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Jeudi, le premier jour du mois de mars deux-mille-sept

Mister Freeze : viagra congelé


Niño nous lance dans la tise, trinquer à X et à Y, Marilyn se frotte gentil et en mode polyphonique on baratine notre trip transatlantique, étale grassement, et tranquillement tombe la nuit : temps de rejoindre le gosse qui joue du Rachmaninov avec les dents dans la froidure de la cave. Skandal opère en solo (pige : je veux montrer qui est le boss, plus j’aime toujours passer un moment seul avec Nastya), enlève bâillon, bandeau et pose un silence propice au développement d’une mutuelle réflexion : atomisé par l’admiration est mon invariable réaction face au permanent sang-froid de la petite, jamais prise en défaut, jamais en balise face à nos faciès et nos mimiques de warriors qui foutraient les miquettes à Kruger – prénom Freddy. Pas de peur, pas une goutte de pisse déversée là où j’en ai fait couler des torrents, mais une rage sourde planquée derrière un regard aussi chaudard que l’hiver 54 : careful baby, si tu me fixes trop longtemps comme ça, je vais me choper un Mister Freeze à la place de ma précieuse bite. Mais foutraque est la furieuse qui chausse sa dix-huitième année comme une paire d’escarpins Dior trop petits, virginale comme la nitescence de mon amour (qui suis-je ? lover en toc ? plaqué platine ?), inflexible et prête à me fumer comme si je l’avais kidnappée deux fois : un peu plus et je serais intimidé [Skandal ressaisis-toi, c’est pas ton cul qu’est sur le grill]. Le silence est prêt à rompu, le battle près de commencer, une bande de rat albinos s’est posé dans un coin pour assister à la mise en plis, les paris vont bon train le plus grand faisant office de bookmaker, moi-même qui saurais pas sur qui mettre ma thune, je me réjoui de pas être un rat : j’affronte T. oculairement, à se croiser les regards font un bruit de clé anglaise tombant sur le plaque d’égout la nuit, je prends mon élan verbal et lâche la question…
1.3.07 00:00


Vendredi, le deuxième jour du mois de mars deux-mille-sept

Yussuf Human : Bombe A


Réponse crachée à ma face comme un glaviot radioactif, avec un naturel si désarmant qu’il aurait obtenu la démission du Général Patton : elle venu voir ce daron dont on lui a toujours dit qu’il était mort. Couper le beurre en cubes, émincer les échalotes, faites les revenir, ajouter l’info à mi-cuisson, servez, avalez, digérez : le morceau passe de travers, pas izi à avaler… qu’on envoie le dab aux oubliettes parce qu’il est dans le bizness de la seuf, c’est plutôt radical ; que la fille rende une visite de courtoisie à son reup alors qu’il a envoyé une demi-douzaine de têtes cramés pour la rapatrier à la sud-américaine, c’est carrément port’nawak. Je me fousde savoir quel arsenic elle se shoote dans les artères au p’tit-déj’, je veux deux kilo de cette merde avant lundi matin, à livrer poste restante au fake palace de Don Vitelli à l’intention de Skandal… Comme souvent les otages, en répondant à ma question, elle en a fait naître une autre, pas moins important est ce mastard interrogatif : comment je vais vendre à Vojvdine une gamine qui a ramené volontairement son petit 36 dans ses pénates ? [ce problème n’annulant pas le précédant : comment toucher mon fric en lui livrant une gosse qui affiche au compteur le double des années prévues ?]. Me lance à corps calleux perdu dans les travaux méningés : après réflexion plus ou moins mûre, me dit que le meilleur moyen d’obtenir sa coopération, c’est encore de l’acheter… temps de sortir le nécessaire à négocier : la petite et moi, on va causer de zéros. Etape 1 : défaire les liens et l’inviter au salon / étape 2 : lui servir un drink dans un verre en cristal / étape 3 : faire en sorte que mon prix soit le sien tout en lui donnant l’illusion que c’est le sien qui est mien.

