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Dimanche, le premier jour du mois d'avril deux-mille-sept

Ethan Mapother


De derrière le paravent un dealer de cubains du plus pur style ducal émerge, attrape à la volée un paquet d’allumettes et d’une graphie à faire débander le calligraphe impérial y écrit : Mordechaï. Oh Fidel Castro, ta bridée de patronne t’as pas briefé sur ce qui arrive aux oreilles des types qui écoutent aux portes ? Taille ta route avant que je sois à court de magnanimité… dopé au culot concentré, il se penche à mon oreille, à demi voix : y a moyen qué tou fasses tourner ? Incrédule, moi : Tourner quoi ? Lui, imperturbable : La go. Y a moyen qué tou la fasses tourner ? Je regarde Hildebrande, ou Alicia ou peu importe son putain de prénom, et là où un mec gentil aurait éclaté d’un rire puissant désamorceur de tension, je braque mon calibre sur la tempe du pendejo : A quatre pattes Pedro, tu vois cette paire d’escarpin ? t’aurais pas assez d’un mois de salaire pour te la payer ; maintenant lèche… non, non, pas le dessus, tu serais capable de corroder le cuir avec la bave de chacal ; lèche le dessous, nettoie bien la semelle… c’est bien… et maintenant tu tailles ta route avant que je sois à court de sang-froid… non, non, tu te relèves pas, tu vas jusqu’à la porte à quatre pattes cabron. Les allumettes au chaud dans ma veste, je tente de me décrasser les synapses pour m’assurer qu’il n’y a pas une question que j’ai oublié de poser à Hildebrande, et c’est là que je me dis que la deuxième verveine était sûrement celle de trop : cupcake, donne-moi ton number avant que j’aille repeindre les chiottes


On en profite pour souhaiter un bon anniversaire à Jenna Presley, parce qu'après tout, on n'a pas tous les jours vingt ans.

1.4.07 00:00


Lundi, le deuxième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Munly Munly


Deux jours que je suis sur l’affaire et j’ai un minable prénom en guise de piste, face à T. posée sur un des bergères de sa chambre d’hôtel, j’ai pas de quoi faire le beau, mais je te promets T. que je si j’arrive à mettre la main sur le blackberry du daron, je serais sur le Mordechaï en moins de deux heures ; silence… Juliette me scrute comme si j’étais un paysage dévasté par une apocalypse nucléaire. Elle rompt le silence, plus comme un Van Damme qui casse une brique que comme JC qui rompt le pain : j’ai une gueule à jouer au Quinté + ? j’ai le cul sur un héritage qui ferait passer Paris Hilton pour la fille de l’épicier reubeu du coin et tu me parles comme si je venais de sécher un cours de bio pour aller fumer un spliff derrière le gymnase… je fais enlever les scellés demain et j’installe mon QG dans le duplex du Troca et je veux voir ta face de player à neuf heures tapantes devant ma porte, tu l’auras le nom de ton Mordechaï ; en attendant, trouve-moi ce type… là elle me jette un bouquin dont le coin manque de me crever l’œil gauche [celui qui voit loin] : Altière pute dorée, de Tancrède Tocqueville. Tu veux que je te ramène l’écrivain ? Bah oui, pas l’imprimeur, tête de con ! Je n’ai jamais suivi de près l’actualité littéraire, et de toute façon même si j’aimais lire, avec toutes les cuites que je dois me prendre je n’aurais certainement pas le temps de le faire… alors si je veux faire mon chemin machette au poing dans la jungle féminine et demi-féminine de l’édition, l’aide d’un inverti comme Double-face me sera plus que nécessaire. Aux affres des règles douloureuses je laisse la Nastya et sonne cette petite arnaqueuse de William, connu d’une poignée de vicieux sous le nom de Double-face pour sa propension à coller aussi bien devant que derrière, ce que je ne suis pas allé vérifier par moi-même malgré toutes les bouteilles Four Roses qu’on a pu descendre ensemble. Will est une légende à l’échelle de son quartier, soit grosso modo tout le périmètre du marché Saint-Paul : coffré pour braquage d’un Crédit Agricole, il a profité de l’ombre pour plier la rédaction d’un petit roman sec de 120 pages qui a eu son petit succès, et à sa sortie de taule, pour assurer la promo de son deuxième déjà livré à son éditeur, il s’est fait re-coffrer cette fois pour cambriolage. A l'air libre depuis une petite décennie, il gratte son book tous les deux ans environ et se nourrit autant sur la bête que sur un fond occulte issu de ses années de braco : si un type peut faire en sorte que je me pointe face à baby-Cruella avec le poète à deux euros avant longtemps, c'est lui.
2.4.07 00:00


