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Hébergé par 20six.fr

Jeudi, le premier jour du mois de février deux-mille-sept

Clarification

Suite aux propos tenus hier dans le cadre du bulletin, je tiens à clarifier la situation éditoriale de cet espace.
Je suis ici depuis plus d'un an et demi propriétaire et seul maître à bord. Avec patience, dévouement et talent, j'ai construit une publication à nulle autre pareille et j'ai dernièrement estimé qu'il étant temps de récolter les fruits de cce travail, si possible sous forme de liquidités. J'ai donc décidé de laisser chaque semaine une tribune ouverte au comité de rédaction de la revue Le Pornographe, ceux-ci me rémunérant grâce aux subsides de leurs sponsors. Je n'ai donc aucune partie dans ce qui peut être exprimé dans ce bulletin hebdomadaire. Moi, Sofiane, en tant que personne physique et morale, je ne suis d'aucue façon affilier à ces gens et ne peux être tenu pour responsable des opinions véhiculées par ce qui me semble être un petit groupe de journalistes spécialisés dont l'indépendance n'apparaît pas évidente - ceci dit en toute amitité, bien sûr.
Je vous prierais donc de cesser de m'adresser des courriels. Pour tout commentaire, écrivez à l'adresse suivante : triolistess@yahoo.fr

PS : Le rédacteur en chef du Pornographe vous fait dire de ne pas oublier de souhaiter demain un joyeux vingt-sixième anniversaire à la sublime Judith Fox.
1.2.07 00:00


Vendredi, le deuxième jour du mois de février deux-mille-sept

Lou Tenant : où Jeuh fait de toi l'épilogue de la héroïne de starwarz

Ces pensées aussi absorbantes qu’une spontex neuve font que je suis le dernier dans la caisse à me rendre compte qu’une voiture de patrouille nous a pris en chasse à la sortie de Bel Air : la nuit est rouge puis bleu puis rouge puis bleu puis rouge puis bleu et B-Cube pousse des petits cris yek yek yek sous le coup de l’excitation, les pneus crissent à l’unisson : homme et machine solidaires. TNT s’est enfoncé dans son siège, Quatre-dents vérifie que son Glock est bien chargé, La Douille nettoie la culasse de son fusil avec le sang froid d’un lézard sous perfusion d’azote liquide, B-Cube imbibe son slip d’exultation séminale, perso, pas le parangon d’optimisme, j’ai pris un billet pour la rétrospective mentale des films et série sur l’univers carcéral U.S. : l’uniforme, je le sais, mettra pas ma carrure en valeur. Balthos Bal surfe en mode supersonic, rabote l’asphalte à coup de gomme mais le condé, pas un bleu, s’accroche dans le sillage : s’il y reste on est coffrés aussi sûr que le sang est rouge, le sperme blanc et la sodomie anale. Check le topo : dans sa magpie, le flic a sûrement rameuté la moitié de la volaille de Los Angeles pour nous couper la route, tant qu’il nous collera au cul, il pourra diriger la meute qui fondra sur nous à un des carrefour à venir. Pas décidé à décrocher ses mâchoires de notre pare-choc arrière le condé, alors à nous de lui faire péter les maxillaires d’un uppercut signé Tyson : Frankie fait péter la vitre arrière à coups de glock, Tête de Schlass épaule sa Winchester et ajuste le pneu avant gauche de la voiture de flic, bang la balle, pop le pneu, kriziiiit la bagnole qui part dans le fossé. B-Cube dérape à 180 degré et roule direction là d’où on vient parce que juré craché c’est encore le meilleur moyen de semer la confusion dans les rangs des keufs qui nous chassent.
2.2.07 00:00


Samedi, le troisième jour du mois de février deux-mille-sept

Vitryculteur en goguette
Exercice n° 4 : L'attentat surprise


3.2.07 00:00


Dimanche, le quatrième jour du mois de février deux-mille-sept

Numéros 10 : un crew à la one again people

Retour au bercail (pige : un motel d’El Segundo près de la plage / tant qu’à être à LA…/ mais non moins de seconde classe, parce que Skandal avance la maille himself avant le défraiement et je suis pas exactement le meilleur pote de mon banquier, du style à skier avec lui à Courchevel et bonjour Mme Banqier ce sont de jolis kids que vous avez là. Notre chevy de location identifiée, on a du l’abandonner dans la cambrousse angelinos et continuer sur nos jambes, moins suspects que dans une tire dont tous les types de la LAPD ont le signalement, mais suspects quand même car représentant d’une espèce rarissime sous ces latitudes : la piétaille ; en Californie ta voiture n’est pas ton vahicule, c’est une extension de toi. J’ai ordonné la dispersion, B-Cube héritant non sans la dose réglementaire de mauvaise volonté du paquet : 50 kilos de barbaque inanimée dans un bodybag à trimballer bringuebalant jusqu’à la première voiture chouravable (pige : pas trop classe pour pas avoir les cops sur le dos en deux deux, pas trop pourrie pour pouvoir quand même se débarrasser d’eux s’ils venaient à se pointer). Le motel : ma chambre fait office de QG. Le pieu : dessus, une gosse rouquine qui paraît dans les dix-huit ans, face de poupée tachée de rousseur, longiligne et diaphane, très David Hamilton seventies triomphantes ; autour, B-Cube et sa surcharge pondérale qui fait grincer les ressort du canapé, Quatre-dents affiche le rictus des mauvais jours, TNT le Grec essaie d’empêcher sa Nadja de me planter sa french manucure dans la carotide, Tête de Schlass perdu dans le roller-coaster de ses pensées joue avec la douille d’une des balles qui nous a sauvé la mise, et last but not least, moi. Moi dont tout le monde espère que je vais sortir une explication magique de mon chapeau ou une solution miracle de mon trou du cul, comme dirait l’autre : « comme les gens peuvent se leurrer, comme ils peuvent croire ». Si extirper su sol US une gamine de huit ans n’était déjà pas simple, le faire pour ne gosse de riche en pleine crise d’adolescence va être à peu près aussi compliqué que de convaincre le Pape que Marie n’était pas vierge.
4.2.07 00:00