2.3.07 00:00


Samedi, le troisième jour du mois de mars deux-mille-sept

U-gin : At guette


Ecoute-moi Juliette, - tu permets que je t’appelle Juliette ? - vois-tu, j’ai fait un rêve, comme le King, mais en mieux… j’ai rêvé que le Père Noël se foutait à la colle avec Michael Jackson et que les nains de Neverland pouvaient enfin de livrer en paix aux ténèbres de la night sans craindre de se faire violer… j’ai rêvé qu’au lieu d’oreilles, les murs se mettaient à avoir des couilles et que les vioques de la secte Moon s’emparaient silencieusement du pays en introduisant des clones des députés fabriqués par leurs soins à l’Assemblée Nationale, leur première mesure étaient de rendre la barbe obligatoire et de prohiber la prolifération des poils pubiens… j’ai rêvé qu’une jeune et étroite Américaine débarquait à Roissy et retrouvait un père qu’elle avait longtemps cru mort… j’ai rêvé que l’homme qui avait rendu cette rencontre possible touchait une hautement justifiable commission ainsi qu’un logique défraiement et que dans sa grande mansuétude, il accordait à la jeune fille une partie de la commission… j’ai rêvé d’un monde parfait ; aujourd’hui toi et moi, on peut réaliser une partie de ce rêve et faire du monde un endroit, certes pas parfait, mais où il fait meilleur vivre. La réponse fuse dans un français léché avec l’accent, j’assure la traduc simultanée : grade ton fric, de la thune mon beau-reup en a tellement que je pourrais racheter la moitié de l’Afrique sub-équatoriale. Contente-toi de me conduire au daron fissa parce que je commence à en avoir marre de vos gueules de lémuriens trisomiques. Tu toucheras ton chèque et tu pourras aller le boire avec ta pouf, loin, très loin, le plus loin possible de mon champ de vision.

3.3.07 00:00


Mardi, le troisième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Douglas C. Pankhurst


C’est dans le rade en bas de chez lui qu’il a fixé le rencard, et à sa table il m’attend avec deux bourbons parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne surtout si elle décape les muqueuses l’œsophage à chaque gorgée. Tous, les baby-boomers qui passe leur pension alimentaire à sucer de la Suze, il les connaît tous ; œil de cobalt et deux millimètres de poils de cul vif-argent sur le crâne, liquette rentré dans le futal à pince et lunettes carrées, il vitrifie l’opposition à coup de mythes de braqueur-poète et lamine au bras de fer toutes les collégiennes du voisinage et de Navarre. Quand le nom de Tancrède Tocqueville franchit mes barrières labiales, les feux de routes d’un 38 tonnes lui passent dans les yeux, c’est Noël avant l’heure, accroche toi à ton slip gamin c’est libre service chez Toys ”R” Us, il est parti et le tarrissement n'est pas pour bientôt : « La première fois que ma route a croisé celle de Tancrède, c’était en Thaïlande, l’autre pays du fromage… En vacances diplomatiques, j’avais eu des galères de passeport et c’est à l’ambassade que je l’ai rencontré. Pas reconnu d’emblée, mais dés que j’ai remis un nom sur son visage, je suis allé le voir histoire de parler boutique. M’a raconté sa life autour d’un café dégueu coupé avec un alcool local encore plus corrosif que du destop de contrebande. Il était venu se mettre à l’ombre en pays Thaï rapport à la plus grande souplesse de la législation pour les types comme lui... piston-piston il avait trouvé une place planquée à l’ambassade où invariablement il était accueilli chaque jour par le bonjour glacé d'une chichiteuse pour laquelle il en était arrivé à nourrir une animosité de hyène syphilitique. Bien plus qu'écrire des romans qui clouaient le cul de la moitié des critiques de la ville capitale, sa principale occupation là-bas était de perdre de l'argent aux cartes avec une bande de vieux Khmers plus ou moins en cavale. Quoique globalement non violent, il existait deux choses à même de l'inciter à dévaster la gueule de qui que ce soit à grands coups de schlaps : l'emploi transitif indirect du verbe "palier" et l'utilisation à contresens d'aphorismes latin. Il tolérait également assez mal les rumeurs sur sa possible homosexualité qui couraient depuis qu'il avait été surpris en train de se faire tailler une pipe par un trav'. A un type de l'ambassade qui y avait fait allusion, il avait répondu qu'il n'avait pas de leçon de virilité à recevoir d'un refoulé du trou de balle qui s'épilait les mollets à la cire pour faire plaisir à sa gonzesse, laquelle il avait par ailleurs maintes fois tringlé, et une fois même au sens propre du terme, d'où la légère odeur de flétan qui émanait du sommet des rideaux.
3.3.07 00:00