Mercredi, le quatrième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Dejan Savicevic


Will, dit pas que le poète est resté à Niakland… Izi tiger, il a fait son come-back deux ans plus tôt, chassé de Bangkok par une histoire de jeune fesse impayée. J’interroge : Tu dis qu’il l’aime fraîche ? Double-Face : Je dis qu’il l’aime givré. A domicile il a été inculpé pour tentative de viol sur mineur, relaxé faute de preuve, mais condamné pour attentat à la pudeur et détournement de mineur ; il a servi deux ou trois ans à Liancourt qu’il a passé à militer pour l’abaissement de la majorité sexuelle de quinze à douze ans. Persuadé que la plaie du monde est les mannequins qui deviennent actrices et celles qui sucent des animateurs télé, et, dans une moindre mesure, les Chinois, la rumeur veut que c'est sa dégaine facile du mot chatte qui l'a empêché de décrocher le prix Nobel de littérature. D'autres prétendent que s'il n'a pas décroché le gros c'est parce que seul à la face du monde il a avoué que passé quarante ans le principal fantasme de l'homme est de serrer gratos une pute de vingt ans avant de s'en rendre compte au commissariat qu'elle en a en fait quinze. Il écrit parce que c’est tout ce qu’il sait faire mais sa condition d'auteur majeur de son siècle ne lui fait ni chaud, ni froid. Paraît qu’il a toujours rêvé d'être golden boy, tycoon sans pitié brassant tellement de millions que même apercevant un tube de lubrifiant dans le sac de sa secrétaire il n'eut pas penser à lui enfoncer son presse papier en or massif dans le cul. on s'accorde généralement à penser de lui qu'il est le genre à rêver sa vie.
4.4.07 00:00


Jeudi, le cinquième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Ad te omnis caro veniet

J’écris depuis un présent fracturé

Ma présence au monde est différée par la détresse de tes entraves

Je suis étendu au long d’un souffle, un gouffre d’attentes déçues fait mon lit

Corrosive versatilité de ta danse, peine de verre dans le creux de mes os, grande vacilité de nos ivresses

Donnée et absente, mienne et loin, morte à la nuit

Je te vois étoilée d’amertume, à peine une solitude inachevée, à peine un fruit en bouche

Ville d’appoint, théâtre de catatoniques départs, mouroir d’illusions gravée dans l’ambre. J’écris depuis un champ de ruines révélées. J’écris depuis un présent fracturé.
5.4.07 00:00


Samedi, le septième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Libera me

Lien rugueux. Peine ensablée, confort de l'ensevelissement

Nous sommes tous deux passants des nuits. En ordre de bataille, libérateurs factices, conquistadors du soir

Dans un ciel nu d'étoile, dans un présage noir, dans le rai bleu de la lumière d'un néon, nous dissolvons notre amour

Lait brûlant de tes pupilles, mains inanimés au sortir du Levant, tu draines mille images de toi au long de la coulée blanche de l'asphalte

Ton corps abrité par le mien, toutes lumières dehors; lumière aveuglante de ta peau, lumière brûlante de tes bras

Franchissant cette mer, je nageais dos à toi, trempé d'eaux insalubres, libérés des amertumes passées

Le souvenir des instants qu'avait fui le naturel m'habite

Je marche droit
7.4.07 00:00


Dimanche, le huitième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Lev Nikolaïevitch Mychkine


Au grand loto des tordus de la life je vois que j’ai encore touché la super-cagnotte : là où ma capacité à entraver se trouve mise en échec c’est quand j’essie de comprendre pourquoi T. veut être branchée avec ce ouf malade… tu me diras, dans le genre déphasé, la gamine joue pas non plus dans la cours des amateurs. Double-face, si j’avais du temps devant moi je t’aurais, c’est sûr, payer la douzaine d’huîtres et champagne rosé à la terrasse de chez Falco, mais je suis sûr un timing plus serré que l’anus de Bernadette Soubirous et le plus tôt j’aurais Tocqueville dans la main, le plus frais le monde sera… alors sonne tes porteurs de palanquin, on va présenter nos hommages au génie à domicile et en panavision.