Lundi, le cinquième jour du mois de février deux-mille-sept

Fermier : mi-pute, Mylène

Pas cérébralement endommagées – note pour plus tard : vérifier que l’assertion précédente s’applique à Nadja – les comparses ont du intégrer que le court-circuit n’a pas eu lieu à l'heure de cueillir la belle au bois-dormant mais, en amont, dans la boîte cranienne du commanditaire (pige : au yeux de l'équipage, le commandant de bord passe pour aussi éveillé qu'un lamentin sous perfusion de valium). Mes yeux, qui ne peuvent plus me servir à me regarder en face, reste scotchés sur celle que je me dois bien d'appeler Tiffany, malgré le mal que ça me fait, malgré l'impression que j'ai d'avoir un peeling à vif de mon amour-propore la peau arrachée petit bout par petit bout par un dentiste opiomane du troisième reich : et ne vous inquiéter pas monsieur cette opération doit durer mille ans. Une partie de moi voit cette petite comme innocente, non responsable de mon immersion dans une mer de chiasse crasse où chaque minutes qui passe est l'occasion de boire une tasse de merde, oui une partie de moi la voit comme ne pouvant être blâmée et rêve que le cancer la ronge de l'intérieur pendant que la gangrène la grignote de l'extérieur. Et l'autre partie de moi, la charitable peut-être, la voit comme la manifestation humaine de mon incompétence, l'incarnation de ce fatum qui ne pouvait me pousser que vers l'échec, et rêve de lui exploser sa petite tête de pute juvénile d'une soixantaine de coups portés avec la crosse de mon glock. Il n'y a alors que trois suites possibles au déversement de ce torrent de haine : 1/ Et pourtant, elle tourne. 2/ Et pourtant, que la montagne est belle. 3/ Et pourtant, je l'aime. Indices : elle dort, la montagne ça vous gagne peut-être mais pas moi. Fixation rétinienne, vissés sur elle mes yeux ont perdu toute mobilité, je l'aime à m'en taper la tête contre les murs en carton-pâte de la chambre de ce motel pourrave, et que suis-je sinon le gouape jamais à court de et pourtant ? Je l'aime et pourtant l'amour c'est comme Mylène Farmer : un truc de pédés.
5.2.07 00:00


Mardi, le sixième jour du mois de février deux-mille-sept

Pauline : Yougo girl dans la darkness de la night


Cupidon me joue sa symphonie sous GHB, petit arc hardcore de l’angelot travelot, qui a dit que les fils de pute du ciel n’avait pas de sexe ? ces petits pervers en ont deux, soit presque deux fois plus que la majorité d’entre nous frères humains. J’ai fondu, comme un calipo fatigué d’être sucé comme une queue par l’allumeuse agrée Pétasse Inc. du bâtiment H de la cité des 4000 qui a traîné trop longtemps sur un banc bombardé par les UV d’un soleil agressif de l’été : fonte des glaces acte II, la planète se réchauffe plus vite que ta culotte, Pauline. J’ai fondu, c’est trop vrai pour ne pas faire mal, j’ai dans les veines pulsant à deux cent cinquante mille bpm le venin poisseux du coup de paratonnerre dans le cul le plus tonitruant du siècle pour une gosse envappée qui porte un pyjama Dior et un prénom de traînée. Encore que fraîche, elle est le corps du délit et le mien, délictueux me dénie le droit de me tenir en public : tout ce qui se tient, c’est ma queue et au garde à vous encore, présentez armes ! When he says jump, I say how high ? Sur ma chaise, le numéro du contorsionniste genre petit merdeux à peine pubère qui fantasme sur le string de la stagiaire du cours d’anglais quand elle dit Fuck is a four letter word, à moins que ce ne soit love. N’était la présence des quatre mousquetaires + Milady de Winter aka Nadja la suceuse de sang de l’enfer, voire suceuse tout court / mais qui ne l’est-pas ? / j’aurais sûrement déjà recouvert de sperme le corps de Tiffany toute plongé qu’elle est dans les limbes signées morphine + scopolamine = dans ta tête une grosse mine, inconsciente… et boum le flash à la seconde où le mot franchit les barrières de la verbalisation : je ne l’ai jamais vu consciente, cette petite bitch…Mon envie de mourir là tout de suite maintenant signez ici est multipliée par un chiffre entre mille et l’infini, même s’il n’y que les mathématiciens et les poètes pour multiplier quoi que ce soit par l’infini et je préfèrerais être violé par tous les XV du tournoi des six nations que de verser dans l’un ou l’autre de ces charlatanisme.
6.2.07 00:00


Mercredi, le septième jour du mois de février deux-mille-sept


L'auteur de ce blog ne peut-être tenu pour responsable des propos contenus dans le texte ci-dessous. Pour toutes réclamations, adressez vos courriers à triolistess@yahoo.fr ou à Le Pornographe / 36 rue de Naples / 75008 Paris

Le bulletin hebdomadaire du pornographe

(en partenariat avec IAFD , Puretna et Luke Ford)

 

Suite à la levée de bouclier provoquée par le bulletin de la semaine passée, le comité rédactionnel, en accord avec le directeur de la rédaction, a jugé bon de laisser retomber un peu la pression en traitant un sujet léger, presque anodin : l’éjaculation faciale.