Dimanche, le quatrième jour du mois de mars deux-mille-sept

Virgile : le noctambucolique


Si elle n’avait pas eu la clé du pactole entre les seins, et si elle n’avait pas été l’unique amour de ma vie, et s’il n’avait pas été plus facile pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille, je me serais sûrement vexé… mais comme disait l’éternel aspirant gangster Virgile aka Pivert pour sa manière de tapoter incessamment sur tous les zincs du 13ème : « avec des si et des mais on ferait carburer nos BM au jus de bite et nos gonzesses au sans plomb ». Urgence, passer le coup de fil avant qu’elle change d’avis : pas réponse à l’appart’, je tente le bureau, pourrais-je parler à Monsieur Vojvodine ? De l’autre côté des câbles, la voix balance une info massue et mon phone se fait la malle direction la carpette : Vladimir Ilitch Vojvodine aka le patriarche de la schneck aka l’empereur du X est mort, il y a trois jours, fauché en pleine gloire par une balle de 9mm dans le dos. Etrange feeling, me sens comme JC sur le Mont des Oliviers, à deux doigts de lever les bras au ciel : Eli, Eli lema sabactani ! Le destin, pute machiavélique à la solde de l’ancien ordre mondial, joue de moi comme d’une cornemuse crevé, tirant une ficelle attachée au butin chaque que les bifs m’arrivent sous le nez. Niño, sers-moi un irish coffee sans café et mets-en un pour la petite : le dab a enfilé l’ultime costard, celui en chêne massif avec des poignées en argent. Dans les yeux de Nastya passe une lueur style gyrophare, l’air de dire je vais faire la peau à tout le monde, exception n’étant pas faite de son cadavre de père. B-Cube botte en touche, Quatre-dents tape un moonwalk direction les chiottes, Marilyn se volatilise comme une ligne de coke dans le pif de Johnny, Pablo brise le continuum spatio-temporel et se téléporte un jour de mai 1832 dans la banlieue de Moscou, restez avec nous, juste après la pause le grand combat de la soirée entre Skandal le fier-à-bras de Coïmbra et Juliette la tigresse de Los Angeles… y a plus de KO que d’oxygène dans cet air-là.
4.3.07 00:00


Lundi, le cinquième jour du mois de mars deux-mille-sept

Inland Empire


Que sommes nous face à Inland Empire ? En quel genre d’inoffensif et spongieux bétail doit-on se changer pour accepter ce film en son sein ?

Ce qu’a toujours fait Lynch, c’est éclater la structure narrative, faire vaciller l’évidence de la représentation cinématographique, mettre au jour la multiplicité des sens. Son cinéma est une expérience intime qui nous met au prise avec cette chose très réelle qu’est l’impossibilité de l’exhaustivité de la compréhension : nous ne pouvons pas tout comprendre, jamais. En cela voir un de ses films n’est pas comme pour les autres oeuvres audiovisuelles l’expérience d’une narration simple qui donne l’illusion de contrôler, mais un miroir tendu qui nous permet de contempler notre condition profondément humaine, celle qui nous interdit de comprendre et de savoir sans la somme d’efforts nécessaires à la connaissance, une connaissance qui elle-même ne sera jamais complète, peu importe les forces jetée dans cette bataille.

Une réalité posée dévie ou s’interrompt brutalement, fait place à l’avènement d’une autre réalité, quelque chose qui est donc a priori inacceptable, mais qui sera néanmoins accepté dans l’espoir que la réalité de départ soit rétablie ou que la déviation, l’interruption soit justifiée. Elle ne l’est bien sûr pas et nous ne pouvons que constater que la fiction a survécu et notre intérêt avec elle ; sans qu’aucun accord préalable (tacite ou explicite) ne soit passé, le cinéaste a obtenu de nous que nous renoncions à tout comprendre et nous a fait accepter l’idée qu’il n’existe de la réalité que les interprétations qu’on en donne.

Mais au jeu de l’éclatement de la structure narrative, Inland Empire va trop loin. L’évidence ne vacille plus, elle est abolie, et en corollaire, ce qui vole en éclat c’est la cohérence. Et là où il y avait plusieurs sens possibles, il n’y en a plus aucun (ou alors il est enfoui tellement profondément qu’on peut le tenir pour mort). La fascination qu’exerce le mystère se voit trop souvent remplacé par le sentiment d’être le jouet d’une vaste fumisterie où d’assister au spectacle d’un artiste qui s’auto-parodie a force de patauger dans ses obsessions sur le visible et le caché, le théâtre des rêves et les portes (physique ou non) qui permettent d’y accéder. Ce qui est rageant c’est que le film entier suinte un incontestable talent, mais celui-ci donne l’impression d’avoir été pris au piège de sa virtuosité ou du crédit acquis grâce au chef-d’œuvre définitif que constitue Mulholland Drive. On sent qu’en taillant à la hache dans la prétention et les impostures qui entachent le film, on trouverait cette ancienne alchimie, mais comme face à n’importe quelle autre œuvre, nous n’avons devant Inland Empire que nos yeux.
5.3.07 00:00


