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obsessions

Vendredi, le troisième jour du mois de juillet deux-mille-neuf

Pour celui qui plus que jamais est l'homme et l'animal, la question est :

L'inconfort, la douleur et le désarroi causés par l'absence et le doute sont-il proportionnels au bien-être et à la plénitude causés par la présence et, surtout, la possession ?

3.7.09 00:00


Jeudi, le troisième jour du mois de septembre deux-mille-huit

Conclusions 

L'enquête fut longue et minutieuse. Des heures à éplucher romans, nouvelles, poèmes et le contenu même de ce blog. A la fois enquêteur et sujet des recherches, j'ai noté à la fois un motif récurrent et ce que provoquait en moi l'exposition à ce motif.  J'en suis arrivé à une conclusion sans équivoque et ne souffrant aucune contestation : mon fantasme absolu est de vivre un amour platonique avec une fille à la beauté plastique parfaite. En clair, mon rêve est de sortir avec la plus belle femme du monde, sans réussir à la baiser.

Fin de la transmission

3.9.08 00:00


Jeudi, le vingt-sixième jour du mois de juin deux-mille-huit

Orbe de puissance

Si nous avions pris soin de tenir nos erreurs éloignées de nous, cela ne serait pas arrivé. Il eût fallu faire un vœu et qu’il se réalise. N’importe lequel.

J’aimerais prendre ses mains dans les miennes, la regarder droit dans les yeux et lui dire que tout ira bien. Que sais-je de tout ? Je laisse ses mains où elles sont. Tous les quatre nous laissons nappés par le silence, sporadiquement rompu par le plic/ploc du goutte-à-goutte du plafond. « Tu vieilliras comme moi, Aldo, et tu comprendras. Il n’arrive pas de choses singulières. Il n’arrive rien. » Les mots me reviennent, incessant reflux. Chacun son rivage. Le mien – le nôtre – n’est pas celui des Syrthes mais la règle s’y applique tout de même : il n’arrive rien.
Je ne sais pas si tout ira bien. Je sais que tout suivra son cours. On ne prend les mains des gens, on ne les regarde pas droit dans les yeux pour dire ce genre de choses.Ce n’était de toute façon pas le moment, le méminol la ferait bientôt délirer.

Gisèle sait au fond d’elle que la vie ne sera jamais à la hauteur. John-Michel et Freddy, s’ils n’en ont pas pleinement conscience, ne tarderont pas à s’en douter.

26.6.08 00:00


Lundi, le neuvième jour du mois de juin deux-mille-huit

Entre prendre 

Quand on se targue de créer, il est des choses que l’on aurait aimé inventer mais que l’on ne fait qu’observer et retranscrire. Certainement nous n’inventons rien et il n’y a, de toute façon, que deux histoires à raconter. Cette manière que Gisèle a de se parfumer avec du patchouli, j’eus aimé l’inventer. Parce que ce parfum entre tous est celui qui évoque le plus le pourrissement. Pourrissement boisée, terrestre, forcément humide. Corruption, ver dans le fruit. Passons rapidement sur les évidences. Gisèle sent… j’allais dire « la décadence », prêtant au mot la polysémie de l’anglais decay. Ça ne s’invente pas, dit l’expression consacrée. Ni beauté vénéneuse du cliché, ni jeune fille en fleur du grand titre, Gisèle est une chair douceâtre, capiteuse, lentement pourrissante, si du moins nous prêtons foi aux effluves. C’est que, voyez vous, la mémoire du nez est la plus tenace et les odeurs, ce que nous oublions le plus difficilement. Gisèle est devenue le patchouli, mystérieusement. La drogue la ronge, laissant en elle, j’imagine, mille cavités que vient remplir une lymphe contaminée. Mais qu’est l’invention de cette lymphe face à la vérité de ce parfum ?