Inexplicablement marginale dans la sexualité privée, l’éjaculation faciale est aussi indispensable à une production du divertissement adulte que le sont la caméra où les actrices. Décriée (par les esprits chagrins), méjugée (par les ignares), elle constitue pourtant la fin idéale d’une scène, devant l’ingurgitation du sperme et légèrement devant la très tendre et poétique pratique du cum swapping, également appelée snowballing.

Certains acteurs par ailleurs ont bâtit leur renommée sur leur capacité à produire des éjaculations faciales de grandes qualités. Le plus connu d’entre eux est bien sûr le légendaire Peter North dont l’abondance et la densité séminale ont assuré la réputation. Et si Manuel Ferrara n’a pas la notoriété de son aîné, il nous apparaît (dans registre différent, plus puissant et véloce) tout aussi impressionnant, voire plus.

Ce qu'il faut comprendre, c'est que le sperme dans une scène pornographique est l’élément déterminant : il apporte la fin "naturelle", en même temps que la "preuve" qu’un acte sexuel a bien été mené à son terme, sans simulation (1). Et en plus de ces rôles déjà cruciaux, l’éjaculation entre totalement dans le processus d’identification et permet au spectateur témoin de la jouissance de l’autre/soi de parvenir à sa propre jouissance. Dés lors qu’un élément d’un tout se voit le centre de tant d’enjeux, le négliger serait faire preuve d’inconséquence.

C’est justement parce qu’elle ne peut être négligée que l’éjaculation a le plus souvent lieu sur le visage de la partenaire. Les parties génitales et péri-génitales, si elles sont hautement chargées symboliquement, ont quelque chose d’impersonnel : en levrette, un béotien ne saurait différencier Jenna Haze de Teagan Presley ou Lara Stevens de Claudia Ferrari (voire Tina Wagner de Dora Venter, que sais-je ?). Or pour parachever une scène et recevoir le produit d’un tel effort, c’est à la personne réellement que l’on souhaite avoir à faire, et c’est donc le siège essentiel de cette individualité en tant qu’être plastique qui doit se tourner vers le terme de l’acte, et ce siège c’est bien sûr le visage. C’est parce que ce qui nous attire en premier lieu vers tel modèle est son visage que celui-ci doit être le théâtre de l’ultime feu d’artifice. C’est la seule et unique raison (avec aussi peut-être le côté légèrement humiliant pour la femme de se trouver à genoux couverte d’une substance blanchâtre et gluante sur la partie de soi qui permet le plus aisément de se distinguer en tant qu’individu) qui fait qu’aujourd’hui l’éjaculation faciale est la solution privilégiée pour clore une scène dans une production du divertissement adulte.

Bien sûr, elle n’a pas non plus l’exclusivité. Parmi ses adversaires on trouve bien sûr l’éjaculation dirigée vers les seins, l’ingurgitation, et les cream pies, qu’elles soient anales où vaginales. Les fétichistes du pied étant une espèce assez communément répandue, on trouve aisément des productions où le sperme vient recouvrir pieds ou chaussures. Et pour ceux qui fantasment sur les collants on signalera, entre autres, Cum on my stockings.

Pour ce qui est des adversaires de l’éjaculation faciale (nous nous devons de les mentionner), ils font reposer leur argumentation sur le côté dégradant de la pratique. Comme si la pornographie était censée être le lieu de l’affirmation des femmes en tant qu’individus. La plus fameuse de ces adversaires est bien sûr l’actrice et réalisatrice Ovidie. Nous ne lui contesterons pas un talent évident que ce soit devant où derrière la caméra, mais nous nous contenterons de remarquer que si achevée que soit son œuvre Orgie en noir, elle pâtit indéniablement d’éjaculations mal placées, vite expédiées, dont on ne semblait savoir que faire. Nous noterons également que son opposition, farouche face aux caméras du divertissement adulte, est soudainement partie en fumée lorsqu’elle s’est retrouvée sur le plateau où Bertrand Bonello tournait Le Pornographe, un film qu’elle trouvait certainement plus digne de son sacrifice du fait qu’il était destiné aux salles de cinéma. (2)

Mais ne terminons pas sur cette note amère. Car si l’éjaculation faciale compte quelques adversaires, le nombre de ses défenseurs est infiniment plus grand. Et les grands studios qui l’ont compris commencent à lui faire la place qu’elle mérite en lui consacrant des productions dans leur intégralité, tel le Facial Demolition de Jules Jordan. Pourtant, une fois n’est pas coutume, les fans ont sur eux une longueur d’avance puisque la compilation d’éjaculation faciale la plus accomplie à ce jour est celle du Pr. Maeno : How to convince your girlfriend to take a facial.

(1) Bien qu’il existe des exemples de fraudes séminales. Telle celle du peu recommandable site Insane cock brotha, où la fraude est également génitale.

(2) Film assez ennuyeux au demeurant et, de l'avis général de la rédaction, inférieur à ce qu'Ovidie a pu réaliser.