Mardi, le sixième jour du mois de mars deux-mille-sept

Cirque Popov : l'entertainment pour les grandes et les petites


Bruit de bris de glace, éclats de verres scintillants comme une armée de joailliers en skate sur la banquise, T. tape un triple axel atterrit sur un pied, tesson sous ma gorge. Action / réaction : clé de bras, je l’entraîne dans une danse histoire de voir ce que deviennent les valses de Vienne, mais osotogari surprise et là voilà qui me chevauche tesson toujours en main. Quitte ou double : bascule, c’est moi qui chevauche, ma vie ne tient qu’à un fil, celui de l’élastique de sa culotte, docteur on a trouvé le clitoris vous pouvez commencer la stimulation… une pointe de verre vient m’écorcher le coup puis résurgence séminale de la langue maternelle : get your hand off my pants. Tout à fait Thierry, on annonce un remplacement à la mi-temps, la rage sort pour laisser place à la consternation, apparemment c’est un changement poste pour poste, mais le schéma de jeu risque d’être modifié… moralité : en la jouant hardcore on peut pas gagner à tous les coups. La main se fait la malle de la moule, c’est la fin du début d’une belle histoire d’amour, en lot de consolation il me reste ma peau que je viens de sauver et en guise de perspective de reconversion une place de d’acrobate jongleur dans un cirque de la Baltique avec Mesdames, Messieurs ce soir en exclusivité pour le Popov Circus le fabuleux Iskandar et son exceptionnel numéro de jonglage avec des bites de loutres fraîchement coupées. T. estdans les cordes, dans ses yeux la rage apaisée et la désolation : elle a perdu un père pour la deuxième fois, et moi, fusible cramé d’un scénario facétieux, les fois où j’ai vu ma valise de cash me passer sous le nez, je ne les compte même plus.

6.3.07 00:00


Vendredi, le sixième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Tremens factus sum ego

Je retrouve pesamment le chemin de faire
Rondes lasses. Poisseur d’avril. Grande danse nocturne des faiseurs de braises.
J’appelle ton eau dans mes poumons, que tu sois mon amante amniotique
Tu crains le retour des fleurs. Il y a dans la vie qui pullule trop de cette liesse sororale. Je crains l'avènement des corps. Il y a dans l'oubli mille spectres de la fin qui s'agitent.
Renaissance, présence différée au monde, affluence diffuse de lumière dans tes cheveux
Cendre fière sous nos pas, à l'heure où s'éteignent les lendemains. Je prends tes paumes, je prends ta voix diseuse d'iambes corrodés… αγκάλισμα
6.3.07 00:00


Mercredi, le septième jour du mois de mars deux-mille-sept

Prince-Lee : un souverain qui remasterise

En mode barman remet une couche de gin coupé à la Dulux Valentine, chacun sa croix à chier même laxatif, petite plus grand est le verre plus soyeuse et la chute : nous somme comme la reine du soleil et son beauf revenant de Nantes, les porteurs de notre litière ont des rhumes de cerveaux carabinés et c’est seuls qu’on doit porter nos poids d’astres en fusion. Regard oblique sur Nastya en nerfs, de face j’ose pas des fois qu’elle changerait d’avis et lui chanterait que finalement ma tête au bout d’un tisonnier ça le fait : avant même qu’elle ouvre les yeux, shootée aux tranquillisants sur la paillasse ce motel pourrave de Californie, ce qui m’avait foudroyé chez elle c’était ce faux air de ne pas être passée experte dans l’art de décevoir, sorte de féminité claudicante encore prête à se cogner aux murs, et fais gaffe de pas te prendre le chambranle la porte est plutôt basse. A la descente plus physique que Tomba je vois les fonds de verres avant tout le monde et elle, aérolite désarticulé de l’antépénultième fin du monde, lutte avec sa tise âge tendre américain où on soigne ses défaites au houblon : la génération entre nous a été celle de la mort des idéaux et de l’invention du string et je crois bien en avoir passé la moitié la gueule au dessus des chiottes à roter l’alphabet. La moquette pousse au plafond et la merde de chauve-souris qui s’en décolle dégage un effluve pesteux, violacé, comme un pet majuscule lâché dans un sous-marin nucléaire : j’ai envie de dire je t’aime à Juliette, j’ai aussi envie de m’enfiler un paquet de granolas.
7.3.07 00:00


