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Mardi 1er Août 2006
Et la tête ek ek ek... Au courrier des lecteurs aujourd’hui, Bradley Angelmont qui nous écrit de la Drôme nous demande si Lara Stevens, évoquée dans l’épisode cinq de la première saison en date du vendredi 19 mai, est une parente de Jean-Pierre Stevens. Et bien Bradley, après recherches je suis en mesure de te dire que Lara Stevens est la petite nièce par alliance de Jean-Pierre, lequel doit être bien fier de la carrière de Lara, la fille de la nièce de son cousin par alliance, qu’il ne manque pas, j’en suis sûr, de surveiller de là-haut. Tibor Miquel-Peyrelade de la Nièvre, pour sa part, souhaite savoir ce qui a poussé Aurora Snow à se teindre en blonde. Tibor, après avoir essayé de joindre en vain ta star préféré, je me suis retourné vers son agent qui m’a informé qu’elle est actuellement en vacances chez sa grand-tante dans l’Iowa et a refusé de faire le moindre commentaire quant au revirement capillaire de sa protégée. Enfin, Jesus Mousselard nous écrit de l’Allier parce qu’il s’inquiète de ne plus voir arriver dans son vidéoclub favoris de nouveaux films de Mary Ann. Jesus c’est avec un profond regret que nous t’informons que Mary Ann a récemment mis un terme à sa carrière après avoir rencontré l’amour en la personne d’un chauffeur de limousine engagé par sa maison de production. Par ailleurs Claire Robbins a également décidé de se retirer définitivement du monde du spectacle, mais n’a pas souhaité nous fournir de plus amples détails. Toutefois il convient de ne pas céder à la morosité, les stars de demain frappant déjà ardemment au portillon, à l’image de Sasha Grey au sujet de laquelle nous recevons déjà une somme considérables de lettres. En attendant, comme dirait Christophe, gardez la pèche ! |
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Mercredi 2 Août 2006
Campagne
On revient de tout. Aussi de ça étais-je revenu, camé jusqu'au gésier, palatalisant à tour de langue les plus improbables consonnes tant ma bouche me faisait l'effet d'être d'un grand huit dont le machiniste a perdu le contrôle. Quelle entraille avait-elle extraite de ma cage thoracique que je cherche ainsi par tous les moyens à retrouver sa trace dans les mondes et les souterrains ? De vaporeux, incertain et infixé, elle avait tout, et dans ses yeux et dans ses veines courait la même aménité. Je tenais à me souvenir vaguement de ses jambes, de ses lèvres phagocytant tout son visage surtout. Achille, qui selon sa mythographie avait été taulard à Medellin, disait toujours, à ceux qui lui prêtaient imprudemment l'oreille, que rien n'est plus insipide que l'infini. Semblait-il, la perspective du terminus qui l'avait tétanisé malgré tout, venait me gagner, à sa façon différente, invariable pourtant. De vaporeux, incertain et infixé, il ne pouvait subsister que son absence, son filigrane plutôt, tant l'idée d'elle ne parvenait à se détacher de l'horizon quelconque. Elargi au coeur de la ville embrasée, le festival me pénétrait de ses bruits, son sang de festival alimentait mon corps de non-vivant, et de la lacune persistait l'insaisissable sens. On revient de tout, c'est sûr, mais revient-on de partout ? |
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2.8.06 00:00 |
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Jeudi 3 Août 2006
Easily Capucine Tu es, malgré toutes tes conneries, l’estimation de mes chances de survie. Ma Capucine, ta patience de sépulture, la nuit de ton regard glauque. Avant toi ce n’était pas vraiment vrai ; après toi ce n’est que des couches de merde en plus sur le papier peint et des abeilles de plus pour gâcher les petits-déj’ au soleil. Je ne baiserai plus, je me laisserai embrouiller part le fracas de canicules inespérées. Allongé sur le manque de consonance de mon avenir, je me contenterai de renifler tes petites culottes sales (je dis sales par commodité mais ce qui sort de toi n’en sort pas sale). Je ne lècherai même plus, non plus de chattes pour moi. Je vivrai dans le souvenir de la tienne. Me suffira tous les jours, je dis bien