7.2.07 00:00


Jeudi, le huitième jour du mois de février deux-mille-sept

Skip : l'éclipse capitale


L’inéluctable finit toujours par arriver, d’ailleurs c’est pour ça qu’il s’appelle comme ça : l’inanimée s’anime, même au sortir d’une anesthésie qui aurait assommé un buffle, elle n’est qu’un fugace bloc de grâce. Mes os poussent à l’envers, mon cerveau sert de ballon de basket à mon intestin grêle qui crosse mon foie, file au dunk mais se fait basher par mon pancréas : je crois que je vais gerber. Je me sens aussi vieux qu’une chanson de Skip James, je suis la mort, le pourrissement et la résurrection : même Jésus rêve que je lui signe un autographe. Apothéose en cours : 48 secondes avant la fin du téléchargement. Tiffany ouvre les yeux, en trouve six paires scrutant sa face, pas un son, puis le clic du cran d’arrêt et dans un bond plus soudain que le déploiement de la langue d’un caméléon sous amphétamines, Dr Nadja diplômée de la faculté méphistophélique du neuvième cercle des Enfers, tient sous la gorge marmoréenne un schlass aiguisé comme le trou du cul d’une poule de combat de la première guerre du Golfe. En bon rital, les initiales SPAS signifient Special Purpose Assault Shotgun, elles sont généralement suivies d’un 12 qui se réfèrent simplement au calibre / magasin tubulaire de 8 cartouches / 4.4kg chargé / 93cm de long crosse dépliée. Imposant sextoy pour forces spéciales et autres gangsters de la partie, je le pointe sur la chienne de TNT qui immédiatement me met en joue avec son Smith & Wesson à la Dirty Harry : old school contre new school. Un type a eu un jour l’idée de prendre de la faïence et d’en faire des chiens et je jure sur le coran de la Mecque et le tombe de Jean-Paul II que s’il était là en ce moment je me ferais un plaisir de repeindre les murs de la chambre avec son cortex. Tiffany croit sûrement qu’elle dort encore, Big Boy Balthazar essaie de calmer Nadja, Quatre-dents tente le coup sur TNT, ce qui me laisse avec La Douille, le seul ici qui s’en bat la race de nous voir jouer à Duck Hunt avec du vrai plomb.
8.2.07 00:00


Vendredi, le neuvième jour du mois de février deux-mille-sept

Numéro : le pointeur des Lilas


Si j’appuyais sur la gâchette / mode : vaporiser la poudre sur la tâche / le spectacle de Nadja pulvérisée, ses tissus sanglant fusionnant avec la grenaille dans une symphonie écarlate en (p)ut majeur serait tellement jouissif que j’en mouillerais sûrement mon caleçon : puis mourir, du feu de Thémistoklis, au pieds de Tiffany la seule que j’ai jamais vraiment aimé, avec peut-être aussi Gennaro, frappe surnommée Libero avec qui j’ai fait mon temps à Trieste après une histoire de racket mal ficelée, et aussi bien sûr Vicky-vick l’amante religieuse agnostique qui a goût de chewing-gum à la sardine et souvent look de camionnette volée. Check rapide de la cloison crasseuse : un cancrelat prémonitoire promène sa carcasse chitineuse de nuisible, si ces tarlouzes de Romains se fiaient aux vols des oiseaux pour prendre leurs décisions les plus critiques, rien ne m’empêche de m’en remettre à la médiation de Greg le cafard : je dépose les armes, pour les fourches caudines prenez au feu à droite. J’ai pu dresser K, je ne dresserai pas Nadja : le feu marche à ses côtés, je dis. Dans tous les films de boules, les filles qui disent non au début finissent toujours par hurler de plaisir, pourtant je connais pas un pointeur qui aie fait jouir sa victime, pas même ce type qui a choisi comme blaze une série de chiffre qui était son matricule dans la légion et que tout le monde appelle Numéro parce qu’il est trop narvalo pour qu’on se fasse chier à retenir ces putains de nombres, et pourtant ce type est monté comme un mulet élevé à Viagraland, le pays magique du priapisme. Face à moi deux choix, une alternative : 1/ J’exorcise Nadja et force Satan à tomber l’habit de pute en rut car le pouvoir du Christ t’oblige 2/ Je congédie la sainte famille et assure seul la garde d’une Tiffany que, ne pouvant plus tolérer son prénom, j’appellerai désormais T, Nastya ou Juliette. Délibéré instantané : n’ayant pas mon eau bénite sur moi, je gagedé ma troupe de déglingos à grands coups de schlap dans les seufs. Jeune homme près de la quarantaine aimerais être de ce bois dont Hermès fait les Kelly pour avoir les couilles de pleurer, ladies envoyez vos réponses postes restantes rue des Mauvais Garçons 75001 Paname. Un proverbe belge dit : t’auras beau maquillé une gosse de onze ans comme une pute, elle saura pas pour autant tailler un pipe ; mais ces Belges sont pas des gens parmi les plus recommandables et la sagesse populaire est un peu à la raison ce que le trafic d’organe est à la médecine. Amen.