Le tierquar est planqué non loin du périph, agité et du style crapoteux, aussi chaleureux qu’un stade de la banlieue de Kaunas parcouru par les plaintes sporadique de cornes de brume fatiguée ; dans le lointain on devine un affrontement à la spatule entre une poignée de lustreurs de chibres et un gang de Chinoises en béret… en traversant la street déglinguée Double-face et moi on manque de se faire estropier par un rickshaw voilé tiré par deux jeunes Roms à la vitesse d’un dragster. La porte d’un immeuble très purgatoire années 60, perdu au sein des grésillements de l’interphone une voix éraillée gueule ”barrez-vous” : je fais sauter la gâche d’un coup de pompe ”quel étage ?”. L’ascenseur est bien sûr en panne et inondé de pisse de phacochère et la cage d’escalier repeinte au Galak. Arrivés tout de même devant la porte c’est le canon d’un fusil de chasse qui nous ouvre la porte [aucun sens de l’hospitalité ces écrivains] baisse ton feu Victor Hugo, c’est rien que le vieux William et un entremetteur de troisième classe du nom d’Iskandar mais tout le monde m’appelle Skandal.



Happy birthday Karina Kay...
8.4.07 00:00


Lundi, le neuvième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Tewfiq Teqtoniq


Chevelure poivre et sel enduite de graisse de bébé phoque et plaquée en arrière, lunettes de vue en croco croisé avec un saumon d’élevage, pilosité nasale développé, œil poly-facette de mouche albinos, grand échalas dégingandé aux faux airs de mannequin Océdar, assez flippant mais relativement vieux-beau avec son pantalon de lin et mocassins blancs, semblant aussi bien arrimé au sol qu’une feuille morte sous le vent d’octobre : c’est ça le MVP de la littérature française contemporaine. Il toise Will d’un regard de marque kalachnikov modèle 47 et éructe : « Espèce d’enflure de merde, quel genre de tacos au fromage suri t’as traîné devant ma porte pour finir ? …encore de la fausse gouape de téléfilm du lundi soir, une petite cuillère à fromage blanc tordue qui t’a récuré le rectum, un racketteur de pissotière à gonorrhée, un flûtiste de l’armée rose festonné d’un holster aussi vide que ses bourses… pas la peine de pavoiser Lucky Luke, t’avais pas encore tes dents de lait que je tapais déjà le carton avec du dignitaire génocidaire. » Le senior déflagre sans pression, arme au poing… ne pas se formaliser pour si peu, remettre la susceptibilité à plus tard : je pénètre en souplesse dans l’appart’ en effaçant la double bouche du canon qui me fait face, jette un œil à 360 et avise un rocking-chair bringuebalant sur lequel je me pose... le reste du mobilier est l’avenant : mité, vermoulu, pourri… papier peint à fleurs urinaires en phase de décollage, toie cirée sur une table en formica du néolithique, vitres involontairement fumées par la pollution et la crasse… manifestement ça paye pas son homme la littérature. Tocqueville tente de me resservir un embryon de diatribe avant que la résignation ne s’abatte lui sur avec la soudaineté d’une bombe estampillée OTAN ravageant un quartier de Belgrade, alors d’une main distraite il sert trois calvas avant de chevaucher une chaise cannée dont les pieds menacent de lâcher.

 

Une salve d'anniversaire aujourd'hui (John Strong, Katsumi, Jenna Jameson, Camilla Ken, Angelica Sin) mais aucun que je souhaite souhaiter

9.4.07 00:00


Mardi, le dixième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Wulfranc Buxtehude