Jeudi, le huitième jour du mois de mars deux-mille-sept

8.3.07 00:00


Vendredi, le neuvième jour du mois de mars deux-mille-sept

Ska : le perdant amical


Dixième partie : où l’on découvre qu’il va me falloir un bizness plan quinquennal en acier trempé pour me relever d’un fiasco de cette ampleur. Les bruits portent loin et je vais être longtemps grillé dans les affaires juteuses, rétrograder en division d’honneur, condamné à me taper les besognes de clowns et les coups foireux à base de quatuors de bouseux désaccordés / balayage mental circulaire à la pêche à l’info / ce que je sais du PCP (pas la dope, le paysage criminel parisien) : le ferrailleur P’tit Jean mouille sa culotte pour du cuivre et Lucky Luke peut me dégoter du Roumain coupeur de tuyau / Valderama continue à braquer des tabacs / Cargo aka Mistral importe de la jeune fille en fleur balkane à plater sur les boulevards extérieurs / le vieux Z va toucher deux kilos de blanche / Zircon est en deal avec des bracos d’Anvers / Hakim aka Taloche en cheville avec un bookmaker du cru turque des combats de pits… à choisir je préfère travailler le caillou avec le gouape Diamant, c’est plus clean que les putes et les clebs et les Roumains, mais ma position n’est pas de celles qui permettent de faire la fine bouche, ferme donc ce p’tit cul de poule et va pelleter la merde avec les autres perdants amicaux (j’en place une spezial pour Hans Magnus Enzenberger). Alors que je pointe à la fantasmagorique ANPE des players, la killeuse qui trinque avec moi fait une démonstration que ce que j’appelle le sens de l’à propos en me débauchant pour une besogne calibrée : Ska (note : ce blaze-là c’est du pur intime pas le Skandal que tout le monde me donne) je te pose le double du chiffre que mon dab avait annoncé pour ma capture si tu creuses un deuxième troud’bal au corbeau qu’a descendu le vieux.
9.3.07 00:00


Samedi, le dixième jour du mois de mars deux-mille-sept

Get Bent : le chrome parle

J’ai plus souvent loué des bagnoles que le saigneur, mais va savoir pourquoi je me sens d’humeur anagogique hOsanna O-plus-O-des-cieux : j’ai le taf et le boss le plus frais et bandant qu’un player puisse imaginer et une fois là culbute faite j’aurais de quoi racheter la moitié du Bangladesh voire la totalité du Malawi. En ces termes je distille ma réponse : quand j’aurais fini avec l’apprenti cuisinier qui a défalquer le daron du reste du monde des humains et humanoïdes assimilés, tellement de putain de câbles et tiges de métal lui traverserons le crâne qu’il pourra servir de routeur wifi, je vais lui graver sa date de naissance en sanskrit sur la paroi du colon et transférer ses couilles de ses bourses jusqu’à ses orbites, mais bon miss permets-moi de te passer les détails, ma liberté de parole est déjà tout ce qu’il y a de conditionnelle. J’ai toujours su parler aux femmes, pas adepte du langage des signes mais verbeux comme un MC déréglé, les ritals parlent avec les mains quand je tangue sur le plus fin fil de la lalomanie comme le funambule funeste de la Porte Dorée, paix à son âme, Carl est mort dévoré par un coyote végétarien en renonce… destinée, traînée au visage de cendre recouvert de gloss framboise, sur les murs de ma taule j’écris ton nom… et je m’arrange pour faire une faute d’orthographe (d’ailleurs je suis pas sûr que Carl s’écrive pas Karl).
10.3.07 00:00


Dimanche, le onzième jour du mois de mars deux-mille-sept

Kohlmeister : catpain au long court


Face à Big Boss Slim et son bras droit armé Geldhoff pour officialiser mon retour dans la capitale cité : à dieu on lui file l’allégeance plutôt qu’on lui prête, et son carnet de bal est plein d’exquis cadavres qui ont essayé de la lui louer. Je me permets de rembobiner, avant d’être ici, suis à mon appart et le trouve dévasté, le carnage signé du métisse Bi-goût aussi connu sous le blaze de Mammouth. Le plan B ? comme d’hab’ Vicky-Vick… mais quand je débarque je trouve la vickaille à la colle avec un lustreur de Volvo qui donne à l’occase dans l’arnaque à la pile combustible, d’où Plan C : posé ma crèche dans l’appentis pituitaire du soi-disant ex-Capitaine de Frégate Kohlmeister aka le Boche, gross allumé de la casquette schnell aux manettes qui déjà à dix heures du mat’ tangue plus que ne l’a jamais son rafiot imaginaire, mais réglo il m’en doit une depuis que j’ai joué les médiateurs entre lui et Sécos Jacky lui évitant de finir sous une cloche à fromage entre un morbier au destop et un Saint-nectaire à la soude caustique… tout ça pour une histoire de kamasutra aiguisé à l’envers sur une des filles du Jack (à savoir : dans nos contrées, le maque est du genre sentimental et déflagre facilement à chaud quand une gonz’ lâche une caisse de traviole). Après avoir casé mon bardas chez le Capitaine sans en toucher mot à âme qui vive et fuck même les macchab’s je leur ai rien dit tellement ça me les décollerait du scrotum de voir débarquer la cisaille de Mammouth, j’arrive chez Slim : droit dans la paire de Berlutti cirées impec, je dois agiter le rapport, faire le compte des mes morts et prier pour qu’y ait pas de sport… et si le renégat Totem ne sera pas regretté, dans l’affaire le fille Geldhoff a perdu un boyfriend et ça peut faire lourd dans la balance…