9.2.07 00:00


Samedi, le dixième jour du mois de février deux-mille-sept

2 pack : jeu set et match

"Venise, Vienne, Vesoul : itinéraire d’un baltringue à la sauce marchand de vin, trois coups de catapultes pulsés en catastrophe et je me matérialise dans le plus pur style Code Quantum : je ne suis pas équipé pour te jouer la sérénade, où alors cordes de mandoline en poils de cul, empoignons ensemble le manche Juliette. Oui, tu me diras, je sais, que tu ne t’es jamais appelée Juliette, mais Tiffany c’est bon pour les stripteaseuses, les hardeuses et les actrices de soap. Jusqu’à toi j’ai pris tous les chemins à l’envers, a rebrousse poussière, j’ai sauté l’Hudson à reculons à faire débander un Carl Lewis sous perfusion de Michael Powell. Babydoll j’ai laissé mon destrier blanc au garage et mon charme de prince à la dernière infirmière qui a réussi l’exploit de me tester négatif à la syphilis, anyway pour toi j’ai la place en first direction Paris ville lumière, ville des amoureux et des JO foirés, terminus miraculeux de la civilisation où je te présenterai ton patrimoine génétique en trois-pièces Ferragamo et panama fané. Bulle de savon californien contre bulle de champagne, Nastya, c’est un big fight qui n’a pas lieu d’être : l’american dream est un rêve dépasssé, un songe fluorescent des eighties pour golden boy cyclothymique et ménagère de moins de cinquante ans ou plus scotchée devant la Roue de la fortune. Tu verras ce que l’homme à cru voir, le soleil bas taché d’horreur mystique, des travelots coprophages acnéiques, des festins d’ecstas héliogabalique, des oiseaux de nuit ou de proie sidaïque et tout ce que tu veux voir qui rime avec colique… tellement défoncée à l’ouest H24 que même tu verras Tupac et Elvis taper un tennis porte d’Auteuil. Sois juste la gentille poupée / Barbie et son cabriolet, Barbie et sa caravane / pas d’histoires, rappelle-toi coopération = respect de l’intégrité physique : votre attention s’il vous plaît ceci ne peut être considéré comme une menace."
10.2.07 00:00


Dimanche, le onzième jour du mois de février deux-mille-sept

Frenchie : El Presidente qui dérroge

Connu à Paname sous le blaze de Ricain, Charles va de ce côté de l’Atlantique sous le nom de Frenchie : s’il y a bien un truc qui passe les frontières, c’est la logique. Dans sa période pré-migratoire, indic de Tonton et occasionnel porte-flingue de Sécos Jacky, sous mon impulsion le nord de Paris l’avait surnommé le Président, c’était avant les vacances californiennes, avant qu’il défouraille sous la pression de Big boss Slim pour avoir déplacer le mauvais pion dans une partie de came. Il n’y avait pas de match. A ma gauche, Big Boss Slim : a créé le monde en quatre jour et est parti se reposer trois jours à Deauville après / a fait tomber le mur de Berlin un jour de rhume / joueur de pétanque à ses heures, le soleil est son cochonnet… amen. A ma droite, Charles Relandini : Président de l’association de défense des H aspirés / mateur compulsif de la saga Les oiseaux se cachent pour mourir et conséquemment président du fan club de Richard Chamberlain / gouape dyslexique à face de poulet, sirote de la pisse de lézard à longueur de journée, parce que ça désaltère… et c’est déjà pas mal. Quelques siècles que j’ai pas croisé son regard de rôti de dinde polyphosphaté, selon les dernières nouvelles de radio biz, le lascar dispense officiellement des cours de français à domicile pour lycéenne en difficulté à parents blindés ; dans l’officieux, tape dans la rondelle des élèves, des mères et des gouvernantes et parle français comme un voiturier portoricain coaché par Jean-Claude Vandamme ; à l’occasion sort le défibrillateur du placard et réanime la french connection pour les players parisiens en goguette à Los Angeles ; et comme un mouchard sera toujours un rat, connaît aussi bien le tableau des priorités de la LAPD que sa géographie de Beverly Hills : quand Skandal joue au chat et à la souris, il s’arrange toujours pour savoir ce que le matou en question est une chatte de gouttière humide et baveuse ou un siamois élevé au Sheba, collier de chez Van Cleef & Arpels.
11.2.07 00:00


Lundi, le douzième jour du mois de février deux-mille-sept

Westwood : la collaptique macrobite


Plus civilisatrice que cinq siècles d’hégémonie romaine, plus sauvage qu’un tonton russkiy élevé par une louve, L.A. n’est pas ville mais pays, continent presque. Santa Monica Boulevard déroule l’asphalte jusqu’au coin de Thayer où on trouve un petit resto français en mode tartare de thon et verre de rouge à cent balles, quelques mètre plus loin le Café Chez Marie en mode convivial et lasagne de dinde : les Qg de Frenchie, bienvenue à Westwood le tiéquar stratégique entre Bel-Air et Berverly Hills, les deux pôles angelinos de la thunes. Quand l’ex-Président rentre on lui donne du Monsieur Charles avec l’accent, c’est dans le voisinage qu’il pêche ses clientes à base d’appâts couleur locale. Les players, on kiffe pas frayer avec les cousins : si tu sais qu’un lascar a l’oreille des flics, rien ne te garantit qu’il va pas y verser des infos sur ton compte. Mais Frenchie à la répute d’être clean avec les compatriotes (pige le deal : si plus réglo qu’un double décimètres pendant son exil américain, Slim lèvera peut-être la fatwa qui lui fait ployer le crâne). Un homme avertit en vaut entre 1,2 et 2, pour ma part j’en vaudrais bien trois si j’avais pas de la merde dans les yeux, quoi qu’il en soit j’ai gardé pour moi l’histoire de l’opération escamotage de gosse de riche en attendant d’avoir son rapport. Assis derrière une boisson macrobio à la con, le cerveau rongé par l’american way of life modèle 2.01b made in Los Angeles, narvalo subnucléaire de l’ère post-glaciaire celui qui mérite définitivement son blaze naze de Ricain me fait le topo : « Alerte plus rouge que les premières règles d’une collégienne buboneuse, toutes les viandes sur le grill ont été mises de côté à la crim’ pour mettre la main sur une teenage estampillée propriété de Jack Billingsley contre-ténor de tous les barreaux de la Californie. Je sais pas quel est ton biz, Skandal, mais tu peux jouer serein : y a pas un flic que ça intéressera dehors, tous les ressortissants de Copland ont une antenne parabolique signée Billingsley qui leur sort du trou du cul. »