Au mur dans un cadre qui semble bénéficier du privilège, rare ici, d’être de loin en loin nettoyé, un papelard trône comme un trophée de guerre, un crâne devant la turne de Kurtz :
1° ) TOCQUEVILLE Tancrède est un homme de bon niveau intellectuel dont le registre culturel est enrichi par l'autodidactisme et l'ardeur professionnelle.
En réponse à des problèmes précoces, il a développé une névrose complexe avec d'une part une certaine sensitivité à l'ambiance et d'autre part des composantes phobo-obsessionelles centrées sur le thème de la virginité.
A défaut de confier ses tourments obsédants, il a entrepris une série de passages à l'acte, poursuite de ses fantasmes, en ne réalisant pleinement leur caractère anti-social que devant l'opposition et la résistance des victimes.
2° ) L'infraction qui est reprochée au sujet est en relation avec ses troubles phobo-obsessionnels.
3° ) La réitération des agressions implique la notion d'état dangereux si la symptomatologie névrotique persiste.
4° ) Le sujet est accessible à une sanction pénale.
5° ) Un tel tableau ressortit d'une prise en charge dans le cadre d'une cure analytique.
6° ) le sujet ne doit pas être considéré comme ayant agi en état de démence au sens de l'article 64 du Code Pénal au moment des faits reprochés mais les troubles décrits vont dans le sens d'une atténuation légère à moyenne de sa responsabilité.
Le héros du feuilleton attend patiemment que j’ai achevé ma lecture pour me donner son avis sur les psychiatres considérés en tant que communauté : des alchimistes de l’inconscient qui donnent dans le charlatanisme parce qu’ils ont manqué leur internat de gynéco… avis dont je me fous, si susceptible que je puisse être le partager. L’heure est à la mise au point : je sais que dans ton biz on attend la Saint Piotr pour se sortir les doigts du cul, mais dans ma branche time is money, et en l’occurrence on parle de beaucoup de monnaie… telle que tu la vois, ma face est mandatée par de la solide héritière en jean slim et talons Bottega Venetta, poigne de demi de mêlée sous créatine malgré une majorité toute fraîche : le nom est Vojvodine-Carruthers, le prénom je le tairai qui commence par T. La raison je l’ignore, mais mon boss t’accordes un entretien personnel à consommer de préférence avant : voir date sur le couvercle. Le poète : et qu’est-ce qui te faire croire que j’ai un quelconque désir de rencontrer la petite pétasse qui t’a maquereauté pour quatre euros ? Je réplique : T’as du sauter la partie où je dis qu’elle est l’héritière de Vojvodine, le même que le Triple-V, Vlad Vojvod Vidéo… précisément le genre de DVD que tu planques sous le matelas quand ta vieille mère vient témoigner de l’inéluctable déchéance de son rejeton. Calme et frais comme un Ice Tea, Tocqueville : j’aimerais que tu t’abstiennes d’évoquer ma pute de mère, ça me donne des aigreurs d’estomac… si comme tu le dis, t’es bien un émissaire de W-vidéo alors sous tes airs de chancre avarié, tu pourrais bien être le messie. Le revirement de l’écrivain, j’avoue, me mouche sévèrement le cul même si, c’est vrai, au fond j’ai toujours été le plus christique des players, le plus messianique-ta-mère de tous les apprentis caïds.
10.4.07 00:00


Mercredi, le onzième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Apichatpong Weerasethakul


On sait plus ou moins qu’à l’heure dite à ma suite on trouve le plancton, menu fretin et autres porte-flingues filandreux de l’ambitieux métisse élevé par son crew au blase surfait de Mammouth et par le reste de la partie judicieusement étiquetté Bi-goût, sobriquet qui lui va comme une durex neuve ; on sait que du coup j’en suis réduit à poser mon QG dans la taule miteuse du Boche et qu’une fois dehors - et pourtant encore sobre parfois - mon scanner anti-embrouilles et mon périscope sont toujours de sortie. Ce qu’on sait moins, c’est pourquoi l’aspirant boss qui a fait son crawl parmi les requins de la Place Clichy est prêt à mettre le cash sur la table pour me voir dans un body-bag… pourquoi il a fait retourne ma piaule et planter H24 sous mes fenêtre une équipe de singes savants calibrés sûrement avec l’ordre de tirer à vu…pourquoi il a missionné feu Pizzicato et son Smith & Wesson de grande gueule/petite bite dans l’intention de me soustraire au reste du règne animal humain. Press rewind, rembobine le film avant même son début, on monte le décor : la cité capitale entrant dans l’automne et les feuilles se jetant des platanes comme des kids subdépressif du haut du toit de leur lycée, Vickie-Vick à l’ombre à Palerme avec un ex-champion de jet ski et moi subrepticement à la colle avec une dont j’ai oublié le nom, frigide en désintox qui desserre les cuisses que pour aller aux chiottes. Côté biz on me trouve en compagnie d’une escouade de faussaires birmans pêchés à Belleville après un casse foireux mené par un Antillais allant sous le nom de Jean et le blaze paradoxal de Carpette… persuadé de me faire du bif sur leur dos je me retrouve à traîner d’un escroc à un autre pour refourguer un semi-remorque de Vuitton, le temps de boucler la fin d’un moins plutôt creux.