11.3.07 00:00


Lundi, le douzième jour du mois de mars deux-mille-sept

Miguel : une autre foi


Le grand sachem dirige ses opérations depuis une péniche amarrée dans le Port de l’Arsenal, parquet lustré ultra-clean et purificateur de vomi aux quatre coins de chaque pièce, fenêtres en peau d’anaconda vitrifiée, mobilier en fémur de vélociraptor nain poli à la main, en guise de bureau : un couvercle de cercueil posé sur deux fûts de scotch en cours de vieillissement. Big Boss pas le genre à cramer son temps au chalumeau du babillage aime le verbe concis et pragmatique, alors qu’il se taille les ongles à l’opinel, je le joue télégraphique : ai ramené la petite stop 18 ans et non 9 stop Totem et Tête de Schlass tués au combat stop commanditaire 6 pieds sous terre stop. Slim acquiesce “réglo pour moi” pivote vers le boucher Geldhoff “à toi le dernier mot rapport à Santino”… la bête me toise dans le milieu propice à son vice et espère secrètement que je me retrouve couvert de pisse…puis lâche dans souffle soufré “jamais pu blairer le petit”. Inspire expire mais pas exactement tiré d’affaire avant d’avoir obtenu la bénédiction du padre pour l’opération vendetta, donc briefe le boss : la gosse me lance à la chasse au flingueur. Slim enchaîne : la gosse te lance là où je veux bien que tu atterrisse, pas ailleurs, pas dans le méat d’une otarie, pas dans le rectum d’un coiffeur estampillé Dessange, mets-toi en mode écoute Skandal… Vojvodine était un ami et si j’avais cru à la fraternité, un frère… où il est, avec ses vers dans le buffet, il attend de moi que je m’assure que sa progéniture est safe, entre des mains déliés et fiables… alors tu vas me la faire marcher plus droit qu’Euclide et plus serré que sa moule de teenage… si tu la joue pas souple et funky, Bob fera repeindre ta mère en violet et pousser du soja dans ta moelle épinière… comprende ?

12.3.07 00:00


Mardi, le treizième jour du mois de mars deux-mille-sept

Slim Fast : j'ai vu la lumière... et elle est sombre


Appuyez sur eject / suis hors du rafiot du boss et résonnent encore en moi ce comprende? aux vrais faux airs de couperet prêt me séparer de tous mes ligaments, tendons et autres câblages internes… Slim se serait pas fait mieux comprendre en me greffant des warnings à la place des omoplates : Juliette doit onduler sur coussins d’air et voir la vie en smooth aux frais d’oncle Skandal. Placide j’amorce ma descente vers la berline où posé m’attend Big Boy Balthazar, le roi mage des bêtes cylindrées… croise un ripou bien connu présentant tous les symptômes du manque de benzodiazépine : buée à l’intérieur du crâne, chimpanzé trisomique jouant du trombone dans les viscères, jugulaire enroulée autour des globes oculaires et langue en aluminium anodisé… il sent le poulet à douze mètre et te promènes pas trop près du bord Chabler, ces trois loutres mutantes qui s’agitent autour des restes d’un canard aurait tôt fait de te déchiqueter la face. Aimerais traîner mojito sur le coude à faire suer les ménagères astiqueuses de vitres, en terrasse chérie j’ai vue contre-plongeante sur l’envers de ton décor, cellulite et vergeture, mais n’ai pas le temps de jouer de la gambarde avec la ficelle de ton string, le killer du daron a sur moi trois jours d’avance et je me dois de récupérer la possession de balle, occuper le terrain si je veux mettre ma bastos dans sa lucarne. 3-B prend la tangente direction le fake palace de Vitelli, pas mécontent de quitter l’Arsenal lui qui a toujours saintement baliser de se trouver à moins de 800 mètres du grand méchant loup, pas rassuré non plus parce qu’en terme de carnassier c’est un autre spécimen de grand fauve anthropophage qui nous attend en la personne de Tonton, le commissaire véreux susnommé qui siège chez la Vittel quand le foie lui en dit… j’ai jamais aimé traiter avec la volaille mais quand la file idoine de zéro est en jeu, suis prêt à faire exception.
13.3.07 00:00