12.2.07 00:00


Mardi, le treizième jour du mois de février deux-mille-sept

Billingslayer : une ocotpute incontinente


Recapitalisation de l’espace, décomposition du sujet => Respire Président, inspire, expire : Vojvodine, l’homme par qui le Skandal arrive, reglo, parachuté à Beverly Hills pour prendre possession de Tiffany aka T aka Juliette aka Nastya, princesse frénétique que je trimballe dans mon coffre entre le cric et la roue de secours catholique, elle vaut son pesant de dollares et la bonne nouvelle résonne de Ninive à Bethléem en passant par mon conseiller financier.
Défragmentation de l’espace, proto-vaporisation du sujet => Le Frenchie parle à Skandal, deux poings, ouvrez les guillemets, (didascalie : le Frenchie est un max furax, soit furamax) ta gosse, elle vaut que dalle, elle vaut des clous, et encore, pas des clous en fer, des clous en bouse séchée, elle vaut tellement rien qu’elle aurait pu servir d’étalon au Mark pendant la crise de 29. Le Billingsley est estampillé déglingo de première en mode le sheitan se pisse dessus quand il le bipe sur son cell, il retournera les blattes de toutes les piaules les plus miteuses de L.A. pour retrouver la gamine et il se couperait les cojones pour se les porter en boucle d’oreilles plutôt que de refiler un rouble à un napper de kid. Si t’as vraiment la fille, enlève-lui les menottes, cours jusqu’à Venice beach et barre-toi à la nage parce que c’est le seul moyen que t’auras de te tirer de cet état vivant. Moi je me rentre, pas chaud pour traîner avec un type dont la cervelle a cramé au sens figuré avant q’un hitman s’occupe du sens propre…fermer les guillemets.
13.2.07 00:00


Mercredi, le quatorzème jour du mois de février deux-mille-sept

La revue Le Pornographe n'ayant pas réglé à temps la somme due pour la location de l'espace, le bulletin hebdomadaire ne paraîtra pas cette semaine. Je ne vous demande pas de m'en excusez, étant entendu que ce n'est absolument pas ma faute.

Dolores : Cousteau in memoriam

Une pluie de sauterelles en talons aiguilles s’abat sur Sunset Boulevard : les éclats de poussins blastés à la winchester recouvrent les vitrines des shops huppés de la hype, les dindes en Michael Kors et Cartier crachent de la mousse par le nez comme des usines à bulles sabotées. Imperturbable au volant de ma Buick, je m’injecte dans la rétine le spectacle de ce vide vain et violent ; direction Pacific Palisades où j’ai délocalisé mon crew au petit matin (pige : traqués, l’immobilité est notre ennemie). Chauffé à blanc l’asphalte est gluant, morveux, la gomme des pneus colle au slime fuligineux et crasseux et les esprit de petites Indiennes midinettes d’avant guerre – reste à savoir laquelle – s’agrippe à mon pare-choc : obsolète fan club du narvalo de classe internationale que je suis. Sur les ondes toxic radio déverse ses versets apocalyptiques live n’ direct de Babylone : petit cancer du larynx deviendra grand, viendra un jour, mes frères, où nous serons tous sœurs. Alléluia. Atterrissage en douceur : Houston, vous me recevez ? parking de l’hôtel en vue, début de la phase d’approche, contact prévu avec l’emplacement dans H moins trois minute. Miteux et hors de prix est le Comfort Inn où les membres de mon team sont dispersés, bourré de marathoniens bostoniens splénétiques, à toute heure du jour se voit arpenter par des bonniches chicanos qui suintent le vice et la tequila, qui dealent une tranche de cul pour vingt dollars, réduction négociable pour pères de famille et altermondialistes en voyage anti-G8. Je renifle la piste poissonneuse de Dolores, la plus fat d’entre elles, direction… wow wow wow une petite minute, v’là que je me trouve planté devant la chambre de Tête de Schlass ! Qu’est-ce que ce player beau-gosse archétypique qui sniffe la fraîche schneck de la sculpturale K tous les soirs de la semaine à Paris irait foutre la tronche entre les deux steaks aromatisés au marlin mort qui servent de chatte à Dolores ? Pourtant je reconnais bien l’odeur typique de krill en phase terminale de décomposition… légère poussé sur la porte entrebâillée : conchita est prostrée, Santino aka Tête de Schlass aka La Douille, meilleur sniper du biz, gît égorgé dans 5 litres de son sang, soit environ 1,3 gallon US.