11.4.07 00:00


Another one about Jesus, a wedding sheet and a bowie knife

Someone needs to take
A rusty bowie knife to you
From your groin to your chest-bone,
And spill the truth
That way you might touch your inside
Like I has to
Like you always make me do

Someone spaded Jesus Christ through skin meat and bone
The iron from the spike it starts that rusting
The iron from his blood, it adds to that rusting
His blood runs down the hill
And pools up in the cotton field
Where the cotton it be twice growing
And it is cherished for its red red hue
And it is marvelled for its stiffness
And it is revered for its twice growing
From above the earth crawling back into the earth
To be spat back out that mool
Be twice growing like Jesus Christ will
To return like Jesus Christ

And centuries have passed and I met you
And you love me
Christ girl, you know how much you love me
And someone made for us
This old wedding sheet
One side of the sheet well it be the man side
The other side of the sheet, well it be the woman side
I fit myself into the pre-made hole, in this wedding sheet
When I lay down on top of you

Someone says I’m hard
But I’m never hard enough for you
Especially when you take your sewing needle
And scratch a mark on your wrist
Especially when you take your sewing needle
And scratch a mark on your ankle
Especially when you take your sewing needle
And close up that hole in our sheet
And you use this sheet to wipe away your inside
And now our sheet it’s got a red red hue
And now our sheet it’s got this stiffness
And now our sheet it’s growing twice growing
The iron from your inside, it reopened up that hole
Yes it did rust it
Your blood did rust it
Your eyes went and rust it
And everything is rusting
And everything will rust for you as well

Jay Munly
12.4.07 00:00


Jeudi, le douzième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Arnaldur Indridason


Toi-même tu sais, hanté par le spectre de l’élimination en huitième de finale, octobre veut que je sois toujours cahotant zigzagant sur un fil tendu entre les bords de la falaise du coma éthylique : et un type qui m’a l’air descendu tout droit de Supercopter me remplit des godets de Wild Turkey / mode taylorisme activé / une pluie d’étoiles filantes en polystyrène s’abat sur ce qu’il reste des danseuses, sur ce qu’il reste des émissaires de la Maison Blanche, sur ce qu’il reste des cablo-opérateurs en queue de pie, sur ce qu’il reste de mon foie. Doucereux j’agonise en mi-bémol, staccato dirige la symphonie du soûlographe, celle qui dans les concerts précède le requiem pour une cirrhose : éternellement clean du cortex, à travers le brouillard dense de la pillave mes divers sens parviennent à capter l’info précieuse, tuyau sur un Arménien du nom de Civanian qui deale du faux en demi-gros et pas à la Porte de Clignancourt, peu coté attend de me tomber frit dans la gueule comme un pilon KFC. Ce que je ne sais pas à cet instant – ce que d’ailleurs personne ne sait vu la quantité négligeable qu’il représente – c’est que l’Arménien fraye avec le poiscaille de Bi-goût quand vient le printemps… la combine est simple : phase 1 / je lui envoie les Birmans pour lui faire à l’envers, confiant face à la bande des bouddhistes dégénérés Civanian baisse sa garde et bouffe l’épée jusqu’à la garde ; phase 2 / viennent les aigreurs d’estomac et l’ulcère, marron il veut mettre la pression sur mon escouade de faussaire pensant avoir l’avantage de jouer à domicile et c’est sur moi qu’il tombe, player de la Slim connection, hors de sa catégorie…
12.4.07 00:00


Vendredi, le treizième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Jéhan Pendragen


Arrive le jour où mes Birmans me livrent le gibier en plein fendage de plombs et je connais du monde haut placé, et j’ai le bras long et si récupère pas mon fric j’en connais qui vont finir en chaise roulante, et le type qui a osé me refiler une telle came de merde et encore je dis de la merde je suis gentil, c’est pire que de la merde, pire que de la merde me la refiler à moi ?! moi qui fait dans le faux o, mais le faux haut de gamme, le type qui a fait ça je te jure que je fais lui faire frire ses hémorroïdes en chantant Kumbaya, sur la tombe de mon père, je vais le faire. Franchissant le pas de ma porte comme Katrina débarquant à la Nouvelle-Orléans, crevette épileptique, pas plus d’un mètre soixante sous la toise, cinquante kilos sur la balance, de faux airs d’Alain Giresse en 86, roquet d’exhibition prêt à ingurgiter son poids en pâtée de mollets : charitable, je laisse vingt secondes de logorrhée – vas-y crache ta haine – et top votre temps est écoulé, je coupe court. Mon tour : écoute et prend des notes Civanian, la marchandise n’est reprise ni échangée, et avant de vouloir faire des concours de longueur de bites ou de longueurs de bras, imprime bien que le mien va jusque dans le holster de Big Boss Slim, et si tu veux un conseil pour l’avenir : quand tu vois arriver un mec avec un tube de vaseline, y a de fortes chances qu’il soit là pour essayer de te mettre une carotte dans le cul. Sans surprise les imprécations redoublent, les menaces sont lâchées, le rush de pression doit lui faire friser l’anévrisme : pour son bien je le choppe par le col et l’expulse en souplesse, je le vois rouler dans l’escalier comme une boule de pétanque en plastique et alors que sa tête heurte la rambarde, je me dis qu’il faut absolument que j’achète du café parce que j’en ai plus pour demain matin… pas franchement captivé par son flow bancal je saurais pas dire s’il a prononcé à un quelconque moment le nom de Mammouth.