Mercredi, le quatorzième jour du mois de mars deux-mille-sept

Miracle

"Sur le méridien du temps, il n'y a pas d'injustice; il n'y a que la poésie du mouvement qui crée l'illusion de la vérité et du drame.[...] ce qui est monstrueux ce n'est pas que les hommes aient fait pousser des roses sur ce tas de fumier, mais que, pour une raison ou pour une autre, ils aient besoin de roses."

Henry Miller, Tropique du Cancer





...sans oublier de souhaiter un bon anniversaire à Sasha Grey...
14.3.07 00:00


Jeudi, le qinzième jour du mois de mars deux-mille-sept

L'industrie de la crise


Chez Don Vitelli beaucoup de clubs sont comme Johnny s’en va-t-en guerre : ils n’ont plus de membres… la cave est pleine de mythes, les verres pleins de pillave, la salle pleine de portefeuille à traire pour les catins diveres, officieuses ou officielles, attirées toutes par le fumet du bif de tous ces gangsters et apprentis assimilés à la vigilance entamée et aux appétits aiguisés par le gasoil lapé à la louche. Boulonné au zinc, comme tous les jours que Dieu – ou autre – fait, Magic Magid un intermittent du bizness qui a déjà loué sa mastoc masse de scleums à tous les déboucheurs débauchés de la place, double-mètre et quintal style armoire blindée, le comptoir du rade est son ANPE ; tous les players le savent : si son combustible musculaire est open pour un casse, sa charpente de pilier de rugby jouera ici les piliers de comptoirs. Regard circulaire : Moscardo alias Tonton ne siège pas encore à sa table. M’appâtant avec un brandevin à décoller la moquette, le don m’alpague : alors c’était comment les zétazunis ? et t’as touché le gros lot ? tu payes ta tournée ? Balancer à la Vittel le story-board de mon trip à L.A. = envoyer une newsletter bien grasse à la totalité du PCP, le paysage criminel parisien, ou encore donner en exclu une interview vérité sur les ondes radio truand… Et c’est exactement ce que je vais faire. J’embellis à base d’épiques gunfights, opère quelques coupes, conserve les grandes lignes et les jugulaires tranchées, oublie de préciser que le rapt à eu lieu Porte de la Chapelle, ne précise pas quelles sont mes nouvelles fonctions, emballez c’est pesé, ça part sous presse pour inonder le marché, demain à la une et partout sur la face de ton kiosquier : mon blaze doré à l’or fin, ma répute taillée dans le granit, je vais faire baliser deux fois plus, sur la vie de moi je vais tous leur fait chier des cônes de signalisation rien qu’en faisant craquer les doigts de ma gauchère.

15.3.07 00:00


Vendredi, le seizième jour du mois de mars deux-mille-sept

Colloque de mérous


S’écoule un temps plus aisément quantifiable en tournées qu’en heures puis, inéluctable, l’avènement de Moscardo : le plafond se fend dans un style mer rouge, les moulures en stuc sont pulvérisées, se déverse par la plaie béante un torrent d’une insalubre quoique aveuglante clarté, solennellement de cette schneck de plâtre descend un trône lévitant sur lequel siège Tonton dans la dextre un 38 spécial police et dans la senestre le cœur encore fumant et palpitant d’un agneau arraché au sein une blonde enfant des suisses alpages… enfin, plus ou moins. Mine de poulpe poupon déterré sur une plage de Crète, le ripou à l’air dans un bon jour (pige : un jour où il te charclera pas à coups de pelle pour ne pas avoir demander la permission avant de parler), il sait ma tronche de truand à la truelle et me laisse venir, même si pas sans la dose de circonspection qui s’impose : Ave Moscar, morituri te salutant. C’est quoi ton biz Skandal ? t’es pas que je me souvienne de la clique qui à le sale penchant de venir mouiller sur mon épaule… Izi Tonton, suis juste à prendre des nouvelles d’un type qui a pris définitivement froid, une pointure de la chatte sur pellicule ; tu vois de quel Vojvodine je veux parler… Si t’étais en deal avec le nabab attends-toi à bouffer tes corn-flakes dans un képi dés le prochain p’tit-déj… Rien à me reprocher, si je puis m’exprimer ainsi ; j’étais aux States quand le papa a signé son bon de sortie. Je veux juste savoir si vous pataugez ou si dans tous ces effluves de moule avariée vous avez flairé une piste… Où t’as vu jouer que j’étais là pour caqueter gratos avec ta face de poulet ? J’inspire, mais crois pas que le commissaire a passé la ligne d’essai, y a que les lolitas à lollipops qui savent pas que le monde roule donnant-donnant et que Sasha Grey, Brianna Love et Eva Angelina sont toutes nées un 15 mars.
16.3.07 00:00