9.6.08 00:00


12.4.08 00:00


Lundi, le trente-et-unième jour du mois de mars deux-mille-huit

Stick it up, kid

C'est en montant les escaliers jusqu'à chez moi que j'ai découvert que j'avais la mononucléose de Roger Federer. Il faut dire que j'habite au sixième étage et que je n'ai jamais aimé, au tennis, que les cuisses de Steffi Graf et les chevilles de Maria Sharapova. Je me méfiais des médecins depuis qu'ils m'avaient diagnostique une génialité congénitale, dés lors j'ai opté pour l'auto médication. Jim Beam, Xanax et Crystal meth. Après trois mois de traitement, je n'avais pas éradiqué la mononucléose mais le génie, lui, avait bien été expurgé. L'idéal pour moi eût été de déménager mais le fait que je dépense tout l'argent des assedic en alcool et produits stupéfiants, ne me laissait pas la latitude financière pour le faire. L'argent était d'ailleurs un problème constant. Un problème qui paru devenir insoluble le jour où je fus radié pour avoir manquer de présenter à mon contrôleur ANPE des preuves de ma recherche d'emploi. L'idée m'est venu alors de fabriquer mon crystal meth plutôt que de l'acheter et de revendre le surplus pour avoir au moins de quoi me payer tous les deux jours une bouteille de vodka Rachmaninoff et une douzaine de bières 50 cl Graffenwalder chez Lidl. C'est comme ça, en dealant (appelons les choses par leur nom), que j'ai rencontré Héloïse-Grace.

31.3.08 00:00


Lundi, le dixième jour du mois de mars deux-mille-huit

Danilo Quiche

C’est l’heure d’ouvrir grand l’outre des vents, je le dis, quitte à finir la nuit dans un hôtel de passes avec une diaphane pute de l’est qui ne doit pas avoir beaucoup plus de la moitié de mon âge, à parler de l'augmentation de la taxe foncière et du fléau des déjections canines en essayant tant bien que mal de ne pas prononcer le mot merdasse. Et à l’heure où se lève la lame de fond qui écrasera mon vaisseau métaphorique sur de non moins métaphoriques récifs, c’est forte de milliers de soldats que se lève aussi, sur le perron de l’univers, l’armée des junkies en marche et leurs fiancées célestes aux culs d’albâtre et aux chicots de charbon : une pluie qui semble de larmes de joie s’abat sur l’esplanade de la Défense et givre instantanément, créant une mosaïque pailletée dont le scintillement évoque la plus grande boule à facette de l’histoire de la nuit. O glabres fiancées qui héroïquement vous abstenez de sucer vos propres chattes, c’est bien parmi vous que fut élu l’enfant : peau souple et cœur fébrile - et vos culs d’albâtre sur des tapis de seringues. Les cieux éternuent, et l’enfant ouvrant ses bras : « Mère, où sont les toilettes ? Où sont nos années perdues ? Et quand est-ce que tu passes au Super U ? j’ai besoin de tampons… »

10.3.08 00:00


Dimanche, le neuvième jour du mois de mars deux-mille-huit

Patiens quia aeternus

Ce serait trop simple de dire que c'est fini.

Ce serait trop présomptueux de croire que tout a été dit

9.3.08 00:00


Dimanche, le deuxième jour du mois de décembre deux-mille-sept

La Slovaquie ou la mort

J’écris depuis un présent fracturé. S’agit-il de se repaître de ces miettes nonchalamment semées ? Doit-on accorder foi à cette vision fragmentaire ? Et lorsque je dis on je ne le dis pas à l’exclusion de moi. Je ne sais pas plus que vous si je dois croire à ce que j’écris.

Pourtant John-Michel, je ne l’ai pas inventé quand même. Son pull marin au col jamais boutonné, ses mains calleuses, son sourire crispé, sa façon horripilante de dire fondamentalement ; ça je n’ai pas pu l’inventer.

Il voit Gisèle revenir des toilettes et malgré tout, il la trouve belle. Freddy aussi la trouve belle, mais il ne la désire pas. Il ne peut pas. C’est peut-être sa sœur.