Ne pas oublier de souhaiter un bon anniversaire à Claudia Rossi, 24 ans aujourd'hui...
13.4.07 00:00


Samedi, le quatorzième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Lamar Odom

Passent trois jours, tombe la convoc’ au bureau pas de Slim occupé à de plus graves ou juteuses affaires mais de Castel aka le Métronome / systématiquement abrégé en Métro / pour sa fiabilité, sa régularité et sa ponctualité, classé entre numéro 3 et numéro 4 dans la hiérarchie très officieuse de la galaxie criminelle sur laquelle règne le Big Boss, fait plutôt dans la diplomatie et l’entregents, laisse à Geldhoff la poétique du 9mm, fidèle à sa répute il balance sobre : Bi-goût s’est plaint à Slim que tu l’as faite à l’envers à un de ses protégés ; il exige excuses et rectification du tir.
- Et Slim il en pense quoi ?
- Slim n’en pense rien, n’a pas le temps d’en penser quoi que ce soit, m’a demandé de gérer en deuspi. Et j’en pense que tu devrais le faire.
- Faire quoi ? Présenter des excuses ? Non mais t’as craqué ton slip… franchement, j’ai une tête à bouffer des croustibats cramés à l’extérieur et congelés à l’intérieur ? Cet apprenti-caïd vient de poser un pied sur la place et il veut déjà inféodé tout ce qui bouge sous prétexte que les pontes en place ont pris du gras au bide et sont trop feignasses pour lui mater sa rébellion et moi je devrais en faire les frais ? Nique sa mère la pute, oui !
- T’es grand. Tu fais ta vie. Mais je ferais dire à Mammouth que t’es tout seul sur ce coup-là. On n’est pas là pour arbitrer des querelles de marchands de carpettes.
- Alors allez tous vous faire baiser ! Mon pied droit s’écrase dans une merde de clebs alors que je sors du bureau de Métro et des envies d’Hiroshima made in Paname me prennent à l’aine… je gueule : et c’était pas des carpettes, c’était des sacs ! je marche en zigzags, j’ai retenu ma leçon : la loyauté c’est comme l’honnêteté, ça paye pas.
14.4.07 00:00


Dimanche, le quinzième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Jean-Karl Lavrinovic


Je suis de la baise, sans back-up je n’ai pas d’autres choix que de me plier devant Bi-goût, seul face à ses sbires mes chances de survie sont d’une sur mille je ne suis rien, pas plus qu’un poil de cul sur la lunette des chiottes du Balto. Débandade, j’écris ton nom (sale pute) ; j’en n’étais pas à refourguer mon royaume pour un bourrin mais question perte de face je me posais quand même bien là. Et quoi ? Il fallait y aller, j’irais. Contact, le métisse pose le rencard chez lui : je prends mon courage à deux pailles, direct dans la cavité nasale, et camé jusqu'au gésier je me pointe, palatalisant à tour de langue les plus improbables consonnes tant ma bouche me fait l'effet d'être d'un grand huit dont le machiniste a perdu le contrôle. Comme il y a le nouveau riche, il y a le nouveau gangster, welcome chez Mammouth : passé la porte un gorille stéroïdé check mon identité, enfilade de pièces où s’agite une pléthore de moules fraîches en tenue légère, décadence faussement Second Empire et cocaïne en saladiers, aspirants players calibres à la ceinture gravitent autour du Commandeur des croyants en sifflant du champ’… avant de venir j’aurais du le prévenir que ce n’est pas en jouant à Tony Montana qu’on peut m’impressionner. Dans la cohue je me dis que je vais prendre un verre avant de m’humilier et tombe sur une gorgone hormonale en Gucci, Vogue aux lèvres glossés, décolleté pailleté très ta-tasse : sang-froid et tempérance, mieux vaut ne pas de disperser… mais couplée à la pillave et aux stupéfiants elle me fait l’effet d’un esquimau à l’uranium et pas le temps d’articuler “à vos marques“ que déjà l’attraction est trop forte et l’instant T où j’irai me ventouser à sa bouche imminent. Subrepticement parlons de rien, tirant nerveusement sur nos clopes, vidant la tise à grands traits, insoutenable round d’observation avant que je la plaque contre le mur lui glisse ma main dans le string : elle me bouffe les lèvres, les entaille à coups de canines, me plante ses ongles dans la nuque.
15.4.07 00:00


Aphorismes

Il faut toujours préférer la gloire à l'amour. Car qu'est la gloire sinon l'amour à l'échelle d'un peuple.

