 25 Juin 2006

R. Kelly

Hommes et femmes aujourd'hui sont très peu différenciés. Le mystère de l'éternel féminin n'apparaît plus que comme une vaste fumisterie et c'est à coup de magazines que les sexes tentent de se démarquer. Il n'y a plus ni inconnu, ni aventure, ni surprise. A terme l'errosion des différences mènera à l'avènement d'une sorte d'unisexe qui sonnera vraisemblablement la fin de l'art. C'est pourquoi, si je comprends le féminisme, je ne peux m'empêcher de le mépriser.

5.6.06 00:00


Pornographie

Industrialisé, le porno est par essence la vente de soi, mais lorsque cet acte marchand est transcendé, lorsque sortant d'une logique commerciale pour rentrer dans une logique de plaisir reçu et donné, l'actrice procède à un don de soi, à ce moment précis, surgit la beauté de la pornographie, celle que depuis longtemps j'essaye de pointer du doigt et qu'il m'arrive parfois d'entrevoir.

6.6.06 03:04


Football

Il apparaît que ne pas aimer le football ce n'est pas seulement se voir priver de toute une batterie d'émotions, c'est aussi resteindre le champ de sa perception du monde. 

6.6.06 03:07


Citation

"Pourquoi mes parents m'ont-ils abandonné ? Pourquoi m'a-t-on retiré mon identité ? Pourquoi les mensonges de la DDASS quand je recherche cette identité ? Pourquoi ne s'est-on pas penché sur mon cas après ma première incarcération, puisque je présentais une certaine dangerosité ? Pourquoi ai-je été condamné à 10 ans de réclusion à Nancy en 1984, en deux heures et demie, délibéré compris ? Pourquoi ma folie meurtrière commence en 1991? Pourquoi on m'arrête pas en 1995 ? Pourquoi, quand on m'interroge sur mon CV, on s'arrête à 18 ans, et que les 20 autres années sont racontées par d'autres ? Pourquoi je suis devenu ce tueur implacable ? Pourquoi alors est-ce que j'aime passionnément mes amis, mes petites amies, ma famille, pourquoi est-ce que je suis capable de plaisanter ou rire quand je souffre ?" Guy Georges

 

6.6.06 03:09


Mardi 6 Juin 2006

Au bout de la night : un songe lyrique

Affublé de la Vick je titube poivrot sur les quais en quête de communion avec la nature je crois bien, et plus central que l’univers je sens que suis le rouage du monde, l’ultime clé : un canard poursuit une canne, un pigeon gerbe dans la Seine, un chien renifle sa merde, je suis Dieu. En guise de gangster je sais n’être que le résidu de mes amours adolescentes, en manière de grand singe un fedayin urbain à tendance narvalo-névrotique quoique aspirant à la grâce. En équilibriste sur le pavé avec ses aiguilles Chanel des Puces de Saint-Ouen, Vicky-vick se viande et avec elle je me ramasse, nous sommes, étalage de barbaque avinée, vivants comme deux langoustes, une corneille insomniaque flap flap décolle d’un hêtre comme un présage de fin du monde imminente : le premier cavalier de l’apocalypse chevauche une Vespa grand style et manque de nous renvoyer à la poussière d’un coup de gomme, les trompettistes de Jéricho entament dans le lointain un blues asthénique. Une pédale qui zonait nous tend une main secourable et des yeux qui disent qu’il me taperait bien dans la lune, pas d’humeur à tarlouzer je déflagre en décibels, plus sauvage qu’un chacal, que nous vénérable piétaille continueront jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle contre Venzémaré : effroi du Samaritain qui nous croyant simplement chirdés nous découvre fous et prend la tangente. Aux lovers des profondeurs englués dans une étreinte apnéique à l’inéluctable issue séminale, là-bas sous la passerelle Solferino dans les effluves de pisses métissées, je dédie un De Profundis interprété magistral à la gueule nue : Vicky-vick flotte dans les limbes comme une sylphide nucléaire sur le retour, faune de base affalé sur mon dernier banc de granit, plus fly que jamais, je m’injecte le spectacle de ses circonvolutions aériennes direct dans les pupilles, tango argentin avec le vide… flirt avec les eaux marronnasses en attendant qu’une crue monstre de la Seine nous engloutissent… sinon à quoi servirait – comme disait toujours ma petite sœur – de vivre tout le temps, H 24 sur la border line ? A quoi ?