Es rauscht die Klage das herbstliche Rohr,
Der blaue Teich,
Hinsterbend unter grünenden Bäumen
Und folgend dem Schatten der Schwester;

dem Schatten der Schwester, ce n’est pas la chatte de la sœur. Ça ne se traduit en tout cas pas comme ça, même si au fond ça l’est peut-être, même si je ne peux m’empêcher de penser que quelque part ça l’a été. Le roseau automnal, l’étang bleu/ Bruissent la plainte/ Mourante sous des arbres reverdis/ Et suivant l’ombre de la sœur. L’ombre de la sœur. Personne ne songe à suivre l’ombre de Gisèle. C’est la plainte qui est mourante, mais Freddy lors d’une lecture inattentive, à un jour craint que ce ne soit la sœur. Gisèle n’est pas mourante. Au moins pas dans l’acception générale du terme. Mais John-Michel nous dirait que tout ce qui vit est mourant. Pour le poète, ce qui ne vit pas l’est aussi, comme une plainte. Ou comme la vague de cristal contre le mur en ruine

Die kristallne Woge
Hinsterbend an verfallner Mauer

Je ne sais pas si Gisèle est belle. Avec ses pupilles dilatées, ses lèvres pâles, son nez dont l’extrémité bouge quand elle parle avec animation.

 

2.12.07 00:00


Samedi, le premier jour du mois de décembre deux-mille-sept

En rêve

In feuchter Luft schwankt blühendes Apfelgezweig

On tient souvent pour une seule vérité ce qui n’est que deux fois à moitié vrai. Derrière son comptoir, je sais que Freddy garde sous la caisse un exemplaire de Sebastian im Traum. Je sais qu’il l’ouvre chaque fois que la solitude le surprend. Dix-sept ans ont passé depuis qu’i la trouvé ce vieux livre dans les affaires de son père. Dix-sept ans qu’il l’écoute et
Immer tönt der Schewster mondene Stimme
Durch die geistliche Nacht

toujours résonne la voix de lune de la sœur à travers la nuit spirituelle.

Freddy ne sait pas qui était cette Schwester/sœur, ignore ce qui, en dehors du sang, la liait au poète. Georg Trakl est mort à 27 ans. Sa vie a été rongée par la toxicomanie et l’inceste. Nous devrions le qualifier de poète maudit. Aimons-nous assez les demies vérités pour emprunter ce raccourci ? Tu hésites à traverser ces étendues. Tu ne peux le faire en paix parce qu’
Zu deinen Füßen
Öffnen sich die Gräber der Toten,
Wenn du die Stirne in die silbernen Hände legst.

à tes pieds s’ouvrent les tombes des morts quand tu poses le front dans tes mains d’argent.

Nous faisons en sorte de rendre les choses le plus simples possibles. C’est d’ailleurs pour ne pas trop nous embarrasser que, toutes, nous les nommons choses. J’ignore si Freddy a une sœur, s’il en a eu une, si elle est encore vivante, si
Ein strahlender Jüngling
Erscheint die Schwester in Herbst und schwarzer Verwesung.

adolescent lumineux, la soeur paraît dans l’automne et la pourriture noire

Dans l’air humide oscille les rameaux en fleur du pommier

1.12.07 00:00


Jeudi, le vingt-neuvième jour du mois de novembre deux-mille-sept

Cuz' we all know you are useless

Convient-il de s’interroger maintenant sur les origines de l’histoire ? Peut-être devrait-on savoir de quoi sont morts ces gens dont on ramassait les corps sur la plage.

Gisèle a fait une brève carrière sous le pseudonyme de Olao Lala. C’est peut-être à cette occasion que je l’ai connue. C’est peut-être à cette occasion que j’ai connu John-Michel. Il le dit lui-même : « La genèse est la première des choses à ignorer. En réalité, il y a très peu de choses à savoir. On peut survivre avec un dérisoire minimum. »

L’important dans l’ignorance, c’est de commencer par le début.

Gisèle revenait donc des toilettes, où elle avait passé, comme souvent, beaucoup de temps a préparé soigneusement sa dose de méminol avant de se l’injecter dans l’artère fémorale. Les gestes sont toujours les mêmes et c’est justement ce qui les rend si merveilleux. Briser un bout de l’ampoule. Puis l’autre. Diluer les cristaux dans le liquide. Attendre quelques secondes que le mélange devienne sirupeux. Remplir la seringue. De tous les rituels qui persistent à la surface de la terre, celui-ci est le mieux ancré.

L’important n’est pas le sens caché. Les détails seuls importent.

 

29.11.07 00:00


Mercredi, le vingt-huitième jour du mois de novembre deux-mille-sept

The wonderful world of ta mère

Time to throw a little magic, motherfucker...

Eternels créanciers du destin. Des reptiles. Nourris d'espoirs pitoyables. Celui – s’il faut en choisir un pour l’exemple, choisissons le au hasard – celui d’être absous de leur insignifiance.