C'est le désir le plus intense et le plus profond de ceux qui ont une conscience aiguë et indiscontinue des mécanismes du réel que de parvenir sporadiquement à ne plus les percevoir.

Commencer d'aspier à la vérité, c'est cesser d'aspirer au bonheur.

Entrer en résistance sans être prêt à mourir, c'est prendre un aller simple pour la résignation.
15.4.07 00:01


Lundi, le seizième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Agamemnon Busmalis


Autour de nous le temps s’arrête, je trouve ça plutôt poétique de sa part, en tout cas au début, jusqu’à ce que je capte que, pas une simple impression, il s’est vraiment arrêté, qu’autour de nous plus de bruit, plus de mouvement ; je m’extrait de l’étreinte, écorché comme au sortir de l’arène : immobile, médusée, l’assistance me regarde comme si j’étais mort, ma gorgone déchaînée tente de me ramener par la ceinture, son état encore plus second que le mien elle crache une batterie d’insultes aux statues qui forment notre audience. Dans la famille quatrième dimension, je demande le père : Bi-goût débarque de la lave dégoulinant des yeux, prêt à décocher son fulguro-poing dans la face de la gorgone dans une rage mêlée d’amour et alors je saisis un peu trop tard que c’est dans la chatte de sa régulière que j’avais les doigts. “Coupez la bite de ce fils de pute !“… ordonnez calife et nous obéirons, trois types parmi les plus fidèles/réactifs se parent de leur schlass le plus stylé et alors je me dis que j’ai bien fait de suivre mon instinct en venant équipé : clé de bras sur la gorgone (désolé amour), je braque mon glock sur sa tempe et joue l’esquive en preneur d’otage “vous bougez le prépuce et je lui fait dans le crâne un trou assez gros pour qu’on puisse y fourrer une queue“… du calife les sous-fifres attendent l’ordre de faire feu, mais il est trop love de sa gorgone pour risquer de voir la teinte de ses corps calleux. Arrivés devant mon coupé, je rengaine mon calibre et tant qu’à mettre les pieds dans la merde autant les mettre jusqu’à la taille : je propose à la gorgone d’achever de se déchirer la gueule au Bootleggers United, “avec plaisir darling“ et nous décapitons le bitume, de 0 à 100 en 13.7 secondes, les merveilles de la mécanique couplées à celles du leasing…
16.4.07 00:00


Mardi, le dix-septième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Silas Fauntleroy


Quelques semaines plus tard, que le sang continue à couler dans mes artères et non pas dans le caniveau constitue un petit miracle, que je dois en partie, j’en suis conscient, au fait d’avoir quitté le pays un petit bout de temps. A l’heure de livrer Tancrède que j’ai fraîchement rebaptisé Supertanker et plus sobrement Tank, je me sens toujours comme l’autre baltringue de Damoclès et c’est exactement le genre de chose qui ne facilite pas la digestion. Parano comme un diamantaire anversois perdu à Barbès, en sortant de ma tire je m’avise que je suis suivi par un Viêt-Cong sous percodan qui guettait mon arrivée, un nervi surineur qui m’aura décousu l’intestin grêle avant que j’ai franchi le palier de l’appart’ de feu Vojvodine : je pivote pour lui faire face, main sur le holster et lui demande de passer mes amitiés à Mammouth, il se calte sans demander l’addition. Pas de mal cette fois-ci, mais à ce rythme-là il leur faudra pas longtemps pour me trouer, me poinçonner ou me noyer dans trente hectolitres de pisse de pangolin : la médiation semble exclue, l’heure est venue de fourbir mes guns et de partir comme un vrai samouraï, la coiffure de tantouse en moins… Pour moi, j’ai l'avantage de la surprise, le métisse étant incapable de croire que je l’attaquerais frontalement sans le soutien de Slim, au rang désavantage j’ai les deux cent cinquante suce-rectum qui le suivent dés qu’il fait plus de trois mètres… pas simple. En clair, est requis : le talent, le plan en béton et à peu près autant de chatte qu’un gagnant de l’Euromillion. Tout arrive, je ne pensais pas regretter un jour le tragique trépas de La Douille aka Tête de Schlass, un des seuls shooters capable de faire ce boulot proprement, pour une prime astronomique certes, mais proprement.
17.4.07 00:00


