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Lundi, le huitième jour du mois de septembre deux-mille-huit
Chloé Au loin, ces princes que tu devines, ce sont eux le cœur de la nuit. C’est leur sillage que j’ai suivi pour venir jusqu’à toi. Tu avais cette peau comme un lent résidu de lumière. Alors, aimée, je t’ai bue. Je me suis nourri de toutes ses sécrétions ; suis devenu malléable comme une pâte pour t’envelopper ; suis devenu liquide pour être entier en toi. Il eut fallu pour te garder que je cessasse d’ignorer que le plus important, c’était ton corps d’adolescente ; l’étroitesse de tes hanches, la timidité de tes seins, l’absence de densité de ton corps. Les bêtes sans nom s’en vont en renâclant. Sur les chemins que nos pieds foulèrent, repousse l’herbe. L’aurore emplit ma bouche de son goût d’amande. Il n’y aura pas de dernière demeure, car même pour demeurer, il faut être vivant. |
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Vendredi, le vingt-septième jour du mois d'aout deux-mille-huit
Ursa Minor Je suis l’homme et l’animal. A la cime des arbres, j’entends frouer ce vent que j’aimais. Les robes couvrent le soir. Des relents de pourriture s’échappent. Bactriane, ton nom me semble un chant et quand l’air vibrant m’en apporte les notes, des tremblements secouent mon corps et ma main. C’est à l’autre extrémité de tes cuisses que s’attache ma bouche quand l’or vespéral fait ployer les brins d’herbe. Notre amour est voilé, le prisme de la douleur seul le révèle. |
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Vendredi, le cinquième jour du mois d'aout deux-mille-huit
Noces
Haute maison des ors, corollaire du feu. La vérité qui est de verre nous appelle, modulant sa plainte sous la rousseur de la lune. C’est l’heure aride, hommes et femmes liés par leur masse. L’arbre puise le feu dans le ciel. Les robes brillant dans la danse. Des cous coupés jaillissent des geysers de sang. Mais l’abri endort l’arbre. Mondes issus de la somme des hommes, ouvrez vos entrailles qui sont rouges comme de la chair, douces comme de la chair, chaudes comme de la chair. Et que l’arbre nous soit présenté et le feu du ciel, qu’il cautérise nos plaies. Nous lesterons nos corps en emplissant nos poches de l’or du palais. L’habit mouillé, le fleuve profond, le jour trop court… le jour à nouveau. |
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Vendredi, le vingt-septième jour du mois de juin deux-mille-huit
De la Soif Nos cheminements sont révolus. Face à ces visages anciens, nos bouches ont abdiqué. La lueur nous couvre. Ces pans du réel que la raison dérobe à notre regard, ils nous contiennent tout entier. Comme j'avais ressenti ce besoin d'être abreuvé de lendemains, mes ombres furent bues par toute l'absence. |
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Lundi, le vingt-sixième jour du mois de novembre deux-mille-sept
Vintage Forceur d’entraves, délassé de ton cou, ce membre-là. Ta torpeur de fille caniculaire et ô le miel de ton été vespéral. Maintenant plus vénérable. Oligarques de mes sens déviés. Fruits rouges acides. Amenés d’ailleurs, d’enfance. Le glissement de tes cuisses et la sueur. Te baigne de sauvage dissidence. Une odeur de figues. L’essor de mon vaisseau pâle et asphyxié. Trombes d’eau luisante. J’ai pris le pli de l’habitude. Je survis posément. Je suis amoureux de la trace. Les hommes massacrent les dragons de leur siècle. Partir, rien, souvenir. Je me retourne sur le passage de la rue. Ai cessé de marcher : mes veines sont trop grosses de chaleur. Fille de canicule et indolence méridionale. On cause de rien, d’excréments dans le voisinage. Constellée d’absence, toi la fille de Split, rappelle moi ton prénom s’il te plait. Dis oui s’il te plait. Allez, va, j’attache mes soleils rythmiques à ton cou de petite fille. |
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Jeudi, le vingt-sixième jour du mois de juillet deux-mille-sept