chaque jour que Dieu fait, de ressusciter, tous les jours jusqu’au moment où le reste de l’humanité aura cessé de respirer. Tous les jours neuf comme un Christ. Et si nous avions décidé d’exister ? Tout, je le sais, n’aurais été qu’étroitesse et murmures, souffles tandis que nous nous serions comportés humainement, avec candeur et simplicité. Baisant et suant, dormant dans nos draps sales et mouillés pour se réveiller moites au milieu d’un après-midi de lune. Nous ne nous serions pas lavés, à peine rincés. Au lieu de ça, sommes des morts-vivants, des buildings, des admnistrations-secrétariats, des épicéas en plastique, des fast-foods, des stations de métro fantômes, des sacs plastiques dont la poignée craquera avant d’arriver à la maison répandant les courses sur l'asphalte. Nous ne sommes pas des maisons, mais peu ou proue toutes choses susceptibles d’évoquer les limbes sans l’être. Seule toi, tu es au monde ce que l’arabe des rues suffocantes d’Algérie est à l’arabe littéraire : un répit. Ma Capucine, si tu étais une pièce dans un appartement parisien, tu serais ma chambre. |
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3.8.06 00:00 |
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Vendredi 4 Août 2006
Paul-Marie Lachaze et le fléau de l'eurodance Alors advînt ce qu'il eut cru jusque là impensable : Tancrède se mit à aimer tant et si bien Aurora Snow qu'il ne fut plus en mesure de la regarder se faire défoncer par d'autres. Plus sérieusement, qu'est-ce qu'on fait quand la fille à visage d'ange sur laquelle on porte le regard attendri de Paul sur Virgnie vous demande de la sodomiser sauvagement ? Parce que c'est facile de faire de mariole et de parler de chatte à tout bout de champs, mais un mot aura toujours face à une bite le désavantage de n'être qu'un mot. A moins que ce ne soit justement un avantage. Comment survivre à la douloureuse, féconde et excitante dichotomie du regard pur de l'adolescente quand se met à scintiller cette lueur de perversion ? Quelle manière d'aimer ? Qui en nous pour aimer ? Dans quelle unité se fondre ? Dois-je enfin chercher à tuer en moi la bête que la lueur a réveillé ? |
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4.8.06 00:00 |
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Samedi 5 Août 2006
Pays bah de rien Tout cela finalement n'est qu'une question de pente et de coeficient de glisse le long de celle-ci. C'est aussi une question de cercle plus ou moins vicieux dont on ignore quand ou si il sera brisé. C'est une question d'amplitude attitudinale qui va de la douceur de l'agneau à la cruauté de l'abatteur en passant par l'indifférence du boucher. C'est aussi peut-être qu'on trouve quand même beaucoup plus d'occasions de donner des coups de surins que de chevroter béatement. C'est surtout très bête et un sacré gâchis. |
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5.8.06 00:00 |
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Dimanche 6 Août 2006
Un ensemble de filins en titane dans ton cul, c'est ça l'esprit Bondage Inc. Sorte d'énigmatique teenage batave paumée parmi la profusion des machines elle était. Au sein d'une foule d'autres détails j'avais noté la saillie de ses omoplates et sur ses bras la dépression au niveau de la jointure de son muscle deltoïde et de son biceps, qui indiquait que bien qu'atteignant facilement le mètre soixante-dix, elle ne devait pas dépasser les cinquante kilos. Dans le fracas des canons et des cymbales elle traînait son sourire de gamine qu'elle taillait dans une bouche au dessin improbablement parfait : une lèvre supérieure plus pulpeuse que l'inférieure et deux incisives qui s'inscrivaient exactement en leur centre. Peu de gens, de fait, sont à même d'apprécier ce qu'il y a de formel, académique, numérique serais-je tenté de dire, dans la beauté. Mais cette bouche là ne voulait se contenter de respecter la forme, elle tenait à la transcender, et pour ça la lèvre supérieure dessinait un arc aux angles inhabituellement élevés, ne montant pas plus haut, montant aurait-on dit plus brusquement. La saison était estivale et le soleil l'avait légèrement hâlée, donné un ton plus chaud à sa peau et plus froid à sa blondeur. L'alignement parfait de ses dents à un âge où on se trimballe généralement un arsenal de quincailler sur les chicots, achevait de prouver qu'à un point de vue purement plastique, cette adolescente là avait été largement bénie des dieux. |