The ruler is back... and looks like he's been eating too much rice-a-roni, motherfucker...

Gisèle a, messieurs, la peau satinée d'une gazelle empaillée, douce comme la peau tannée de six mille enfants ; yeux opalins, oui, et bouche lippue. La glotte en place, le clitoris aussi.

And now you know... you know that I own you, bitches...

Freddy, tu sais, tout ça finalement, ça ne restera pas dans l'histoire. Ni la danse des cadavres sur la berge, ni le festin des crabes, ni le jour où on a réalisé que la fin se jouerait entre nous quatre. Et les justes suivent leur voie. Et les injustices guettent. Comme le temps est trop long.

You've seen me on TV, bitch... they call me The Pacifier... my shit is so hardcore no one dares to fight when I'm around, motherfucker...

Faméliques ombres de nos rêves, noyées dans le brouillard liquoreux d'une énième cuite. John-Michel, ce qu'il en reste, la loi, les générations spontanées de punaises des lits, le vin quand il épaissit à cause des mites, la solitude, le bruit, tout.

Yeah motherfucker, I'm back with my A-game... back like cooked crack, motherfucker !

28.11.07 00:00


Mardi, le vingt-septième jour du mois de novembre deux-mille-sept

John-Michel “The Crank” Ratpeustein


- Je ne sais plus quel baltringue a dit que la musique pouvait nous sauver. Bollocks. Freddy, ressers-moi un double pedro le temps que la Gisèle rentre des chiottes.

 

Freddy enquille dans une choppe deux doses de tequila et deux doses de goustomite. Six ans d’âge. Le plafond pleure une humidité grasse.
En effet, la musique ne pouvait pas nous sauver, ni John-Michel, ni Freddy, ni Gisèle, ni moi. Plus maintenant. Pas après le naufrage.
On ramassait encore des corps sur la plage de galets, tous les matins. Souvent à moitié graillés par les berniques, piqués des vers, déchiqueté par les becs d’oiseaux devenus, par la force des choses, charognards.
Gisèle revenant des toilettes, belle comme un pile de cartons qui a passé la nuit sous l’orage puis séché lentement, toute la journée, sous un soleil froid. Gisèle, c’est un eldorado périmé. Il n’y a rien de plus à dire sur elle ; même si, c’est vrai, elle est le centre mouvant d’une multitude de mondes.

27.11.07 00:00


Bien sûr, je ne peux pas faire l'impasse sur Aurora Snow qui, comme chacun le sait, fête ses vingt-six ans aujourd'hui, soit seulement dix-neuf jours après moi.

Je nous souhaite, conjointement, un joyeux anniversaire...

26.11.07 00:00


6.11.07 00:00


Lundi, le cinquième jour du mois de novembre deux-mille-sept

It's alive

Grâce à la magie combiné de Google Reader et de la wayback-machine de Webarchive, je suis parvenu à récupérer les deux-cent et quelques notes perdues par 20six. Après avoir passé tout le week-end à les reposter une par une pour rendre sa continuité et son sens à ce blog, je m'interroge sur une possible reprise.

5.11.07 00:00


Samedi, le premier jour du mois de septembre deux-mille-sept

Now I have to go. But it's ok. I'm going to hibernate...

Suite à la perte de 8 mois d'archives (de décembre 2006 à juillet 2007) par 20six, j'ai décidé de cesser de mettre à jour cet espace dont la continuité est rompue et le sens obscurci. En attendant de savoir quelle forme prendre ma prochaine démarche bloguesque et où elle trouvera refuge, je prends le relais sur mon myspace.

1.9.07 00:00


Le mois d'aout deux-mille-sept

 

Vacance bloguesque

 

31.8.07 00:00


Samedi, le vingt-huitième jour du mois de juillet deux-mille-sept

(Le titre est : ) En simulant une quête au profit des victimes de la maladie de Hogkin, je me suis fait 4400 dollars et une pom-pom girl épileptique

En ce 28 juillet, je ne pouvais bien entendu faire autrement que de souhaiter un très bon vingt-troisième anniversaire à la Leah Luv.

Fin de la transmission
28.7.07 00:00


27.7.07 00:00


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