Mercredi, le dix-huitième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Chapel Waste


“Regarde moi cette viande…“ Dans ce qui est jusqu’à nouvel ordre sa cuisine, T. tripote du bout d’une fourchette un bout de barbaque crue à l’aspect douteux ; face à elle, Tank essaie de détacher son attention du bout de viande qui montre pour la porter sur celui qui est montré. Juliette irradie dans son jean confectionné amoureusement par une bande gamins bangladeshi à moitié aveugles, et moi amour pour elle est comme une forêt varoise au mois d’août, les canadairs en moins. “Tu vois, c’est plus souvent à l’odeur qu’à la couleur qu’on reconnaît une viande faisandée. Celle que mon défunt daron m’a laissé sur les bras, elle pue le cadavre et a la couleur du charbon… et s’il arrivait à en vendre autant, c’est uniquement parce que là, dehors, le peuple des consommateurs crève de faim. Ce qui se fait aujourd’hui chez Double-V Vidéo, il est hors de question qu’on puisse y associer mon nom ou mon image… le livreur de pizza qui sodomise la bonne, le garagiste qui se fait tailler une pipe par la baronne, pas de ça chez moi… je veux du dense, du fissile, du dangereux, je veux qu’en regardant un DVD on se sente aussi en sécurité qu’au Sierra Leone… Ce que je veux, c’est retrouver le temps de la splendeur commerciale et artistique des éditions, l’âge d’or de Mary Anne et Bo Carver. Guider l’élite, dicter la tendance, être le benchmark de l’industrie : c’est mon ambition. La première étape ? trouver le cerveau de l’opération… la deuxième, trouver la fesse… Pour la première étape, le casting est clos, tu peux prendre ta retraite de pornographe littéraire, je t’invite à jouer dans la cour des grands, la seule vraie pornographie, la musique des fluides. Et pour la Terpsichore qui fera lever la queue de ton inspiration, les enchères sont ouvertes, viande fraîche à l’étal, arrivage quotidien.”
18.4.07 00:00


Jeudi, le dix-neuvième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Phylis Ruth


19.4.07 00:00


Vendredi, le vingtième jour du mois d'avril deux-mille-sept

Jorge Fitrenaz


"J’ai une tête à écouter du Miles Davis en sirotant du earl grey dans un mug Marks & Spencer ? Non… alors je vais pas me lancer dans le bavardage de crypto-tantouse pour faire gentlemen parce que ton petit boul a le bonheur de rentrer dans une taille 0 sans que t’aies besoin d’arrêter de respirer. Si je mets lu et approuvé mon blaze au bas d’un papelard à en-tête Vojvodine, c’est pas pour pisser de la bande en freestyle et jouer le marketing sur ma répute de dealer de soufre. Je suis pas là pour cadrer de la midinette de l’est pâquerette dans le fion à la David Hamilton juste pour faire cracher les seniors… attention, pas de méprise, je respecte les traditions hongroises et je veux bien deux trois étudiantes de l’université de Budapest pour jouer les seconds rôles… mais si je rentre en studio je veux du premier rôle an titane, les meilleures ricaines, Aurora Snow, Sasha Grey, Bree Olsen, de la furieuse, de la vicieuse, de la crasseuse, de la baveuse qui se fait fister au p’tit dèj’ en rigolant entre un spliff et une ligne de CC ; importées au prix fort c’est sûr, et je veux pas avoir à regarder le chéquier, y a marqué poète là, pas comptable…je veux carte blanche, quartier libre et être le seul maître à bord, du casting au choix du titre en passant par le filmage, le scénario, l’éclairage, les décors ; tout, je veux tout faire, et que la moindre de petite goutte de foutre me soit soumise avant d’être avalée. Si j’ai le budget garanti et l’assurance d’avoir les mains déliées, je pourrais commencer à envisager de travailler avec toi, et note bien que je dis avec et non pour… Tancrède Tocqueville ne travaille pour personne, Tancrède Tocqueville n’a pas de patron, encore moins une femme, encore moins une femme assez jeune pour lui servir de couvre-lit… En clair, tu n’auras le droit de faire que deux choses de ces films : les regarder et les vendre."
20.4.07 00:00


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