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6.8.06 00:00 |
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Lundi 7 Août 2006
Philomène / Mitochondrie / Halakha Nous étions alors à la croisée des chemins. Et s'agissait-il pour nous d'écrire désormais notre propre mythe ? Fulvio était sec comme la paille et de moi non plus il ne sortait plus rien. Beaucoup de choses déjà sur nous avait été dites mais pour les aigles blessés que nous étions, cela ne pouvait, ne devait être suffisant. Esther avait été retrouvée non loin de là, en lambeaux décomposés, par un vagabond phtisique qui n'avait plus de nom. Je n'avais pas essayé de consoler mon compagnon : on ne tente pas de reconstruire une maison ravagé par les flammes avec ses morceaux de poutres carbonisées et ses cendres. Cela pourtant ressemblait plus à une fuite qu'à un pélerinage... avec cette impression toujours de marcher sur son ombre. Un proverbe local nous avait appris que vivre au bas de l'apic était le seul moyen de voir sur soi pleuvoir les femmes. Lui qui les avait toujours aimées ne comprenait pas que je n'ai accepté de me commettre qu'avec celle qui leur était la plus dissemblable. Elle, Ambre, malgré sa parfois dérangeante évanescence, n'avait, je le sentais, pas perdu notre trace. L'abîme entre nous avait mille significations que ne perturberaient, ni pour elle, ni pour moi, les aboiements sporadiques de ces chiens que l'on conduisait aux abbatoirs de Brindisi. |
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7.8.06 00:00 |
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Mardi 8 Août 2006
Herméneutique / Pelvienne / Terpsichore Ce qu'il y a de formidable dans l'amour vrai, c'est qu'il dure toute une vie. Il change bien sûr dans sa forme, mais pas dans son essence et ne s'éteint que lorsque la mort emportent ceux qui s'aiment. Le premier puis le deuxième, puisque tant que l'un des deux respire, l'amour vit en lui. L'amour, quelque part, le vrai, est comme une voiture très solide qui chemine inlassablement le long de la route de la vie. Et lorsqu'arrive l'heure pour le moteur de rendre l'âme, même si la voiture est toute rouillée, défoncée, crevée, pourrie, plus qu'une vulgaire épave, le fantôme de la cylindrée flambant neuf qu'elle fut, même tellement déglinguée qu'un vagabond ivre refuserait d'y dormir une nuit de novembre, elle reste une voiture, et c'est là toute la beauté de la chose. Après, bien sûr, il y aura toujours des rabat-joie pour venir s'enquérir de l'intérêt qu'il y a à rouler dans une telle épave. Et bien laissons les rabattre la joie, car en vérité, je vous le dis, ils ne sont que des aveugles qui marchent sur le bord de la route sans voir les splendeurs de ce pays de cocagne et au fond de nous, nous savons qu'ils sont à plaindre. |
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8.8.06 00:00 |
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Le tableau aurait-il eu la postérité qu'on lui connaît si au lieu de s'intituler L'Origine du monde il avait été titré : La Grosse chatte poilue ? On est en droit de s'interroger. |
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8.8.06 17:36 |
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Mercredi 9 Août 2006