Samedi, le dix-septième jour du mois de mars deux-mille-sept

Alter ego : fisting princesses


Zéro, c’est la quantité d’infos que la mâchoire de pit de Tonton me lâchera si je sors pas un tuyau bien frais de la manche de mon slip. M’est arrivé à un âge tendre de jouer du bandonéon mais jamais je n’ai eu une âme de donneuse… je pourrais faire un moove stupide en tuyautant sur un player de la Slim connection mais les morts ont toujours tort et sont bien moins rancuniers, donc c’est feu TNT que je charge et sa bande des douze kilos que je mets dans le collimateur des forces de l’ordre : avant ce voyage qu’il ignorait être l’ultime, Totem avait passé le mot à ses lieutenants de garder au frais jusqu’à son retour le gosse de thunés cueilli à la sortie de sa business-school, et pas question de collecter la rançon avant le retour du caïd. Quitte à faire tomber dans l’escarcelle de la loi des quartiers de barbaque avariés, ma préférence va à de la petite racaille de cité : sereinement je lâche le morceau à Moscardo. En patron il enregistre l’information et continue de me toiser, souple j’avale le quart de litre de salive que mes glandes viennent de propulser dans ma cavité buccale, je sens mes doigts craquer et mes ongles s’arracher durant le siècle que je passe en suspension sur la falaise de ses lèvres, puis : Skandal, tu sais que certains aurais tendance à avoir confirmation de l’info avant de lâcher d’honorer leur part du marché, mais ce genre de comique à de la farce à tacos dans le slibard… tu sais pourquoi je vais pas attendre d’avoir le merlu dans mes filets avant de t’affranchir ? je vais te dire pourquoi : parce que je sais que t’as encore assez de neurones sous tension pour savoir que les tocards qui ont joué de la flûte à Tonton, ils se sont tous fait castrés à l’ouvre-boîte… et quelque chose me dit que tu tiens à tes couilles, je me trompe ?



This one goes out to Jean-Marc Mormeck (How does it feel to be great again ?), to Katie Morgan and to Franschezca Valentina (Happy birthday gals)

17.3.07 00:00


Dimanche, le dix-huitième jour du mois de mars deux-mille-sept

Un deux trois tout le monde dit "colostomie"


Entre la première et la deuxième vertèbre thoracique du nabab double-V s’est logé une bastos de calibre 9mm ; le vieux a expectoré ses derniers glaires du monde des vivants peu de temps après l’exécution, face contre terre dans son living, heure du décès : minuit onze… Il avait passé la soirée au bar de l’hôtel Crillon avec une escort, il l’a mise dans un taxi avant de se rentrer et de rejoindre le grand tout… c’est la conchita de service qu’a trouvé le corps au petit matin, l’enquête de voisinage a rien donné, pas de grabuge dixit les richards de l’immeuble, donc probablement un silencieux fixé sur le flingue, pas du taf de collégien acnéique, professionnel jusqu’à l’élastique du calbute, propre comme un diaphragme neuf, sûrement commandité. La question est : par qui ? Autant te dire direct que le vidéo-proxo gravitait dans une nébuleuse qu’a rien de l’île aux enfants, en guise de bisounours t’as du compatriote de la mafia russkiy, une poignée de bicots aux casiers long comme la bite de Rocco et deux trois réformés de la camorra… à peu près tous les numéros de son blackberry sont susceptible de l’avoir fait refroidir, y a juste à trouver l’aiguille au 9mm dans cette botte de foin de l’enfer. C’est le genre de mission pour laquelle on fait appel à Jim Phelps mais j’ai paumé son numéro de portable. Je sais pas pourquoi tu te rencardes sur le macchab’ mais crois-moi Skandal, il boxait pas dans ta catégorie ; je sais pas ce que tu cherches comme emmerdes et tu dormiars mieux si tu marches pas sur les pompes de ces types.

18.3.07 00:00


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