6.6.06 22:31


Mercerdi 7 Juin 2006

Dans la clarté d'un crépuscule d'été

Drôle, je ne me croyais pas en ce moment si vulnérable - impressionnable ? je ne sais pas le bon mot - je me voyais très loin, détaché de ces contingences en somme. Elle fut un joli rafraichissant rappel à l'ordre. Pourtant je reste loin, d'ailleurs c'est sûrement uniquement parce que je n'ai jamais été aussi loin qu'elle m'a tant touché (salvatrice ambivalence du mot). Que suis-je toujours à rechercher dans cette jeunesse ? Les émerveillements innocents et complices que n'a pas connu la mienne ? J'ai du attendre l'été de mes vingt-et-un an pour vivre un amour adolescent. Il occupe dans mon histoire une place à part puisqu'il s'intègre à la très courte liste des relations que je n'ai pas regretté d'avoir vécues. Je me souviens m'être vu demandé dernièrement si je n'ai pas l'impression de manquer des choses à prolonger ainsi mon isolement. J'en ai fini des "impressions", je sais que je ne rate rien. Il n'y a pas grand chose de plus beau et gratuit que ce moment dans la clarté d'un crépuscule d'été et je n'ai jamais connu plus grande sérénité.

7.6.06 23:40


Jeudi 8 Juin 2006

Je n'ai jamais su au juste si j'étais d'avantage stylisticien ou conteur

Se défaire du vice de la glose ? Oh non pas tout de suite. Je suis pour ça trop fatigué et surtout je manque de temps. Je repense soudain à Faulkner et à cette façon qu'il avait, alors qu'il était en train de rédiger l'époustouflant Tandis que j'agonise, de présenter son projet comme un "tour de force". Et de la force oui il en fallait pour arriver ainsi à une telle maîtrise de la polyphonie. La distance et la lucidité nécessaire pour effectuer un tel commentaire sur une oeuvre en cours de rédaction m'a à la fois sidéré, amusé et impressionné. Je relis par fragments les presque dix mille mots de la fiction que je développe ici depuis la mi-mai et je me rends que j'ai stylistiquement explosé les limites de mes modestes ambitions. J'ai la sensation de tenir quelque chose, même si j'en ignore encore l’ampleur. Si j'ai pensé à Faulkner, c'est que je pense moi aussi être en train, à mon petit niveau, de réaliser un tour de force, même s'il est stylistique et non narratif comme celui de Tandis que j'agonise (les qualités de Faulkner en matière de style ne sont, elles, pas à démontrer et je le tiens pour un des meilleurs manieurs de la langue anglaise). Ce que je constate dans mes relectures c'est que je parviens, en me faisant violence et en faisant violence à la langue dans sa syntaxe même, à distiller de manière homogène un style extrêmement dense; car pour la première fois j'écris une fiction comme j'écrirais un poème, avec la même minutie, avec la même exigence, avec la même volonté d'aller vers le problématique et contre ce qui va de soi, et surtout sans complaisance langagière ou artifices (en tout cas le moins possible). Bien entendu, placé dans cette optique, il est évident que tout ce que j'ai déjà rédigé ne peut-être considéré que comme une ébauche, un premier jet qui devra être travaillé et retravaillé d'innombrables fois. Une chose m'effraie toutefois, c'est d'aboutir à un ensemble privé de fluidité. Peut-être est-ce là le prix à payer mais ce genre de tarif me semble bien élevé.

8.6.06 22:56


Vendredi 9 Juin 2006

9.6.06 00:00


Samedi 10 Juin 2006

Vers l'Autre

La figure du patriarche siégeant entouré de tout son clan. A mesure qu'il se racorni, vieillit, quitte la force pour l'impotence, la vie pour la mort, cette famille à l'origine de laquelle il est et qui tout entière lui rend hommage, croit et étend son emprise, se développe en se soudant autour de son fondateur. Celui-ci peut alors envisager sereinement sa prochaine mort. Tribalité, animalité. Simplicité. Il y a là quelque chose de tellement simple et naturel que ça en devient pour l'homme moderne déconcertant. Ces schémas, ces valeurs tendent à disparaître dans notre société, l'humain cherchant à se désolidariser toujours plus de l'animal. La prochaine étape est semble-t-il celle de la transhumanité, cet homme optimisé par le génie génétique et les nano-technologies. L'homme à tué Dieu. Que lui restera-t-il à faire une fois qu'il sera devenu Dieu ? S'éteindre paisiblement ?

Il ne faut pas avoir peur ni résister face à l'inéluctable. La meilleure posture est celle de celui qui observe, pas de celui qui juge.

10.6.06 00:00


Dimanche 11 Juin 2006

Endoparasitisme ?