Heptaméron / Véhémence / Matriochka Peut-être s'agissait-il de commencer à avoir peur de la mort, cette mort qu'à mesure que nous avancions, longeant la glèbe, nous sentions se matérialiser, devenir plus palpable. Un chasseur croisé lors d'une halte nous avait invité à sa table où nous avions partagé sa venaison. Son fils, nous avait-il appris, avait été tué en essayant de rejoindre le Nord, celui même que nous cherchions à rallier. Nous avions préféré lui cacher notre identité, pas tant par manque de confiance que par besoin de se désolidariser de ce qui avait été fait de nos noms. Ceux-ci, de toute façon, ne nous appartenaient plus depuis longtemps. Quand Fulvio et moi avions compris qu'un nom est comme la corde, qu'à trop en faire l'emploi il s'use, nous nous en étions inventé une batterie d'autres, faux, pour préserver les vrais. Mais comme la corde usée que l'on remise, nos noms n'en avaient pas pour autant retrouvés leur substance. Claire, adolescente furtive et scintillante dans le crépuscule, je l'avais nommée Ambre ; Elisaveta, Fulvio l'avait baptisé Esther. Il avait longtemps dit à ceux qui voulait l'entendre que depuis elle ne se retournait plus lorsqu'elle entendait Lisa. A moi, il avait dit que si l'on peut nommer poisson un chat, il ne se mettra pas pour autant à nager. |
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9.8.06 00:00 |
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Jeudi 10 Août 2006
Matricule / Histrion / Erectile Quelques heures plus tôt, Tancrède est assis face à une coupe de mauvais champagne ; désœuvré. A deux tables de là, un serveur parle de la Bretagne à un vieil homme laid et rabougri devant lequel est étalée une dizaine de feuillets couverts de pattes de mouches inégales. Lui qui ne supporte pas les Bretons se sent sombrer plus profondément. Il regarde les bulles d’or s’enfuir de sa flûte restée intacte et, régulièrement, émergeant du brouhaha lui parvient la voix d’un homme occupé à porter régulièrement divers toasts. - C’est la douzième fois qu’il trinque depuis que la partie a commencée. Tancrède regarde à sa gauche l’homme qui vient de lui parler. C’est un métis dégingandé au crâne méticuleusement rasé qui trône face à une pinte de Guinness au trois-quart vide. Tancrède que ces mots ont sorti de sa torpeur, regarde à quelques mètres de là le trinqueur en série. Il affronte aux échecs un quadragénaire qui porte une chemise blanche noircie au col. Le métis reprend, toujours sans regarder Tancrède : - On l’appelle l’homme qui trinque. Il joue aux échecs ici tous les soirs. Avant chaque coup, il porte un toast parce qu’il ne sait pas quoi jouer. Il perd à chaque fois. Il n’a jamais battu personne ici et il raconte son histoire à tous ceux qui jouent contre lui. Il y a trois ans, sa femme est partie avec son shit et il n’arrive toujours pas à savoir si c’est sa femme ou son shit qui lui manque le plus. Alors, pour tuer le temps, il boit et il joue aux échecs ; très mal. Tancrède s’attarde sur l’homme qui trinque et détaille les traits de son visage. Et en lui-même, il rend son verdict : insignifiant. Puis il se tourne vers l’homme à sa gauche et, las de tous ces gens qui lui adressent la parole sans qu’il ne leur ait rien demandé, il lui dit : « J'en ai rien à calter. » Le métis fini sa pinte d’un trait et, ses longs segments s’animant sans fluidité, quitte sa table. Avant de sortir, il se retourne vers Tancrède et dit : « Je suis sûr que vous, il vous battrait. » Tancrède appelle le garçon. « La prochaine fois que je vous commande du champagne, évitez de me refiler de la pisse de chat gazéifié. Maintenant prenez ça (il lui fourre un billet de cinquante euros dans la main) et ramenez-moi ce type-là avec son jeu d’échec. Faites comme vous voulez, débrouillez-vous, je le veux ici avant cinq minutes. » Il regarde le serveur parlementer avec l’homme qui trinque et son adversaire, il les voit se tourner vers lui, puis l’homme qui trinque se lève et le rejoint, suivi du garçon qui porte le jeu d’échec. La partie commence. Tancrède prend rapidement l’ascendant. Son adversaire met une éternité à jouer chaque coup et trinque systématiquement pour gagner du temps. Il lui raconte aussi l’histoire de sa femme partie avec sa réserve de shit. Bientôt Tancrède lève la tête vers lui et dit : « Mat en six coups. » L’homme ne prend pas le temps de vérifier et couche son roi. « Si ton shit te manque autant que ta femme c’est soit que t’avais du très mauvais shit, soit que t’avais une femme hors du commun. Sur ce, bonne absence de continuation. » |
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10.8.06 00:00 |
