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Lundi, le cinquième jour du mois de novembre deux-mille-sept

It's alive

Grâce à la magie combiné de Google Reader et de la wayback-machine de Webarchive, je suis parvenu à récupérer les deux-cent et quelques notes perdues par 20six. Après avoir passé tout le week-end à les reposter une par une pour rendre sa continuité et son sens à ce blog, je m'interroge sur une possible reprise.

5.11.07 00:00


Mardi, le sixième jour du mois de novembre deux-mille-sept

City of the Chasch

 

 

6.11.07 00:00


Bien sûr, je ne peux pas faire l'impasse sur Aurora Snow qui, comme chacun le sait, fête ses vingt-six ans aujourd'hui, soit seulement dix-neuf jours après moi.

Je nous souhaite, conjointement, un joyeux anniversaire...

26.11.07 00:00


Lundi, le vingt-sixième jour du mois de novembre deux-mille-sept

Vintage

Forceur d’entraves, délassé de ton cou, ce membre-là. Ta torpeur de fille caniculaire et ô le miel de ton été vespéral. Maintenant plus vénérable. Oligarques de mes sens déviés. Fruits rouges acides. Amenés d’ailleurs, d’enfance. Le glissement de tes cuisses et la sueur. Te baigne de sauvage dissidence. Une odeur de figues. L’essor de mon vaisseau pâle et asphyxié. Trombes d’eau luisante. J’ai pris le pli de l’habitude. Je survis posément. Je suis amoureux de la trace. Les hommes massacrent les dragons de leur siècle. Partir, rien, souvenir. Je me retourne sur le passage de la rue. Ai cessé de marcher : mes veines sont trop grosses de chaleur. Fille de canicule et indolence méridionale. On cause de rien, d’excréments dans le voisinage. Constellée d’absence, toi la fille de Split, rappelle moi ton prénom s’il te plait. Dis oui s’il te plait. Allez, va, j’attache mes soleils rythmiques à ton cou de petite fille.

26.11.07 00:00


Mardi, le vingt-septième jour du mois de novembre deux-mille-sept

John-Michel “The Crank” Ratpeustein


- Je ne sais plus quel baltringue a dit que la musique pouvait nous sauver. Bollocks. Freddy, ressers-moi un double pedro le temps que la Gisèle rentre des chiottes.

 

Freddy enquille dans une choppe deux doses de tequila et deux doses de goustomite. Six ans d’âge. Le plafond pleure une humidité grasse.
En effet, la musique ne pouvait pas nous sauver, ni John-Michel, ni Freddy, ni Gisèle, ni moi. Plus maintenant. Pas après le naufrage.
On ramassait encore des corps sur la plage de galets, tous les matins. Souvent à moitié graillés par les berniques, piqués des vers, déchiqueté par les becs d’oiseaux devenus, par la force des choses, charognards.
Gisèle revenant des toilettes, belle comme un pile de cartons qui a passé la nuit sous l’orage puis séché lentement, toute la journée, sous un soleil froid. Gisèle, c’est un eldorado périmé. Il n’y a rien de plus à dire sur elle ; même si, c’est vrai, elle est le centre mouvant d’une multitude de mondes.

27.11.07 00:00


Mercredi, le vingt-huitième jour du mois de novembre deux-mille-sept

The wonderful world of ta mère

Time to throw a little magic, motherfucker...

Eternels créanciers du destin. Des reptiles. Nourris d'espoirs pitoyables. Celui – s’il faut en choisir un pour l’exemple, choisissons le au hasard – celui d’être absous de leur insignifiance.

The ruler is back... and looks like he's been eating too much rice-a-roni, motherfucker...

Gisèle a, messieurs, la peau satinée d'une gazelle empaillée, douce comme la peau tannée de six mille enfants ; yeux opalins, oui, et bouche lippue. La glotte en place, le clitoris aussi.

And now you know... you know that I own you, bitches...

Freddy, tu sais, tout ça finalement, ça ne restera pas dans l'histoire. Ni la danse des cadavres sur la berge, ni le festin des crabes, ni le jour où on a réalisé que la fin se jouerait entre nous quatre. Et les justes suivent leur voie. Et les injustices guettent. Comme le temps est trop long.

You've seen me on TV, bitch... they call me The Pacifier... my shit is so hardcore no one dares to fight when I'm around, motherfucker...

Faméliques ombres de nos rêves, noyées dans le brouillard liquoreux d'une énième cuite. John-Michel, ce qu'il en reste, la loi, les générations spontanées de punaises des lits, le vin quand il épaissit à cause des mites, la solitude, le bruit, tout.

Yeah motherfucker, I'm back with my A-game... back like cooked crack, motherfucker !

28.11.07 00:00


Jeudi, le vingt-neuvième jour du mois de novembre deux-mille-sept

Cuz' we all know you are useless

Convient-il de s’interroger maintenant sur les origines de l’histoire ? Peut-être devrait-on savoir de quoi sont morts ces gens dont on ramassait les corps sur la plage.

Gisèle a fait une brève carrière sous le pseudonyme de Olao Lala. C’est peut-être à cette occasion que je l’ai connue. C’est peut-être à cette occasion que j’ai connu John-Michel. Il le dit lui-même : « La genèse est la première des choses à ignorer. En réalité, il y a très peu de choses à savoir. On peut survivre avec un dérisoire minimum. »

L’important dans l’ignorance, c’est de commencer par le début.

Gisèle revenait donc des toilettes, où elle avait passé, comme souvent, beaucoup de temps a préparé soigneusement sa dose de méminol avant de se l’injecter dans l’artère fémorale. Les gestes sont toujours les mêmes et c’est justement ce qui les rend si merveilleux. Briser un bout de l’ampoule. Puis l’autre. Diluer les cristaux dans le liquide. Attendre quelques secondes que le mélange devienne sirupeux. Remplir la seringue. De tous les rituels qui persistent à la surface de la terre, celui-ci est le mieux ancré.

L’important n’est pas le sens caché. Les détails seuls importent.

 

29.11.07 00:00