Qu'est-ce qui fascine aujourd'hui dans la figure du tueur en série ? Au-delà de la récente et très inégale iconographie du serial-killer offerte par le cinéma, le vrai tueur, celui qui existe en dehors du champ de la fiction provoque effroi et attrait, comme la figure du bandit d'honneur des années 70 provoquait respect et admiration. Est-ce le caractère rituel et sexuel de ses meurtres qui en leur conférant une aura quasi tribale et magique les déporte dans une sphère de l'inintelligible, en dehors d'une violence "simple" dont nous nous désintéresserions ? Est-ce leur rôle de prédateur pour une espèce qui n'en connaît plus qui en appelle à un respect ancré au plus profond de notre animalité ? Est-ce parce qu'il sont lincarnation de dysfonctionnements sociaux qui finissent par se retourner contre ce corps social qui les a engendrés, la preuve finalement d'une justice immanente et inéluctable via une série d'injustices aveugles et cruelles ? Souvenons-nous des mots de Guy Georges. S'ils ne témoignent d'aucune honnêteté, ils n'en comportent pas moins une certaine vérité.

11.6.06 00:00


Lundi 12 Juin 2006

Onirique ta mère

"Fais la cliquer!" Drôle de manière de pour une fille de parler de sa schneck. Drôle aussi de rêver qu'on doigte sa cousine même quand celle-là est plutôt sexy.

13.6.06 00:00


Mardi 13 Juin 2006

Evolution (better call all the ships)

Il semblerait qu'à terme l'orgasme féminin, dépendant d'un gène récessif et ne jouant aucun rôle dans la survie de l'espèce, soir amené à disparaître. A partir de ce moment-là, je pense qu'on pourra commencer à discuter.

Ou pas. 

13.6.06 20:47


Mercredi 14 Juin 2006

Weltmeisterschaft  

Pour mériter de gagner une Coupe du Monde, il faut plus qu'une équipe, il faut une histoire. C'est là que se situe la principale différence avec la compétition soit-disant plus relevée qu'est l'Euro.

14.6.06 22:57


Jeudi 15 Juin 2006

Une revue de presse c'est si simple

"Pour se désintoxiquer de leurs vices, les déviants sont incités à une addiction plus puissante encore. Ils assistent à des projections de films pornographiques et sont contraints d'imaginer les viols, pénétrations, caresses intimes, crimes ou cruautés qui les excitent le plus. On ne leur interdit rien, on se met en quatre pour servir leurs demandes et enfin on les encourage autant à se masturber qu'à avoir des relations avec des "partenaires" embauchés par la clinique, cela afin de leur inculquer des conduites dites normales."

Voilà une cure qui si elle n'a pas le mérite d'être efficace a au moins l'avantage d'être ludique. 

15.6.06 23:59


Vendredi 16 Juin 2006

Le monde selon Terry : enfin une note intéressante pendant la coupe du monde

Une bonne photo de Terry Richardson a pour moi le même pouvoir suggestif qu’un roman. Il y a un tel parti pris esthétique, un univers si affirmé, qu’on y attache immédiatement une saynète, à laquelle peut venir se coller une histoire puis encore un background. La photo de Terry, c’est toujours la rencontre de deux mondes censément étanches, l’instant où le fantasme contamine le quotidien, pénètre le plus banal des décors, la plus triviale des situations ; c’est une sorte de face caché d’Hollywood, pas le revers de la médaille, juste l’autre côté du miroir, et ce en bonne partie grâce à une bonne vieille merde argentique japonaise du milieu des années 90, un appareil photo comme celui qu’on emmenait en colonie de vacances : le dépositaire du fameux style snapshot. La photo Richardson c’est l’avènement de l’improbabilité que Chloé Sévigny apparaisse topless dans ta cuisine au moment où tu la prenais en photo pour montrer ton nouvel appart à ta mère qui habite à X kilomètre ; ou encore ta meuf en pull miraculeusement remplacé par un top en bikini au moment où tu la prends en photo dans la soirée d’un pote de pote dans un appart du onzième. Richardson c’est aussi une photo à forte charge sexuelle, une photo érotique par sa représentation d’un sexe non consommé (et donc non consommable) et pornographique par la crudité du réalisme et la négation du plaisir : c’est un sexe provocateur et dérangeant parce que désillusionné, désesthétisé, nu, presque un peu crade. Si j’aime tant les photos de Richardson c’est parce qu’elles participent de la création d’une femme idéale du xxième siècle : belle comme un top, vraie comme ta cousine, trash comme ton dernier pote punk, sexuelle comme une lolita impudique et sexué comme un bout de plastique.
16.6.06 12:43


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