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Vendredi 11 Août 2006
Immatérielle / Dune / Epinéphrine En gros : une bûche de chèvre dans le cul. Et fuck firefox ...profond De toute façon c'est trop le bordel ici |
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11.8.06 00:00 |
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Samedi 12 Août 2006
Millycent / Toxine / Pal Il avait de nous été dit que nous étions hommes de peu de foi. La vérité était que nous n'en avions aucune, bien que notre première rencontre ait eu lieu dans une église. Si Fulvio était autre que moi, il n'était pas étranger à moi. Les mains étaient autant miennes que siennes et du reste de la chair ainsi il en allait. Le pied duquel il avait poussé sur la sente poussiéreuse la villageoise en prière à l'entrée du hameau, les doigts avec lesquels il avait fouillé son sexe, le bras avec lequel il l'avait battu, les oreilles que de ses cris elle avait percées, nous les partagions. La main de laquelle il avait tenu la lame sous la gorge d'Esther, j'avais caressé la poitrine naissante d'Ambre avec. Dans la maison de mon frère, Fulvio avait élevé la voix un jour. Dans la maison de mon propre frère. |
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12.8.06 00:00 |
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Dimanche 13 Août 2006
Cratyle / Métempsychose / Lubrifiant
A Fulvio j’avais dit comment à force de voir son existence niée par tous, mon frère avait fini effectivement par disparaître. Il n’était pas de ceux dont on se demandait s’ils étaient toujours vivants, il était de ceux dont on se demande s’ils ont jamais vécu. En élevant la voix sous ce que je croyais avait été son toit, Fulvio avait ébranlé mes dernières certitudes, je ne savais plus depuis si je n’avais fait qu’imaginé ce frère, si ces noms que je lui avais donnés recouvraient quelque réalité. Ces signifiants sans signifié étaient commodités pour l’idée de celui dont personne n’avait retenu le possible nom. S’il était au monde, il y errait probablement sans identité et, si peu sûr de sa propre réalité, il n’oserait certainement jamais partir à sa recherche. Je remarquai que sur un point nous étions différent, Fulvio craignait bien plus l’oubli que la mort. C’était à la pointe du couteau avec lequel il l’avait égorgée que partout il gravait le nom d’Esther.
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13.8.06 00:00 |
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Mardi 15 Août 2006
Banyan / Pituitaire / Ménechme Certainement nous savions ne pas être de ceux qui cherchent, mais bien plutôt de ceux qu'on cherche. Et notre vie n'était que le temps passé dans la projection de tout ce qui avait été dans entrepris dans ces quêtes multiples dont nous ne pouvions rien savoir. Fulvio se plaisait à me dire les "succès", que je ne pouvais nommer ainsi, et comment leur route était bordée de la multitude des échecs et des rendez-vous manqués. Il n'était pas fait de ce bois qui fait croire au destin et ne se lassait pas de me railler sur la fatalité et ce qu'il appelait mes accointances avec elle. Parce qu'il n'était que force et aisance, nature en somme, parce qu'il suintait le génie sans que s'y mêle une goutte de sueur quand je construisais mes victoires avec l'application et l'acharnement d'une âne stupide mais déterminé, la legende nous voulait ennemis, voulait qu'il me méprise tandis que je le haïssais. Nous en riions parfois, quand nous y avions le coeur. |
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15.8.06 00:00 |
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Lundi 14 Août 2006
Suce / Ma / Bite Et oui, une semaine de titres au format mot slash mot slash mot pour en arriver là. Le pire étant que je savais dés le deuxième jour que ça se terminerait comme ça. Trois mots, pas plus. Trois mots que j'ai adressé à deux personnes dans ma vie : une fille et un vieux avec lequel j'échangeais des insultes dans la rue. Dieu merci, seule la fille s'est exécutée. |
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15.8.06 04:19 |