14.2.07 00:00


Jeudi, le quinzième jour du mois de février deux-mille-sept

Figaro : docteur Carter freestyler



Passés de blanc douteux à écarlate le drap joue au linceul poisseux : en travers du lit, face contre l’oreiller, enfant de la poudre Tête de Schlass a péri par la lame ; hommage ultime de la crasse à la classe, les murs pleurent du pus et de la meurtrière qui sert de fenêtre s’écoule une chassie jaunâtre. Adulé des félines, des mutines et autres fontaines de cyprine, inégalé fusil en main, dépositaire de l’acronyme USB – une seule balle, placé via Geldhoff sous la protection de Saint Slim et player en devenir, Santino aborde le Styx dans un nid à blatte de Californie, son obole échoyant à une passeuse reine de la passe dont même son clébard voudrait pas un soir de cuite au Kir-Royal-Canin : sic transit gloria mundi… Si je l’avais je prendrais sûrement le temps de me recueillir voire pourquoi pas de le regretter, mais un barbier reconverti en a après ma familia aussi sûr que le berger en a après le rectum de ses brebis : prendre ce qui reste du crew, lever le camp, allumer un cierge, chanter du Dr Alban et rallumer un cierge, vite ! M'engouffe dans les étages, rush d’adrénaline à chaque porte poussée, rien ne me garantit que d’autres trachéotomies pratiquées en deuspi ne m’attendent pas, j’arpente les couloirs et je veux savoir : qui s’est mis à nos trousses rasoir en poigne et pneus slicks par temps pluvieux ? Récolte des lascars comme le faneur son foin : Balthazar en slibard, Quatre-dents en mocassins à glands, TNT en bas de survet’ et Nadja en panic / j’aime pas moins cette gonz’ que j’aimais La Douille, mais à choisir c’est son larynx que j’aurais préféré voir prendre l’air : pragmatisme, quand tu nous tiens les couilles… Avec Big Boy je projette ma carcasse dans la Buick, le reste de la clique en Pontiac attaque l’asphalte, notre nouveau pote suce peut-être nos roues, fait durer le plaisir, mais on a rien à perdre à croire que non, on a le droit de croire ce qu’on veut, même que Lorenzo Lamas est un rebelle.
15.2.07 00:00


Vendredi, le seizième jour du mois de février deux-mille-sept

13th : Mara Salvatrucho

Rien n’existe, rien qu’un snif rapide de CC au coin de la 20ème et de Montana ne puisse arranger, la paille direct dans les coronaires doc, je serais pas contre : flux inflammable, cash-flow artériel fonce et je frise la phlébite. Smooth est la conduite de Balthos-Bal direction Inglewood : écrase la pédale bolos qu’on lâche la sangsue au Gilette qui veut nous la jouer façon GIA. B-Cube parlant : parano de la coco Skandal, personne à nos basques aussi sûr que je m’appelle 3B et même si, défalquer les rues à mac3 direction le ghetto est le plus sûr moyen de tester le système carcéral autochtone, alors izi. L’argument tient aussi bien la route que la Buick. Les buildings mastodontes qui défilent le long de Centinela attendent d’être derrière nous pour se fondre en un magma labile avant de se reformer à l’envers, et dans le smog la populace des angelinos se voit pousser des ailes de chauve-souris et migre vers un soleil factice comme un troupeau de leucanies sous nandrolone. Tout ça se finira mal, les michetonneuses vidées et pendues par les pieds au feux des carrefours, ma gueule au fond d’une fosse creusée dans le désert du Névada et le goût subtil d’une chatte juvénile sur le bout de la langue du dernier juge : je suis coupable vautronneur, coupable de n’avoir su assez bien faire reluire vos testicules malgré les tonnes d’encaustique au sperme et plus de bonne volonté que n’en contient un couvent de carmélites. Contraction temporelle, la vie en avance rapide VHS staïle, Inglewood déjà nous voilà, players du vieux continent avenus en mode contre la montre : bienvenue à Gang-land, plus furieux que Sarajevo 95 et Grozny réunis, le seul endroit où je serais encore en sécurité, sous le haut patronage de Hector et Lucio membres de la plus grande famille de L.A., le MS13.

PS : Happy Bithday Claudia Ferrari
16.2.07 00:00


Samedi, le dix-septième jour du mois de février deux-mille-sept

Mastectomy : j'écris ton noun


Pas juste le plus grand gang de L.A., la MS défouraille à l’échelle continentale, gangrène galopante de Salvador à Miami, de Bogota à Mexico : les autorités et le mythe disent que les States comptent presque dix mille de ces lascars : s’il existe un contingent de guérilleros à même de mettre mon rectum hors de portée des flics et de la lame de l’égorgeur, c’est bien la Mara Salvatrucha de la 13ème. La décision de sous-traiter la détention de T est venue du Grec un moment où il avait pas sa face entre les cuisses de Nadja : avantages multiples 1. nos pattes sont blanches en cas de descente inopinée des cops 2. en la mettant entre les crocs de la plus violente pandilla du pays on lui ôte toute velléité de jouer la fille de l’air 3. on est beaucoup plus libre de nos mouvement. Tout se paye, le tout est de trouver la bonne monnaie : Frankie, armurier du biz à Paname est une sommité en puissance de feu, sait remonter les filières, déniché les affaires, se procurer les guns qui vont bien, ceux qui font défaut aux MS des rues de San Salvador et donc intéressent les MS du cru. Après le dépôt des calibres demandés, la mission de celui qui sait un peu d’espagnol / j’ai nommé Balthos-Bal / a été convaincre Laurel et Hardy de ne pas se servir de Juliette comme de toilettes : pas facile de laisser tomber les mauvaises habitudes, la plupart de ces pendejos ont oublié que certaines baises se déroulent avec le consentement de la partenaire.
17.2.07 00:00