περιτιλλω (arraché autour brin à brin) Et comme nous mêlions les mots de nos langues Notre rêve se cabra, renâclante songerie de cet âge neuf, image d’un chemin Je vois loin en ton sillage, tes yeux de myrrhe, ton souffle abrasé Lentement je tisse ma foi Grande danse du baiser, extase tendue de l’éveil, présence sûre Prends l’or de mon désir tandis que je me couvre des eaux du tien Définis-moi… je ne suis qu’une vague lueur |
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Dimanche, le vingt-deuxième jour du mois de juillet deux-mille-sept
Encorbellement Au sein de déliquescentes brisures, tu me trouvas Lisses lagunes de la perdition, j’émergeais de l’inversement du ciel à ton nom Je me tiens contre le fruit de ce jour en une clairière ceinte d’ormes assoiffés Sous la terre, dans le pays chtonien, d’anciens âges se livrent Regarde comme ton silence me corrode et cette mort de ta bouche fait le lit de la porosité de mes os Cette mort de ta bouche irrigue de sang mes yeux, de chassie mes poumons Cette mort de ta bouche entend la régulière pulsation de mon sang contre le fruit de ce jour Les ormes puiseront mon sang dans les âges anciens du monde souterrain |
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Lundi, le seizième jour du mois de juillet deux-mille-sept
Ontophanie On ne naît pas poète. On ne le devient pas non plus. Il y a un désir qui est comme une île et il faut nager jusqu’à lui. Nous parlons d’un journal de bord mort avant d’avoir vécu. Sa réalité ? Elle est plus que discutable. Ceux qui l’ont rêvé culte le voient aujourd’hui prisonnier de sa factice exubérance. Comme tout ce qui n’a jamais existé, c’est à une dérive sans fin qu’il est condamné. Il n’y a pas d’espoir d’échouage. Ce navire ne mouillera nulle part. Il restera perpétuellement aussi loin de la vérité qu’on peut l’être. |
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Dimanche, le quinzième jour du mois de juillet deux-mille-sept
ερύθρός Tes lèvres au dessin souple sont comme diverses nuits en songe Tirée du puit, l’eau est amène qui nous recouvre et mes mains trouvent le chemin de ton bassin Etrange lueur du crépuscule, chants noyés dans la touffeur du couchant, prémisses silencieuses d’une nuit hantée Ce qui charrie l’ombre fuyante de mon corps s’éteint, je reste étendu, plein de toi L’imminence de ta parole me ramène au siècle, assujetti et fou |
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Mercredi, le onzième jour du mois de juillet deux-mille-sept
Αναπλάσσω [façonner à nouveau] Imminence de l’aurore, ensemble indistinct de corps lumineux Je perçois le scintillement des lignes de fuite Ta peau reflètera le jour, en mes années sauvages tu vins, pris diverses formes, me perdis dans cette danse Prégnance du lien, belle heure liminaire, musique sûre de ton corps J’écoute la lenteur de ton battement Tout ce qui a été révélé le fut de l’autre côté de ton bras |
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Jeudi, le cinquième jour du mois de juillet deux-mille-sept
510. Zischelwind En nos mains les descendances illuminées Repos offert et les noires vagues qui refluent incessamment nous lavant L’heure de ta voix s’étiole au long du vent, se brise au front de mugissantes lames Ciel de cendre, lourds et beaux matins fugaces, levant assassiné Un pan de ton vêtement abritait mon visage, les pluies nous virent orphelins du jour Ceinte de mes bras et légère, le vent n’avait su te ravir à moi Et l’odeur de mon cou avait la couleur de tes bras |
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Dimanche, le premier jour du mois de juillet deux-mille-sept
Parousie Les présents du ciel se soulèvent comme feuilles dans le vent Ton absence résonne avec une force constante J’ai partout sur mon torse les scories de nos étreintes. Marqué et fébrile toujours, je vois les images immobiles de toi : ton corps blanc et or, tes mains dans le contre-jour Temps long comme il est lent, veines éparses au sein des jours comptés, veines charriant ton nom dans mon sang Je préfère taire les résurgences de la douleur, garde ma force pour dire les lumières à venir la présence |
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Dimanche, le vingt-quatrième jour du mois de juin deux-mille-sept