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Mercredi 16 Août 2006
Claie / Agave / Crinière Avant que tout cela ne fût, cheminant sur la route de Sales, nous vînmes à croiser un bataillon décimé allant à pied. Il était suivi à distance respectable par une demi-douzaine d'enfants vagabonds. En tête le lieutenant allait boitant. Un seconde classe pouilleux fermait la marche qui fredonnait entre ses dents une bluette démodée. De temps à autre, il se retournait et jetait des pierres sur la bande des enfants pour les chasser. Ceux-ci se servaient du plus simple d'entre eux comme d'un bouclier et un filet de sang qui parcourait son front attestait que ce n'était pas vain. Nous ne pouvions deviner ce que les enfants voulaient des soldats. Ce pouvait être n'importe quoi : des cigarettes, des images érotiques, des histoires, une mort rapide. Déjà à la sortie d'une ville nous avions vu un milicien exécuté d'une balle la prière d'un jeune fils, un qui semblait-il n'avait pas onze ans. Tou les autres qui avaient assistés à ces scènes innombrables désormais me considérait depuis comme un visionnaire. Fulvio aimait me railler à ce sujet. Je ne savais pas en rire. |
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16.8.06 00:00 |
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Jeudi 17 Août 2006
Scories / Marines / Virides
En point de mire nous avions toutes choses issues de la multiplicité des sens. Nos chances de survie s’amenuisaient à mesure que nous nous enfoncions dans l’arrière-pays. Une nuit Fulvio prit une fille à soldat dans le bosquet. Il la battit au motif qu’elle ne l’avait pas prévenu que sa période était celle de la menstruation. Après l’avoir pénétrée, il l’obligea à prendre son sexe dans sa bouche pour le nettoyer. Etant fille, elle avait connu quantité d’hommes violents et ne désarmait pas devant la brutalité. Mais lui la tétanisait. Comme toute femme passée sous sa main, elle avait senti sa collusion naturelle avec la mort. Esther seule ne l’avait pas sentie. Il me disait voir plus loin en elles en les confrontant à leur finitude. Son regard pénétrait au plus loin, me disait-il aussi, et il ne distinguait jamais rien. Il n’existait rien de semblable à la vérité des êtres. Il s’extasiait de ce qu’un mensonge l’aie porté aux nues, contemplait son propre vide et cultivait ce que nous appelions son irréversibilité. Et si j’étais un visionnaire lui était un imposteur. Je ne prenais pas la peine sur ce point de le railler, même si je ne doutais pas qu’il y eût trouvé matière à rire.
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17.8.06 00:00 |
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Vendredi 18 Août 2006
Lubie / Du / Moment Beaucoup se demandent comment Rebecca Claire Kensington a composé le nom Aurora Snow. Elle a pris les prénoms anglais de ses héroïnes de conte sde fée préférés : La Belle au bois dormant et Blanche Neige. Ce nom fut judicieusement choisi puisqu'elle est aujourd'hui l'héroïne de son propre conte dé fée, celui où elle est une des actrices les plus aimées du divertissement adulte. |
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18.8.06 00:00 |
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Samedi 19 Août 2006
Demain vous repenserez à aujourd’hui et vous direz putain j’étais vraiment trop con.
Tancrède a sorti un papier et un stylo et s’est trouvé incapable de pondre une ligne, il a ouvert le frigo pris une bière et s’est dit qu’il lui restait plus qu’à faire un dessin. Il a dessiné un bonhomme avec une télécommande à la place de la bite et il a jeté le papier par la fenêtre. A tous les coups le concierge viendrait encore l’engueuler. Le concierge, un enculé de Yougo, le plus grand enculé de la terre et il s’était promis de faire une grande fête avec whisky à volonté pour toutes ses copines si ce fils de pute venait à crever. Il avait fait un jour sa petite liste des gens dont il fêterait la mort et le concierge était le dernier arrivé.
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19.8.06 00:00 |
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