Dimanche, le dix-huitième jour du mois de février deux-mille-sept

Hector y Lucio : la mort dans la peau


Dans le trou à cafards mutants qui sert de piaule à Hector et Lucio, je pénètre seul TNT – honneur au spécialiste du rapt, après tout c’est pour ça qu’il est là. Les deux compadres jouent aux dominos torses nus, d’ailleurs ils font tout torses nus, sûrement un moyen d’amortir le fric et la douleur investis dans les tatoos qui leur recouvrent le corps : MS13 / Sur / Salvador / Mara Salvatrucha / Brother / femelles agenouillées / flingues et machettes / la tradition est bien encrée, au niveau du derme l’histoire s’écrit en lettres gothiques. Qui sait si ces types sourient entre eux : face à toi ils se font un devoir d’avoir l’air d’être prêt à te pendre à un lampadaire avec tes intestins ; mais TNT pas la fillette de base et moi-même pas le puceau du quartier, on leur rend la pareille, les pectoraux bodybuildés et les tatouages en moins. “Calma te papi ! Je pourrais être ton daron… t’avais pas encore tes entrées à la maternelle que j’avais déjà un Beretta. Alors écoute le topo : le proc a lancé la cavalerie à des trousses qu’il sait pas encore être les nôtres, mais ça c’est pas de l’info, le scoop c’est qu’un indépendant nous a localisé et pratiqué une dé-composition d’équipe. Résultat : j’ai un joueur à la morgue et la certitude que dehors, un psycho au style arme blanche puis rouge nous attend pour un courws privé d’anatomie. Je parierai mon rein gauche et la moitié de mon rein droit qu’il est envoyé par le padre de la petite et qu’il a ordre de ne pas se repointer devant lui tant que nos têtes ne seront pas ailleurs que sur nos épaules. Donc, pige : ma clique s’installe ici, vous surveillez nos arrières et vous trouvez la meilleure filière pour nous faire passer la frontière direction le Mexique ” Je saurais pas dire lequel est Hector et lequel est Lucio en tout cas un deux me répond : You do what you gotta do, ese. You wanna go Mexico? We can do that. But it’s gonna cost you. Nothin’ is free out there... except for your mamma’s booty.

18.2.07 00:00


Lundi, le dix-neuvième jour du mois de février deux-mille-sept

Fizzz : l'attracteur intraitable


Petit snif de kétamine / Percée audiovisuelle via le nerf optique direction le cerebrum : irrépressible désir de me payer le set de couteaux dont l’infomercial que je regarde en boucle depuis deux heures vante les mérites. Je vide ma Bud light, pisse amerloque aussi goûteuse que du vomi de bébé. Selon Hector tant qu’on sera à l’intérieur de la planque, rien ne pourra nous arriver parce qu’aucun américano n’a de cojones assez grosses pour violer la propriété d’un gang-banger d’El Salvador estampillé Salvatrucha. Résultat / depuis trois jours pas foutu un pied dehors, la baraque a des allures de stalag : les deux cabroncitos à jouer aux cartes ou aux dominos en mode plantons, B-Cube et moi greffés à la tivi, Quatre-dents à démonter/remonter ses flingues, TNT à vérifier l’étanchéité des canalisations de Nadja, trachée / urètre / rectum : feuille de route classique. Derrière les planches de bois et de formica qui bouchent les fenêtres, la Californie achève de collapser : l’eau des fleuves changée en Dr Pepper, Traci Lords élue gouverneur, Barbie partie vivre dans sa caravane sans Ken, l’avortement post-partum légalisé. Si y avait un téléphone, j’aurais sûrement acheté le set de schlass de la télé, ou bien je me serais pendu avec le fil du combiné : mon bulbe rachidien a fondu et mes glandes surrénales ont des gueules de M&M’s géants, les quelques heures qu’il me reste à vivre, je les passerais dehors, je veux voir le soleil ce fils de pute, boire autre chose que de la bière, sentir une dernière fois l’odeur d’échappements des transports collectifs urbains. Mû par une incontrôlable pulsion de vie (ou par le désir de trouver un moyen d’acheter ces couteaux), je me vois projeté vers la sortie à la vitesse d’Ayrton Senna à Imola un jour de mai 94 : vapeurs mystiques, parfum de gomme brûlée, est-ce un oiseau ? est-ce un avion ? est-ce le boul de ta mère éjecté d’un canon ? OUT ! hurle le juge de ligne céleste : oui je suis out, oui maintenant je me souviens ce que fait l’effet de l’air dans les poumons, oui maintenant les UV frappent mon scalp de gouape, oui maintenant là tout de suite illico je me prendrais bien une cuite dans un rade à stripers.
19.2.07 00:00


Sasha

Je serais bien incapable de dire ce que tu faisais là, encore moins de quelle manière nous nous étions connus. Il y a d’ailleurs bien des choses que je ne saurais dire. Je sais que nous avons dansé, tournoyé, j'avais les yeux et je te serrais contre moi dans une étrange ivresse ; la pièce était étroite, je ne sais plus s’il y avait ou non de la musique. J’étais surpris de te voir rire si souvent, jamais je ne t’avais imaginée animée de tant de joie de vivre. Nous nous sommes allongé sur le lit de ma sœur, avons parlé, et tu parlais si bien français. Je te regardais sans pouvoir me lasser et tu me disais que ce n’était pas si simple que ça, pas si facile que l’impression que tu pouvais dégager ; tu ne riais plus. J’ai touché ta peau à l’endroit de ta cicatrice et j’aurais voulu l’embrasser. Je n’ai pas osé, je savais que ce n’était pas ainsi que tu souhaitais que les choses se passent. Tu as ri de nouveau et la parenthèse s’est refermée. Je ne sais plus quand tu es partie, je me rappelle juste le moment où je me suis rendu compte de ton absence. On m’a dit que tu reviendrais pour le dîner et à voir mon désarroi de te savoir loin, j’ai compris que j’étais vraiment amoureux de toi.
19.2.07 00:01


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