Χρυσοποιός l'homme qui travaille l'or Perclus de langueurs et ruisselant d'eaux diluviennes J'adviens, ancien et lent Tu te donnes sans mesure Or paisible du temps reçu, recueillement, fougue conciliatrice C'est en mes mains que se joignent tous tes ors. Métaux du corps et ceux du Levant immatériel. Et mes mains brassent leur chaleur, étincellent leur brillance Arriva l'heure terne du départ : ligne de fuites, heurts muets... Arrivera l'heure aurifère du retour (douce affluence de ton don en mes mains) |
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Mercredi, le vingtième jour du mois de juin deux-mille-sept
De guerre lasse Sans guide sur le chemin du retour Hormis l'antienne usée, roulis de l'éloignement, aucun bruit pour venir bercer mon exil Pays blanc du retour, misère pesante en attendant de successifs interminables levers de soleil. Au sein des eaux sombres du ruissèlement, ai cherché un nouveau souffle. Membres lourds dans l'eau limoneuse, ai sombré; et dans mes poumons les poussières dansantes charriées par le ruissèlement. Ta voix me parvient tout de même - îlienne et sûre |
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Mercredi, le treisième jour du mois de juin deux-mille-sept
Ode synoptique au personnage Gaston Flosse
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Samedi, le neuvième jour du mois de juin deux-mille-sept
Chryséléphantine Exhumé des transes propitiatoires, vainement ressucité, insoucieux des visages noirs, je suis la douloureuse dégénérescence du Verbe Suinte la musique des taiseux, sons perdus dans la touffeur du juin... Eclot l'immensité du vent qui balaie les têtes ahanantes d'engoulevents décapités... Résonne l'absence coupable des pères perdus aux cuisses de ces vieilles enfants que nul ne nomme Persistance de la vanité, immanence des puretés révélées, marcescence des clématites qui vinrent recouvrir nos tombes |
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Jeudi, le septième jour du mois de juin deux-mille-sept
Le candidat des mers Strates décousues du temps, réponse bégayée à l'appel d'une charnelle pudeur Tu me retiens dans ton ombre, vaste et souple Vastitude du chant aussi, neuves querelles, avortements liberticides L'afflux de tes eaux tour à tour m'enivre et me noie Ton corps blanc, l'intrication de nos veines, l'intrication de nos rouages, et l'avidité de nos manèges... |
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Lundi, le quatrième jour du mois de juin deux-mille-sept
Bonace Je n'avais pas assez d'yeux, blonde amante des jours alcyoniens Corrodé de merveilles par toutes tes eaux, initié à la lactescence de ta peau, je me vis dissous en toi puis né à nouveau Longues litanies du plaisir, blanches aurores du lendemain retrouvé, entrelacs et désir |
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Dimanche, le troisième jour du mois de juin deux-mille-sept
Le poids d'âges indécis fit ployer mes paupières Défait du pouvoir d'enfreindre ta liberté, je contemple l'heure immense du couronnement Figures libres, prosodie du renouveau En ton sillage, je reconnais la grâce, témoigne du miracle de la foi Je dérive sans rigueur, blanchi par l'écume de ton mouvement |
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Samedi, le deuxième jour du mois de juin deux-mille-sept
Sonnepte Fardeau d’une étoile brassant du lien. Pendant Des constellations déprimées entre les stèles De neuves brisures. Courriers moins longs mais plus lents, Plus amers, moins malhabile. Et le vent martèle. Me dis-je, origine frappée du jour : « Vérole, Et vers ta moue boudeuse, tes charmes enveloppés Fillette de Neustrie, un autre monopole. » Entraille et sentiments dans la danse, éclopés. C'est tout ça, cette mer qui vit mais qui suffoque ; Des pierres dans le ventre, du gravier dans la bouche. C'est sur un autre soi que son chemin débouche. Diaphane de verres, l’ivreté que j'évoque Rouge à ne plus y croire, n’est pas une voyelle. C’est l’autre intrication d’autres damnés des ciels. |
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